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lundi, 23 juillet 2012

Ceci est un Hold-Up

 

unishared, MakeSense,


L'image n'a rien à voir avec le titre ? Voyons.

Mardi 17 juillet 2012, à l'ESC, à 18h30 un Hold Up a eu lieu à  Toulouse . Il s'agissait d'apporter, selon la technique Make Sense, des éléments au projet Unishared

Unishared est une plateforme de prises de notes de cours d'université. Les étudiants actifs prennent des notes sur les outils de la plateforme =  enrichissent le cours par des références, donnent des pistes de réflexion etc... Le prof est généralement d'accord et/ou consentant.

Développer la plateforme ? Oui mais surtout la faire connaître et passer à l'objectif suivant :

- 25 nouvelles "classes",

- 1 000 nouveaux utilisateurs ;

- 10 000 nouveaux relais d'information.

Les gangsters  Romain et Youssef  vont organiser le Hold-Up (comme dans ce cas d'école réalisé avec et pour SFR)

Y participent : des étudiants de l'ESC Toulouse et des membres de l'Esplanade 

Ces 14 personnes ont 3 heures pour répondre au défi.

Le moyen choisi :

- proposer à 5 étudiants déjà utilisateurs d'Unishared de passer une semaine dans l'université de leur choix pour faire connaître et fonstionner la plateforme,

- et donc monter un système de récolte de dons pour ces voyages, via KissKissBankBank 

Le délai : proposer dans les 10 jours un plan à Unishared

Phase 1 : le travail de brainstorming peut commencer.

C'est "IDEAL" :

Idées

Développer

Expression libre

Atteindre 100 idées

Libérer les idées

Il est organisé en courtes sessions de questions/réponses, à base de Post-it déposés sur la table.


Phase 2 : trier, retenir, proposer

Quatre groupes vont plancher :

- sur le mode de choix des 5 étudiants (candidatures, jury, critères, ...),

- sur le buzz à organiser ;

- sur les "cadeaux" pour les donateurs ;

- sur les outils d'information et de communication à mettre en place.

Phase 3 : présenter les propositions

Chaque groupe dispose de deux minutes pour faire état de ses propositions. Qui sont aussitôt commentées par les autres (Anges/Démons). Les copies sont revues en fonction des commentaires : précisions, améliorations, refus de certaines mesures.

On garde présents à l'esprit que toute proposition doit être opérationnelle dans un délai très court : une semaine !

Résultats : des mélanges !

Le mélange des publics participants reste très surprenant ! On est dans une veine plutôt économie sociale et solidaire en présence d 'étudiants d'école de commerce : choc de cultures, certainement mais aussi de culture tout court, tant nos fondamentaux peuvent être très divergents. Pourtant, tous attelés au travail sur le projet, nous avons donc dû composer, nous comprendre, et formuler des propositions collectives.

Mais notre entente porte clairement d'abord sur une compréhension commune :  force des réseaux sociaux (peut-être surestimés ?), démarche "dons/contre-dons" naturellement adoptée par tous, puis passage au business pour les uns, au transfert pour les autres.

Le modèle Unishared pose d'autres questions relatives aux contenus, à la diffusion dans un cercle restreint ou large : la question du jour n'était pas d'estimer la pertinence du projet (mais pourquoi pas dans un autre Hold Up ?).

Transferts : la méthode Make Sense pourrait faire partie des outils de management de n'importe quelle institution (famille des opérations Design, Museomix,  etc...)

Dans une bibliothèque ? On peut imaginer faire fonctionner Unishared lors d'une conférence ou mieux, lors d'un cycle de conférences (Unishared est en accès gratuit). On l'ajoute au streaming et au LT des notes, des références, des avis de contributeurs pas forcément bibliothécaires.Encore une fois, la bibliothèque vient au contact des réseaux sociaux.

Et on s'entraîne à être de bons "coachs" qui eux-mêmes , peut-être, un jour, deviendront ... de super gangsters.



vendredi, 20 juillet 2012

Comment tu hackes ta bibliothèque (Toulouse) ?

toulouse, fablab, libre, artilect, tetalab, toulibre imprimante 3 D

Au sortir de la longue Quinzaine consacrée au Libre par la Bibliothèque de Toulouse, et au vu des réactions très encourageantes exprimées depuis quelques jours, il est intéressant de revenir sur cette opération annonciatrice de beaux développements.

Hacke ton animation : vraiment ?

Un programme "augmenté" : merci les réseaux !

Le programme élaboré par les bibliothécaires s'est construit de manière intéressante. A partir d'une demande formulée par l'équipe Musique (2 ateliers sur MAO et PAO et une conférence), on a vu arriver 11 ateliers au final, 3 conférences et 2 espaces de démonstration, ce qui a mis en mouvement pas moins de 12 collègues autour de cette idée centrale : montrer toutes les facettes possibles du Libre. Les thématiques des conférences, le choix des lieux (3 médiathèques concernées) le "pot" commun de réflexions ont constitué, de mon point de vue, une des expériences professionnelles les plus achevées.

Les compétences et savoir-faire ont donc été sollicités en interne, mais en même temps, la bonne connaissance des  réseaux toulousains a été déterminante : de ce côté, c'est une réussite, d'autant que tous se disent partants pour une autre session.

Une séquence Animation introduite au chausse-pied : merci SAC et Com'

On aurait tort de sous-estimer la capacité d'élasticité d'une programmation pourtant basée sur une période de deux à quatre mois. En minimisant les demandes d'installation et en utilisant les lieux disponibles, chaque pilote a pu mettre en place facilement ses ateliers. Le Service d'Action culturelle (SAC) s'est prêté de bonne grâce aux entorses de l'agenda.

En matière de com', avec un document paraissant tous les deux mois, l'affaire était plus rude. Le Tumblr a sauvé la mise, en faisant le "buzz", en ralliant les réseaux  et en donnant une image plus "délurée" de la bibliothèque. Finalement, derrière le  bilan (officiel  ici), on aura vu des réactions assez ouvertes sur le fait qu'une bibliothèque, en France (la première selon OWNI ? la seule ?) peut développer une stratégie ouverte sans mettre en péril ses missions. Bien au contraire, ce renouvellement d'image correspond à une tendance : relier des univers aujourd'hui bien distincts, faire place aux concepts nouveaux, être les médiateurs attentifs de ces changements. Finalement, derrière l'idée du Troisième lieu, il y a bien ce partage physique des espaces publics, cet accueil généreux, cette rencontre avec les usagers souvent curieux et toujours intéressés.

Et d'ailleurs ...

Crée dans ta bibliothèque : ah bon ?

Tous les ateliers et sessions ont parlé d'une même voix (et d'une même voie) : "apprenez à maîtriser vos outils, créez, diffusez !"

Mettre le Libre au centre, c'est réintroduire la capacité de créer sans d'autres contraintes que celle d'en avoir envie, de le pouvoir (= maîtriser les outils)  ... et d'être certain que ses créations deviennent des biens partagés. Cette idée sous-jacente s'est révélée comme un moteur commun, dans un espace-temps où les apprenants d'Ubuntu n'avaient pas à rougir devant les exploits de la MultiMaker.

FabLab et Bibliothèque ou bien Bibliothèque et FabLab ? La poule & l'oeuf

En fait, le vrai Fablab est dans les têtes :

- réussir à monter en 8 jours une petit programme est déjà une belle réalisation qui montre le potentiel du "Fab",

- accueillir tout le monde sans se cogner aux obstacles habituels relève du "Lab".

Si on prend le temps d'analyser nos fonctionnements et d'en tirer quelques conclusions, on va "coller" beaucoup plus fort au temps numérique (mais sans ignorer l'organisation). Intégrer déjà cette distorsion et tenter de la régler au mieux des intérêts bien compris des usagers est bien dans l'esprit FabLab.

En résumé, si la bibliothèque n'a pas forcément vocation à devenir FabLab (on peut en discuter), elle doit à coup sûr s'inspirer des méthodes pratiquées dans ces nouveaux lieux de création et de diffusion, puis se rapprocher encore et toujours des réseaux innovants et, enfin, faire place à la monstration dans ses lieux. Car ils sont accès au savoir, à l'information. Et à la création.




09:49 Publié dans BIB, demain, les bibliothèques, Hybridation | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : fablab, toulibre, artilect, toulouse, libre | |  Facebook | | |

mercredi, 11 juillet 2012

Bonjour Madame, c'est combien le livre numérique ?

Faut-il oser aborder la question du montant de la rémunération des droits sur les livres numériques en usage collectif ?

A l'approche du rendu de l'étude commandée par le SLL et confiée à l'Idate, et à la veille d'une réunion de travail organisée à l'initiative du dit SLL, on peut tenter d'apporter sa pierre.

Les héritages : qu'en faire ?

- Le montage Loi Lang/Loi Droit de prêt (à quand même 22 ans d'intervalle !) assure une situation, insolite certes, mais stable dans les relations entre bibliothèques et auteurs. Le mécanisme géré par la Sofia permet un juste retour des droits vers ces derniers, via les libraires. Le prix du livre n'en a pas été changé (retenons cette remarque au passage), l'effort a été conjoint : bibliothèques et Pouvoirs publics. Et rappelons-le à nouveau, en aucune façon la loi sur le droit de prêt ne contraint la bibliothèque à prêter ses ouvrages dans telles ou telles conditions.

Cette idée d'inclure la rémunération dûe au titre de l'usage collectif dans le prix du livre numérique aura sans doute été prise en compte dans l'étude Idate. Car elle présenterait de nombreux avantages.

A l'objection de la complexité du numérique via ses différents modes de lecture ou de captation, on pourra répondre que justement, les outils d'aujourd'hui permettent de connaître parfaitement ce qui se passe dans la plateforme d'accès. C'est d'ailleurs, pour certains prestataires, ce type d'outils qui permet une répartition des rémunérations entre eux et les éditeurs, sur la base d'un coût au clic de page, par exemple.

Les outils existent pour gérer toute cette chaîne. Ils peuvent faire l'objet d'un véritable protocole de confiance entre acteurs, sur la base d'un descriptif national : que la plateforme soit celle de la bibliothèque, d'un prestataire, voire d'un libraire ou encore d'une collectivité. 

- Les expériences actuelles de services aux bibliothèques ont-elles livré tous leurs arguments ? Au regard des 15 plateformes existantes (et nul doute que l'étude Idate les aura examinées avec tableau comparatif, coût d'accès, qualité de l'offre et volumétrie des ouvrages numériques), les conclusions sont assez mitigées côté bibliothèques, il faut bien le dire.

Nouvelles lectures, nouveaux modes ?

Car qui frappe aujourd'hui le plus, c'est que les bibliothèques souhaitent conserver la possibilité de la multiplicité de la lecture numérique, sans empiler les accès aux plateformes, ni répéter les droits à payer.

Ces attentes tiennent dans une petite poignée de schémas de lectures, [que l'étude Idate etc...] qui peuvent et doivent donner lieu à définitions communes. Cette grille peut alors s'appliquer indifféremment à tout titre numérique sous droits, voire à tout ensemble de titres réunis sous une thématique travaillée par un prestataire.

On objectera que l'accès par "des milliers de lecteurs" doit permettre de revoir à la hausse le coût de l'usage collectif. Merci à l'étude Idate [etc...]  d'apporter les éléments concrets sur les usages de lectures numériques en bibliothèques, grâce aux chiffres obtenus (et corrélés) auprès des prestataires et des bibliothèques.

Les critères Population/nombre d'inscrits sont-ils vraiment pertinents pour déterminer un prix de l'usage collectif ? Oui, peut-être, si l'on considère  l'angle "ressources numériques" partagées par tous. Mais dans des conditions financières telles que paradoxalement, l'accès "illimité" comme on dit, a tendance à tirer vers le bas les montants de contrats. Non, si l'on extrapole ainsi en pensant que TOUS les habitants et TOUS les abonnés d'une bibliothèque vont augmenter leurs capacités de lecture. D'autres paramètres existent, prenons-les en compte

Y a-t'il une autre voie autour du paiement à l'acte ? Les études comparatives (étude Idate etc...) donnent-elles des indications intéressantes ?

Mais qu'attendre de l'étude Idate ? 

Outre les objectifs décrits dans l'appel d'offres initial, la qualité de statut public de l'étude permet d'en attendre plusieurs observations, à partager et à discuter entre acteurs du livre numérique.

- état des lieux des plateformes  :  qualité et quantité de l'offre, table des tarifs et barêmes, nombre de bibliothèques adhérentes, montant des droits reversés aux auteurs, part cédée aux éditeurs, libraires, e-distributeurs, ...

- approche prospective du développement du livre numérique, avec estimation des dépenses des bibliothèques dans les dix ans à venir ;

- estimation du coût d'un dispositif national public, qui permettra à chaque bibliothèque de disposer de l'outil d'accueil des livres numériques,  des compteurs, des autorisations de remontées de flux de onnées et de métadonnées depuis les hubs, voire d'un système commun d'identification, voire d'une ouverture (souhaitée) de la plateforme vers d'autres supports multimédia.

 

Le dossier est loin d'être clos. Mais entre capacité contributive des bibliothèques (réalisme) et attentes de lecteurs (encore un peu de prospective), il faudra bien trouver un chemin qui à la fois prenne en compte le droit à rémunération de la création et  le travail des acteurs du livre numérique d'une part, et les missions de la bibliothèque publique d'autre part, laquelle valorise et documente, en offrant l'accès le plus large possible (mais toujours dans un cadre contractuel) à ses collections.

 

pour info, ce billet est précédé de :

- Le livre numérique en bibliothèque: une petite fable ?

- Les livres numériques dans ta Bib : Où ? Comment ?

- Livre numérique en bibliothèque : idées reçues ...

 

08:25 Publié dans BIB, livre(s) numérique(s) | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ebook, bibliothécaires, bibliotheque hybride | |  Facebook | | |

Le livre numérique en bibliothèque: une petite fable ?

Paru dans le BBF  

bbf 2012 - t. 57, n° 3

dossier : Controverses

"Rachel a 20 ans. Elle ne se sépare jamais de son smartphone, fil essentiel de son existence sociale. Elle téléphone un peu, textoïse beaucoup, maile rarement et lit à l’occasion. Si les textes sont longs, l’ordinateur est sollicité (un netbook le plus souvent). Mais elle n’est jamais dépendante d’un stockage des contenus : elle consulte en ligne et uniquement en ligne, quel que soit le « lieu » de stockage.

La plateforme Bilinum [appelons-la comme cela], elle aime assez. Comme elle s’est identifiée une fois pour toutes, sa bibliothèque perso se charge au gré de ses envies… et des propositions. Non, elle n’achète pas de livres numériques : trop cher. Mais elle ne dit pas non si « on » lui propose ou suggère une lecture.

Avec son compte de base, elle peut voir les livres numériques libres de droits : domaine public, patrimoine des textes numérisés, livres et textes sous licences ouvertes. Déjà de quoi faire !

Elle est abonnée à une bibliothèque : en s’identifiant cette fois-ci avec son compte d’abonnée, elle a accès aux livres numériques qui ont fait l’objet d’un accord entre les éditeurs et sa bibliothèque. Elle ne sait pas bien comment on négocie ça, mais ça marche, puisqu’elle peut « emprunter » 3 livres par mois – 36 par an.

Mais Rachel a ses propres livres (numériques). Elle peut les apporter à Bilinum si elle en a le droit (elle se renseigne) pour les mettre en ligne ou plus simplement en parler sur ses réseaux. Elle a juste donné son accord pour faire ce partage. En fait, elle n’est pas assez fan de lecture pour en parler sans arrêt : « Pas comme Roxane, qui lit comme on dévore et en parle tout le temps et qui, elle, a branché son réseau social de lecture sur Bilinum : ses amis – lecteurs – en veulent toujours plus… »

« Sinon, c’est le blog Biliblog et sa page FB qui racontent, un peu décalé, ce qui arrive sur Bilinum : pas toujours folichon, pointu comme on dit. Ou alors ça va bien avec les exposés, l’actualité. Quand on en est – de Bilinum –, on est reconnu. “Tu es sur Bilinum ?” “Oui, ma prof m’a dit que… mais finalement pas mal.” “C’est gratuit, ça va partout : tu piques une tablette et tu te connectes, c’est bon. Après tu peux continuer sur un ordi, au lycée ou chez toi avec tes marques (j’ai mis des signets et des tags).”

Et, régulièrement, des promos : “Lisez en exclu.” Des fois c’est drôle, d’autres fois très inquiétant. Bon, on n’en fait pas des kilos, juste montrer qu’on n’est pas des ignares, qu’on sait que les livres c’est écrit par des gens qui ont vécu les histoires. Ou imaginé peut-être.

Vivement que Bilinum nous donne des vidéos pareil : des trucs rares ou précieux et même des musiques qu’on ne trouve plus.

Quand tu sais te débrouiller avec Bilinum, tu vas partout : tu peux parler avec l’auteur ou bien l’éditeur, il y a des rencontres dans des endroits assez sympa : tu vois tout le monde les yeux sur son écran pour lire le texte. Et puis tu profites de nouveaux documents : des vidéos sur l’auteur, des interviews ou des critiques et souvent des idées pour lire d’autres livres sur le sujet.

Bon, allez voir Charles : il a tout son temps maintenant et accro comme il dit à l’ordi, il a dû squatter chez vous, à Bilinum, non ? Note qu’il est plutôt bien, il nous laisse la paix, la pax comme il dit (il doit lire plein de trucs en latin, c’est pas possible). Et aussi notre prof Élisa : elle nous a monté un atelier autour de l’affaire Calas de Voltaire: le texte est de 1762, et ça se passe à Toulouse : en gros tu mets tes notes en ligne et ça fait un classique annoté… par nous ; tout le monde peut le voir. »

« Si je vais être écrivain plus tard ? Heu non merci mais je sais comment ça marche ; quoique être publié sur Bilinum, c’est possible et ça vraiment, c’est très classe… »

« C’est quoi un livre numérique ? Je ne sais pas, il y a d’autres livres mais pas toujours facile de les emporter partout. Ils disent qu’on est des nomades de la lecture. Peut-être, en tout cas leurs auteurs hé bien comme ça ils voyagent, ils s’en vont des bibliothèques et des librairies, et ils sont avec nous. »

vendredi, 06 juillet 2012

Les livres numériques dans ta Bib : Où ? Comment ?

Les propositions actuelles d'accès aux livres numériques (homothétiques sous droits) pour bibliothèques passent par des relais : plateformes, webservices.

Ces propositions facilitent - peut-être - la vie des bibliothécaires. Mais elles encapsulent de fait les droits et les accès.

En écoutant l'idée de Franck Queyraud et en regardant les initiatives prises déjà par quelques bibliothèques pionnières à leur façon , ne faut-il pas se poser la question non seulement du garage des livres numériques, mais de l'atelier de préparation, mais aussi de la fabrique ? Mais aussi du service ?

On peut appeler cela Plateforme, webservice, Portail.

Faut-il le rappeler ? Oui. Le dépôt de livres numériques ne constitue pas une bibliothèque.

L'idée de départ est la suivante:

- atteindre l'ensemble des livres numériques que souhaite présenter la Bibliothèque (quels que soient ses critères de choix : collections,  suggestions des lecteurs, actualité), quels que soient leurs statuts  (sous droits, libres, du domaine public, création, etc ...)

- puis mettre à disposition les livres numériques.

La présentation des documents est forcément liée à un travail de référencement et de médiation. Aucune bibliothèque ne peut s'exonérer d'un choix, d'un sens de classement et d'une action de présentation. Pourquoi en serait-il autrement avec le numérique ?

Au passage, disons que pour atteindre des livres numériques, point n'est besoin - forcément - de les emmagasiner physiquement sur son serveur : les "hub" permettent tout-à-fait de rendre accessible tout livre numérique sous droits dont l'accès a été décidé et contractualisé, et tout ensemble de données nécessaire à la description et au téléchargement (ou à la lecture en streaming)

En "remontant" les flux et les métadonnées là où "ça va bien se mettre", on commence à approcher  pour de vrai le travail du bibliothécaire.

Mais cette idée simple est-elle réalisable ? Sans doute, puisque les éditeurs la pratiquent avec quelques plateformes bien connues mondialement. Comment ? En signant des contrats.

Où serait l'empêchement ? Sans doute dans deux arguments :

- la multiplicité des contrats à signer avec 2 000 ou 3 000 bibliothèques publiques (ou plus exactement leurs collectivités), et on peut comprendre combien ce travail serait difficile à réaliser, sauf à passer par un Hub qui détiendrait déjà l'autorisation de tous les éditeurs concernés, en lien avec une association  nationale dont la mission est d'accompagner les bibliothèques vers les ressources numériques (simple suggestion),

- la nature et le montant de la rémunération liée aux droits.

Ces deux arguments ne sont pas dans le même plan. Ils procèdent de deux étapes distinctes :

1. La Bibliothèque met en place un Web-service/Plateforme/Portail qui permet de "voir" tous les livres numériques : métadonnées, et premières pages (extrait), description, modes de lecture. Cette étape est réalisable techniquement.

2. En fonction du ou des contrats signés (dont il faut bien rappeler qu'ils relèvent de marchés publics), la bibliothèque rend accessible la lecture du livre numérique par ses abonnés. Les modalités sont définies par le marché : stockage sur place et/ou à distance, téléchargement possible, streaming et/ou lecture en cache, déchargement sur des liseuses, etc ...

En revenant sur les projets de formes de licences globales ou légales, ne faut-il pas dire alors que le principe même de la licence est d'abord de permettre effectivement l'étape 1 (et ceci pourrait répondre collectivement à la difficulté des multiples contrats) ? Incluant donc la possibilité de passer à l'étape 2, par l'intermédiaire - c'est ma position - du libraire (les contrats de mandat sont alors négociés avec cette option).

Sans entrer ici dans les mécanismes de calcul de cession de droits, l'installation de services rendant visibles les livres numériques constitue à coup sûr une première étape. Elle agrège bien  tous les livres numériques, quels que soient leurs statuts, à partir du moment où leurs métadonnées sont compatibles. Elle procède d'une intention de la bibliothèque à faire connaître et découvrir la lecture numérique à tous ses usagers.

Est-ce la fin des prestataires qui aujourd'hui assurent ce type de services sur des ensembles thématiques de collections ou des pans restreints de livres numériques ? Non pas, ils peuvent tout-à-fait proposer leurs services pour mettre en place la plateforme pour la bibliothèque (c'est une prestation à part entière), voire gérer à sa demande l'ensemble du service.

Et pour les éditeurs numériques ou services thématqiues, leurs liens  vont rejoindre ceux que la bibliothèque aura mis en place par ailleurs dans sa bibliothèque numérique (mais on peut en reparler)

Voici donc le garage, son atelier de préparation et plus tard sa fabrique (des bibliothèques y sont déjà) de livres numériques. Mais quel service ?

La valorisation des livres numériques reste une des tâches essentielles des bibliothécaires. Actionner la médiation numérique (du numérique, par le numérique, pour le numérique) va amener à "produire" comme on dit, et enrichir très notablement la bibliothèque numérique. La plateforme doit le permettre et l'intégrer, sans d'ailleurs que les contenus quittent leur statut public (application de licences libres sur les contenus). Les éditeurs & les libraires qui sont dans cette démarche autorisent alors leurs flux à venir compléter ce travail.

De même, les autres interpellations numériques (notamment les réseaux sociaux de lecture) doivent pouvoir s'adjoindre à cette démarche, qu'ils soient ceux suscités par la bibliothèque ou celui choisi par le lecteur.

Aucune proposition aujourd'hui ne permet vraiment de réaliser ce shéma. Mais cette hypothèse ne serait-elle pas examinée lors des prochaines réunions de concertation sur la commercialisation des livres numériques en bibliothèque ?

En résumé, réfléchir au dossier du livre numérique en bibliothèque suppose de mettre les boeufs avant la charrue, en partant des attentes concrètes des bibliothécaires, en lien avec les acteurs de l'écosystème numérique. Là où la recherche du retour de la rémunération des droits a toujours supplanté tout autre aspect de la démarche, il est sans doute grand temps de refaire le chemin à l'envers, d'écouter et d'analyser les expérimentations, d'en tirer les conclusions et de rouvrir le chantier sur des bases pas si nouvelles que cela .

On y verrait tous plus clair et alors on pourrait ensuite parler - pièces en main - des coûts de cession des livres numériques.