mercredi, 30 janvier 2013

Comment repérer des livres numériques libres ?

 

 

 On dit que le livre numérique est un sujet complexe à traiter en bibliothèque. Vrai.

Mais rien n'empêche de commencer .. par un bout. Et de tirer la ficelle.

D'où cette idée de réaliser des tutoriels simples, facilement exploitables aussi bien en interne que devant des usagers.

 

La série n'a pas de nom : elle devrait aborder successivement :

- qu'est-ce qu'un livre numérique (et ses droits?)

- comment lire un livre numérique ?

Bonne lecture et merci de vos commentaires.

mercredi, 23 janvier 2013

Partenariats BnF : pour un plat de lentilles ?

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Esaü abandonne son droit d'aînesse  à Jacob pour un plat de lentilles

Le Louvre

 

Numérisation du domaine public : l'affaire des contrats passés entre la BnF et trois opérateurs a fait grand bruit dans le Landernau des bibliothèques et c'est légitime.
Une fois passées les premières émotions dues au grandissime bouleversement que chacun juge à l'aune de ses activités, qu'en retenir ?

Ce qui me paraît le plus frappant, c'est la négation absolue de ce que j'appelle la culture numérique. Je la définirais ainsi :

- une attention portée aux usagers : que veulent-ils ? Comment pourraient-ils collaborer ? Comment recueillir leur avis AVANT (et non après ou ...jamais) ?

- une réelle volonté de partage, dont les conditions doivent se situer au plus près des préoccupations essentielles : pertinence des données numérisées, dissémination aisée (formats, coûts d'accès, gratuité du bien), échange collaboratif...

- une avancée de l'intelligence collective : partager pour créer et produire, créer pour partager ;

- un débat sur la mise à disposition des biens culturels, parce que la méthode porte la manière dont les contenus vont finalement revenir aux propriétaires (les usagers/citoyens que nous sommes).

Du coup cette captation paraît insupportable, au regard de ce que les autres bibliothèques publiques - notamment - réalisent aujourd'hui. Insupportable mais surtout à contre-courant de tous les projets menés dans les réseaux.

Comme si la France de la connaissance était coupée en deux : d'un côté les chemins [f]rigides des pouvoirs en place, engoncés dans les process d'avant, de l'autre les tenants d'un service public basé sur la réappropriation par les usagers eux-mêmes. La vérité est un peu différente.

Parlons argent, nerf de la guerre numérique.

La numérisation coûte cher, son exploitation encore plus : qui le fera dans un cadre aussi contraignant ? Qui risquera le travail de médiation quand il est appuyé (pour une longue durée) sur une exclusivité telle qu'on peut parler du retour des clercs dans l'accès au savoir.

Nombre de projets issus des mouvements de culture numérique sont nés et financés avec peu, sans rien ôter à leurs qualités, aux développements industriels qui les prolongent. En passant, ils ont créé du neuf : dans le partage, dans la méthode, bref, ils ont participé au renouvellement.

Contraindre la matière numérique publique à un compromis qui fait entrer l'exclusivité est vécu comme moralement dégradant.

Quelle que soit l'issue des futures rencontres sur le sujet (car il y en aura), demeurera le doute, celui qu'une bibliothèque nationale fait peser sur le domaine public : il est aliénable.

De l'autre côté, la minceur du dossier - au regard de la masse de documents en attente de numérisation - fait prendre un bien grand risque. Peut-être pour un plat de lentilles ?

A suivre ...



mercredi, 07 novembre 2012

Le 334 à l'épreuve des députés (livre numérique - librairies)

* Mais qu'est-ce que le 334 ?

Le programme 334 Livre et industries culturelles a été créé par la loi de Finances 2011. Il comprend deux volets :

- "Livre et lecture a pour objectif de favoriser le développement de la création littéraire, d’encourager la pratique de la lecture et de soutenir la chaîne du livre qui est composée d’intervenants aussi divers que les auteurs, les éditeurs, les libraires ou les bibliothèques."

- "Industries culturelles finance les politiques transversales en faveur du développement des industries culturelles dont le cinéma, le jeu vidéo ou la musique enregistrée et lutte contre le piratage des œuvres culturelles en ligne, par l’intermédiaire d’une autorité publique indépendante".

Que s'est-il passé le 10 octobre 2012  à l'Assemblée nationale ?

 La commission des Affaires culturelles et de l'éducation (ouf)  a examiné le projet de budget 2013. A cette occasion les rapporteurs ont présenté leurs travaux.

On va s'intéresser plus précisément au premier volet : Livre et lecture

* Eléments de langage : "chaîne du Livre", "soutien" , "transition numérique". On s'accroche

Il est frappant de constater que le discours n'a en rien changé depuis de nombreuses années. On sait combien, par exemple, la notion de "chaîne du livre" est inadaptée dans l'univers numérique. Voyons  les nouveaux acteurs faisant partie du processus créatif et décisionnel : les éditeurs numériques "pure player" n'ont pas de statut face au CNL par exemple et donc ne bénéficient d'aucun dispositif d'aide.

On comprend mieux alors les atermoiements maladroits autour de la question des droits d'auteur numérique[s] : la Ministre annonce un prolongement de la mission d'étude mais quel peut être le sens de cette mission qui concerne une relation contractuelle entre l'éditeur et l'auteur, sauf à proposer une consigne rapidement dépassée par les avancées technologiques. ?

Le monde numérique est assez radicalement différent du monde physique : copier l'un sur l'autre ne peut qu'aboutir à des impasses, voire à de sérieux contresens : contournement du domaine public , restriction des droits (pour tous), et n'arrêtera pas le déclin annoncé des librairies.

Et rien sur les réseaux sociaux de lecture, sur les nouveaux e-distributeurs, sur les plateformes innovantes, sur les livres application, ni sur la fonction transmédia du livre. Rien non plus sur les nouvelles cultures numériques, pourtant au coeur des enjeux à venir.

Parle-t'on la même langue ? Il est clair qu'ici le livre physique - l'homothétique étant décrit comme la meilleure représentation physique du livre -  est pensé , encore et toujours, comme l'unique véhicule du savoir

On voit,également,  dans le volet "industries culturelles", combien l'absence des jeux vidéo aux côtés de la musique et de la vidéo est assez significative d'un certain aveuglement.

* Librairies, parlons-en : "une situation préoccupante"

La pression est alors mise sur les librairies , décrites comme "secteur clé de la chaine du livre". Les protagonistes oscillent sans cesse  manière schizophrénique, au  point de mettre les aides à la numérisation délivrées par leCNL dans le rayon Librairie.

LA question qui hante bien des esprits serait plutôt : comment et quand les librairies (et pas seulement les libraires) passeront-elles à l'intégration du numérique dans leurs espaces ? Et quelles relations veulent-elles instaurer avec les e-diffuseurs et e-distributeurs ?

Les protagonistes : Anciens et Modernes  ? A vous de choisir. Citations

Isabelle Attard, députée, secrétaire de la Commission : "Beaucoup reste également à faire sur le lien entre la culture et le numérique"

Marcel Rogemont : "Marcel Rogemont souhaitait aussi exprimer son souci pour le livre" dixit Patrick Bloche. On s'en doutait un peu.

-->  à propos de la mission Lescure /Hadopi

Vincent Feltesse : "la représentation nationale devrait anticiper les décisions en menant, en parallèle de la mission confiée à M. Pierre Lescure, sa propre réflexion"

Patrick Bloche, Président de la Commission, ( ) :"ne me tentez pas trop !"

* Les "scoop" : sortie des indisponibles, aides, commande publique

Indisponibles : " La BnF travaille sur la mise en place d’une base de données de ces œuvres et sélectionne avec les éditeurs celles qui feront l’objet d’une numérisation en 2013."

Dont acte, et en parallèle avec les accords déjà signés par les éditeurs avec d'autres acteurs majeurs de l'Internet ? 

Commande publique :  " rehausser le seuil obligatoire pour recourir à un appel d’offre de 15 000 euros à 50 000 euros, afin que 40 % des achats des bibliothèques puissent s’effectuer sans appel d’offres et bénéficient ainsi aux librairies locales."

Hum oui et pour les livres numériques : quel dispositif ?

* Mais que faut-il en penser ?

Cette lecture des débats est finalement très personnelle. Mais elle révèle des accroches incertaines sur le numérique, pourtant au centre de nombreux débats actuellement.

On sait que le nouvel écosystème aura besoin de régulation.
Soit elle lui sera  imposée par contrainte (par le marché comme ondit) et les pouvoirs publics continueront à parler de "soutien", de "chaîne"  de "situation préoccupante".

Soit on s'appuie sur lui (ce nouvel écosystème) et il y a recherche commune et mutualisée  de pistes adaptées aux usages numériques.

A suivre ...


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jeudi, 18 octobre 2012

La Grande Audience

 


Et le Missionnaire vint dans l'ascenseur...

lescure

 

"Ce fut le mercredi 17 octobre 2012, à 14h48 : au 2 rue de Vivienne, dans le dédale de la galerie, l'ascenseur portait la délégation, rejointe avant la fermeture des portes par la Mission elle-même. Déjà l'audition pointait sous le salut courtois du Missionnaire, en position idéale pour un échange de politesses numériques.

Vint ensuite le temps de Champollion, salle réservée aux auditions, dont le nom prédestinait à des découvertes importantes, voire à l'élaboration d'un langage commun à défaut d'un programme.

Et la caméra tourne

Une fois les microphones testés, des deux côtés des tables et en face à face se créait un dialogue ininterrompu pendant 90 minutes, dont la qualité ne laissait en rien sourdre l'appréhension qui hantait les esprits.

L'ordre de passage avait été pesé. Il fut respecté en tous points, autant que les précieuses minutes accordées à chaque requérant.

D'obscures clartés...

Aux exposés charpentés comme des notices, répondaient les attitudes successivement interrogatives ou dubitatives des hôtes .Parfois, s'échappait un râle inquiet, un sourcil étonné, voire une reculade au fond de la chaise.

On épela les sigles cabalistiques et champollionnesques, tel HATHI TRUST : on vit alors que l'alphabet des biens communs avait fait son usage.

Mais les mots-clés furent les plus appréciés. La frénésie des notes réglait le ballet des engouements soudains pour « licence légale », « l'union des contraires » [presque une tautologie], « la revue de presse 2.0 » ou encore « test en trois étapes ».Au barême des hashtags, on aurait donné la prime aux chiffres, couchés comme du bon pain dans les cahiers. Déridant l'atmosphère, chacun s'employait à citer les exemples navrants des excès du droit, la dictée ou la récitation en classe faisant partie du lot. L'image du grand magasin associé au fouillis des rayons des plateformes numériques produisit un effet formidable sur les esprits. De l'autre côté, on vit quelques nez se tordre aux évocations des transactions de commerce qu'il faudrait bien, un jour, aborder.

La question relative aux sentiments que nous inspirait Hadopi permit de vérifier qu'en effet elle existait encore ; on lui fit donc honneur en n'y répondant pas, comme lorsque qu'on parle d'une grande malade à mots délicats. Le Missionnaire n'en fut pas fâché, à tout le moins il ne le montra point, restant bien au-dessus des contingences qui justifiaient sa Mission.

On donne la question

On convenait, à l'issue des présentations, de poser les questions : elles étaient avisées, et parfois pleines de cette malignité qui fait la qualité des serviteurs de l'Etat. Les réponses fusèrent comme autant d'éléments apparemment spontanés, voilant sous la modestie des gens de culture une certaine rouerie dont l'acquisition remontait à l'ère DADVSI : celle-ci fut d'ailleurs convoquée et provoqua un embarras amnésique qui ne laissa pas d'interroger longtemps après.

On cherchait donc le « mokitu », dont on connaît les vertus purgatives : il dissimule plus sûrement la vérité que n'importe quel voile juridique, mais il est fort utile aux humeurs médiatiques. Il n'y en n'eût point de vraiment remarquables, la séance ne s'y prêtait pas grandement, fort occupée dans le temps imparti à démêler les EBLIDA, IFLA, CAREL et autres COUPERIN.

Mais de nombreuses et brillantissimes démonstrations eurent le bonheur de plaire, les succès revenant assurément aux avalanches des nombres dans l'enseignement et au régime des Exceptions qui fit l'objet d'un implacable réquisitoire.

La réception arrive à sa fin

Il fallut alors conclure malgré l'avalanche de questions. On promit de se revoir, d'échanger les libelles par la voie webienne. Une fois reconduits au pied de l'ascenseur, nous eûmes la désolante impression qu'il était plus facile de monter que de redescendre, et le dos rompu par les sièges fournis par le service du Mobilier, nous mîmes le cap sur l'estaminet le plus proche pour débattre des conclusions à venir. L'idée en fut qu'il convenait de coucher sur les écrans nos déclarations et de les accompagner d'un brève préface.

La séparation fut pénible, tant nos esprits demeuraient emplis par les arguments si beaux et si bien tournés qui avaient fait le bonheur de notre audition et répondu à l'entendement du Missionnaire."


 

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09:54 Publié dans NOUS, WEBIEN | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : hadopi, lescure, iabd, biblioblogosphère | |  Facebook | | |

mercredi, 03 octobre 2012

Google vs Babelio ( bibliothèques)

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image illustrant l'article d'OWNI

 

Selon OWNI, « La librairie en ligne de Google a débarqué aux côtés d'Amazon et d'Apple. Et reprend discrètement les commentaires des lecteurs d'autres sites marchands. Une pratique normale ou une anecdote qui cache un petit abus de position dominante ? »

Concerné par les "apports" de Babelio, je m'interroge sur la nature de la relation créée de fait entre mon compte Babelio et Google.

Les CGU sont-elles explicites sur ce point ?

Soit l'article 5 des CGU

  PROPRIETE INTELLECTUELLE

"L’Utilisateur concède à Babelio une licence gratuite, non exclusive et sous-licenciable quant à l'utilisation, la modification, l'affichage public, la reproduction et la distribution sur Babelio.com et sur des sites partenaires du contenu qu’il publie sur Babelio.com, notamment les critiques, citations, notes et étiquettes. Cette licence prend fin au moment où l’Utilisateur supprime son contenu de Babelio.com. Le cas échéant Babelio fera ses meilleurs efforts pour que les sites partenaires suppriment également ce contenu dans les meilleurs délais. "

"Le site Babelio.com est la propriété exclusive de Babelio. Il est protégé par des droits d’auteur, marque déposée, brevet, secret de fabrication et autres lois. Babelio détient et conserve tous les droits sur le contenu et les services de Babelio.com. Par la présente, Babelio concède à l’Utilisateur une licence limitée, révocable et non sous-licenciable afin de reproduire et d’afficher le site Babelio.com (à l’exclusion de tout code logiciel), uniquement pour son usage personnel dans le cadre de la visualisation et de l’utilisation de Babelio.com. "

On doit donc discuter, dans ce cadre, et de la notion de "sites partenaires" et des contenus.

* Premier point : les contenus

”Nous étions sur Google Books déjà, donc c’est un peu une déclinaison. En plus ce n’est pas l’intégralité des commentaires qui est intégrée.”

Dont acte, mais on sait que la visibilité n'est plus du tout la même.

* Deuxième point : la notion de sites partenaires

Rien n'est vraiment explicite dans les CGU sur cet aspect. Au point que @aldus2006 a pu, dans l'échange avec Babelio, mettre le doigt sur cette spécificité.

Dans les commentaires de l'article, précisions de Guillaume Tesseire : "Le titre laisse entendre que Google paye, ce n'est pas le cas. Et l'article laisse entendre que les critiques des lecteurs sont sur Google Play, ce n'est pas le cas non plus. Il s'agit des premiers mots des critiques, avec un renvoi vers l'intégralité sur Babelio. C'est très différent.C'est la même logique d'agrégation et de reprise des premiers mots d'une page web dans les résultats du moteur de recherche de Google."

On y voit donc plus clair dans la relation Babelio/Google.

Mais la discussion continue ici sur Scoop.it

* Mais quid des comptes de bibliothèques ?

babelio, harrison, dalva,google, toulouse, bibliothèque

Selon Bibliopedia, 15 bibliothèques ont déclaré des comptes sur Babelio . Reprenant une ancienne discussion tenue lors d’une journée d’étude organisée en 2011 par l’AddnB, on s’interroge sur la «propriété» des données produites et récoltées dans le cadre d’un service public.

Les CGU s’appliquent bien ici, même si (et surtout) si les bibliothèques bénéficient d’un statut « Pro » aux côtés des autres sources agrégées dans Babelio.

Dans le cas d’un OPAC enrichi avec la Babelthèque, on sait que Babelio est en duplication des commentaires/étiquettes/citations du dit compte. Autrement dit, jouer la carte de la dissémination ne signifie pas renoncer à la libre circulation des données créées avec des fonds publics. Encore faut-il en avoir conscience et appliquer scrupuleusement cette règle.

Avec les prolongements des réseaux sociaux et les potentielles plateformes d'accès aux livres numériques, la question va donc revenir par la fenêtre... La combinaison gagnante sera sans doute par ici :  produire, publier sur des sites publics, puis disséminer  au sein de réseaux larges.
A suivre ...

 --> Sur la Babelthèque : quelques retours (2012/Toulouse)