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mercredi, 29 octobre 2014

Le livre numérique confisqué par les clercs ?


L'annonce de la journée du CRL Midi Pyrénées consacrée au livre numérique n'est pas une bonne nouvelle
Voilà un centre de coopération régionale qui trois ans après avoir lancé un groupe de travail sur la question se fend d'une journée professionnelle sur ce thème. Mais apparemment sans lien entre l'un et l'autre.

Explications.

 

crl.jpg

Le 24 février 2011, le président du CRL Midi-Pyrénées invite une bonne douzaine de professionnels de la chaîne dit du Livre à cogiter sur le livre numérique pour, je cite, "une compréhension rapide des enjeux et une capacité d'adaptation face aux nouveaux défis ».


Dont acte.
Tout le monde met au travail, apportant ses savoirs, ses réseaux pour des auditions de qualité. Et donc dans l'été 2012 une première version d'un rapport est élaborée.

Elle n'aura pas le temps d'être présentée au groupe de travail :départ du directeur du CRL, atermoiements sur la date de présentation, bref nous voilà en 2013, bien loin du contexte de 2011.


Mais entre temps le groupe n'avait pas chômé. La Cantine reçoit le CRL  dans son BarCamp de mars 2012 pour des opérations d'information. Le salon Vivons Livres accueille un atelier Livres numériques.

Mais surtout des bibliothèques lancent Tabenbib en réponse à un appel d'offres Projets innovants du Ministère de la Culture dès juin 2011.


Fort bien direz-vous, et alors ?
Les praticiens du groupe de travail n'ont toujours pas de nouvelles du rapport en cours malgré des rappels insistants.

Deux questions : 
- En quoi les travaux du groupe gênent-ils cette journée ? Trop francs ? Trop demandeurs d'un véritable stratégie régionale que la structure CRL serait dans l'incapacité de prendre en charge  depuis trois ans ?
- La parole des professionnels de "l'étape" ne peut-elle égaler celle des institutions qui déroulent à leur rythme les réformes et les changements?


C'est que je pense : confiscation par les clercs, lesquels sont aujourd'hui les tenants d'un savoir "savant" ... et contrôlé : via les structures dites de coopération , les institutions représentant les pouvoirs publics, les universitaires par exemple.


Entre temps l'expérimentation Tabenbib a produit ses rapports, plus exactement les trois réseaux de bibliothèques ont réalisé un bilan détaillé mais le CRL, pilote officiel, non. Manque aussi de la part du pilote le bilan financier qui permettra de s'assurer que la subvention du Ministère a bien été intégralement consacrée au projet.

Résumons :
- d'un côté une sympathique démarche collaborative dont les membres pensaient -un peu naïvement - qu'elle allait déboucher sur un vrai projet autour du livre numérique en Midi-Pyrénées,
-de l'autre une institution régionale (je ne rappelle pas ici que son financement en très grande partie public) qui se relance avec LE truc :la journée d'étude.


Il serait temps de donner la parole et les moyens aux pionniers et médiateurs plutôt que de réunir une énième fois celles et ceux qui attendent  encore la recette magique.

Mais où est un coup de main , l'aide concrète, bref la prise en compte des mutations comme le disait il y a (déjà) 42 mois le même Président du CRL ?


Je ne jetterai pas le bébé du livre numérique avec l'eau du bain . .
Mais  à cette vitesse - là, la culture numérique dans le domaine de ... la culture a du souci à se faire.

Honte aux clercs aux mains analogiques si propres. J'oserais ajouter :" faites donc des journées d'étude entre vous"

Bravo et encouragements aux médiateurs de terrain qui sauront passer outre aux lenteurs escargophiles pour faire progresser leurs métiers et servir les publics .

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mercredi, 26 mars 2014

En rev'nant du Salon [du Livre]

 

Une journée de déambulation dans les allées du salon du Livre, édition 2014

Linéaire, mon cher  Watson

sdl2014 , Alban Cerisier, livre numérique, ebook

Voilà un bon dérivatif : à propos du livre numérique, Alban Cerisier- Gallimard et SNE - lance le débat sur la linéarité. Mais qu'est-ce donc ? Sans doute une manière de lire numérique qui, rapportée au livre papier, ne garantirait plus, comment dire ? la même qualité culturelle ? Ses deux co-débatteurs en restent dubitatifs .

Chez Numilog, faire du neuf avec du  vieux

 

biblioaccess.jpg

 

Biblioaccess est une  plateforme en marque blanche, proposée aux bibliothèques pour bénéficier de la lecture en streaming des livres numériques. L'interface est directement inspirée de l'actuelle, avec quelques fonctionnalités en encore en développement.

Nouveau : l'accès  est gratuit

Caillou : le streaming des  livres dépendant d'Albin Michel est limité à 60 ! C'est dire que le compteur se met en route à partir du moment où la lecture devient réelle (sans doute un système proche de celui d'Iznéo). Mais quand même, un streaming limité ! 

A priori tous les systèmes d'authentification fonctionnent : CAS/SSO; reverse proxy, voire http referer. Une copie de la base Abonnés est toujours possible.

De 6' à 8'

Kobo, Aura HDBookeen_Ocean.jpgpocketbook,

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

On connaissait la Kobo aura HD avec sa diagonale de 6,8'. Bookeen vient de présenter sa Océan (8') en pré-commande (son étui est bien pensé).

Après l'Aqua (étanche mais qui lit sous l'eau, vraiment ?) Pocketbook met au point une liseuse 8' dont on attend la sortie avant l'été. 

Enfin du choix de liseuses à plus grand format. A condition que le poids reste inférieur à celui d'une tablette (Océan = 300g)

 

 Ouvrez, fermez, ouvrez

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Annonce par la Ministre d'un Plan pour que les bibliothèque ouvrent plus et mieux. Discours de bonnes intentions, à faire valider par les (nouveaux) élus dès lundi prochain. On espère le groupe de travail très attentif aux bibliothèques qui ont testé de nouvelles ouvertures et en ont tiré les bilans.

 Lecteurs-trices en communautés

babelio, myboox,

 Un point intéressant sur les communautés de lecteurs : Babelio, Myboox, Orange lecteurs, Milady.

Des chiffres (Babelio semble quand même plus précis sur ses stats), des approches plus ou moins ouvertes (question des critiques négatives chez les communautés liées à un éditeur par exemple). Manquaient les lecteurs eux-mêmes, qui auraient sans doute donné un récit plus captivant. A signaler que Babelio, avec la Babelthèque, propose de connecter le catalogue de la bibliothèque, le lecteur pouvant déposer sa propre critique.

Ne pas oublier zazieweb, grande défricheuse du genre.

 

Le livre numérique dans les bibliothèques européennes

 

annie_Brigant_sdl2014.jpg

 

Malgré la fanfare argentine qui a quelque peu couvert les explications, on a compris que l'arrivée du livre numérique en bibliothèque n'est pas gagnée, tant en Allemagne, qu'au Royaume-Uni et en France. Annie Brigant (à droite sur la photo), directrice du réseau des bibliothèques de Grenoble, présentait l'état des lieux à partir de son expérience.

(plus d'infos chez @actuallite : http://m.actualitte.com/n/49057 )

 De tout un peu

insolite_sdl2014.jpg

pieds_sdl2014.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

1. Poésie au milieu des livres : Love Ocean Creative International Company LDT  est une maison d'édition taïwanaise qui a proposé un spectacle sur son stand. On a aimé l'interlude.

2. Les couleurs se marient-elles toujours bien au salon ? La moquette, en tout cas, fait ressortir le motif rouge des chaussures. Un atout pour se faire repérer.

Merci qui ?

sempé, caturday

En plein #caturday, Sempé laisse voir un avenir au livre.

 

 

 

mardi, 22 octobre 2013

Livres numériques et bibliothèques publiques

Me voilà en train de tenter un historique des amours tumultueuses du livre numérique et de la bibliothèque. Pour ouvrir sur de nouvelles perspectives...
A suivre 

mortdulivre.jpg

on parle trop de la mort du livre, mais .... 

De 3 à plus de 200  : les bibliothèques dans la lecture numérique.

On parle couramment aujourd'hui de livres numériques en Bibliothèque.

Sur les usages et pratiques, on commence à distinguer l'ampleur du phénomène.(cf  la carte recensant plus de 250 bibliothèques concernées par la lecture numérique ) en regardant comment les bibliothèques se sont emparées du phénomène de lecture numérique

En 2003, la bibliothèque de Boulogne-Billancourt montre la voie en mettant en place un service de livres numériques. En 2009/2010, deux bibliothèques ouvrent leur service : La Roche-sur-Yon le 13 novembre 2009, Issy-les-Moulineaux le 10 janvier 2010. La première a intégré des livres de Numilog notamment, la deuxième propose des livres libres de droit (domaine public essentiellement). Le prêt de liseuses est alors en marche. Ce mouvement connaît donc aujourd'hui une forte demande, au point que l'AddnB ( http://addnb.fr ) propose un service de prêt gratuit de liseuses dès janvier 2011.

Mais comment les bibliothèques s'approvisionnent-elles en livres numériques, que ce soient sur leurs supports (liseuses rejointes par les tablettes) ou bien sous forme de téléchargements depuis les portails de bibliothèques  ?

  1. Les approvisionnements et les pratiques & usages

1. Les sources d'approvisionnement avant la loi PLN (prix du livre numérique)

Historiquement, Numilog constitue la première plate-forme ouverte aux bibliothèques.

Son principe  ? Un abonnement fixe, des achats de livres (prêtables un pour un) un espace pour chaque bibliothèque avec statistiques et présentation de la bibliothèque numérique constituée.

Cyberlibris (devenue Bibliovox)imagine une offre différente  : du streaming sur abonnement annuel et sans limitation de consultation.

Puis Publie.net va mettre au point un abonnement en streaming pour l'ensemble de ses titres, sans restriction.

Ces trois plate-formes seront rejointes par une dizaine de projets dont Flexedo, Lekti.net, Histoire, Harmatthèque, ENI,Immateriel, sans que leur recensement fasse l'objet d'une liste. Leurs offres dépendent du bon vouloir des éditeurs qui accordent ou non leur autorisation à atteindre les réservoirs en fonction des transactions financières.

(Sur l'offre actuelle, voir les plate-formes qui ont fait l'objet d'une négociation sur le site de Réseau Carel )

On observe déjà la difficulté pour une bibliothèque publique de gérer plusieurs plate-formes. Et l'absence des libraires dans le dispositif.

2. Tablettes et API

En même temps, les applications sur tablette arrivent  : derrière l'iPad, rapidement, les créateurs s'emparent de la chose écrite et commencent à élaborer des contenus à partir de textes existants ou écrits pour ce nouveau support. Au moins deux systèmes d'exploitation (Apple avec IOS et Google avec Androïd) se partagent le marché, ce qui complique la donne, avec double travail des développeurs.

Mais cette apparition signe le départ de la lecture numérique

3. Tablettes et liseuses en concurrence  ?

Les liseuses deviennent tactiles, connectées et proposent des contenus via des librairies constituées. Bookeen, Kobo (Fnac), Sony et Pocketbook partent sur cette piste. Frontalement, tablettes et liseuses disent capter le marché des lecteurs mais dans un rapport de 1 à 10 : 300 000 liseuses pour 3 millions de tablettes.

C'est alors par des études plus fines qu'on va commencer à parler usages  : «  gros lecteurs  », jeunesse, seniors etc …

4. Usages hybrides et multiples

Aux tablettes succèdent les smartphones, ouvrant la voie aux lectures nomades,

aux connexions permanentes et au partage de ses fichiers entre différents supports. La « pression » sur les bibliothèques ( mais surtout sur les bibliothécaires ) devient plus forte, entraînant un vaste mouvement de réflexion sur la place du numérique, la médiation et in fine, l'organisation future des bibliothèques.

5. Dadvsi, Hadopi et tutti quanti

Depuis 2005, les bibliothécaires se trouvent confrontés à une évolution de la législation : la transposition de la directive européenne pose clairement la question du droit d'auteur à l'aune du numérique. Dans les deux phases de Hadopi, se renforce le sentiment d'une certaine inadéquation temporelle : les usages évoluent plus vite que le cadre réglementaire. Et ce mouvement dépasse largement le champ des établissements de lecture publique.

L'entrée en négociation, fin 2010, du prix du livre numérique ouvre un nouveau champ. La référence européenne complique, tout en garantissant une certaine circulation des biens immatériels.


  1. Le prix unique du livre numérique ou le prix du livre numérique

     

    ecosystèmelivnum_champourlier.jpg

    à comparer à la" chaîne du livre " (remerciements à Christian Fauré)

     

    chainelivre_cFauré.jpg



1. Accélération

Concordance des temps : au moment où la loi va déterminer les conditions d'accès et d'usage, les bibliothèques s'engagent très largement dans le débat sur le livre numérique.

Les tablettes et liseuses ne sont plus seulement approvisionnées par les plate-formes, mais directement auprès des librairies numériques et des libraires.

Plusieurs procédures cohabitent : extraction de plate-formes quand le contrat le permet, achat généralisé de livres en s'appuyant sur la règle DRM (5 copies), généralisation du streaming.

Mais aussi exploration d'autres contenus  : le domaine public, les textes sous licences libres et/ou ouvertes, les créations.

Côté tablettes, aucune contrainte n'est donnée : les applications sont acquises sans droits complémentaires.

La loi PLN (http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000024079563&dateTexte=&categorieLien=id ) entend mettre de l'ordre dans le dispositif, en proposant la voie du contrat. A ce jour, aucune mesure n'est effective réellement.

2.Chaîne de valeur, place des libraires, questions technologiques

Petit à petit, les bibliothèques découvrent l'écosystème du livre numérique, sur un modèle largement copié (en terme de cession de droits) sur le modèle physique.

Frictions nombreuses : prix, notion de prêt, circulation des métadonnées, absence des libraires dans la boucle, questionnements sur les accès (les fameux réservoirs) aux mains des distributeurs et des diffuseurs dont Amazon, Apple, Google.

Cette confrontation ne ralentit pas les expérimentations mais les stimule, tout en freinant la mise en œuvre d'un dispositif clair.

3. Et maintenant ?

Aux côtés des 15 plate-formes existantes, naît un circuit créé par les acteurs traditionnels : libraires et éditeurs. La première brique, le PNB, se veut tiers de confiance dans la transaction. Elle permet de signer contrat entre la bibliothèque et la librairie pour un accès. Les usages restent encore à discuter. Les curseurs anciens (nombre d'abonnés, population, nombre de lectures) ne suffisent pas à évaluer correctement la cession de droits pour la lecture numérique en usage collectif. Les modèles se sont multipliés, une seule réponse devient impossible.

4. Cohabitation des modalités d'accès ?

Ce n'est pas impossible.
Au regard du droit d'auteur (et de son reversement à l'auteur), il paraît incongru de copier le modèle Loi Lang/Loi sur le droit de prêt (et d'ailleurs 22 ans séparent ces deux décisions).

Le chargement des supports appartenant à la bibliothèque ne prive pas l'éditeur si l'on considère qu'on encourage une lecture  »unique  » du livre et non son multiple de manière incontrôlée.

On est loin de la mise à disposition des livres numériques pour tous les lecteurs inscrits/abonnés à une bibliothèque publique. Si tant est que cette lecture va s'élargir à d'autres cercles que les « gros lecteurs ».

C'est donc un double mouvement : découverte de la lecture numérique (et la bibliothèque se donne les moyens de le faire en usant légalement des possibilités des mesures de protection voulues/exigées par les éditeurs) ET des supports numériques encore peu répandus d'une part, volonté enfin exprimée des éditeurs de créer un dispositif incitatif afin de capter l'achat des bibliothèques.

5. Et maintenant ?

Le contrat d'auteur a enfin son texte. Mais le décret de la PLN n'a pas encore livré son mode d'emploi.

La question de l'accès aux ressources s'est élargi, via les élus, aux territoires et non plus seulement aux établissements. Nouvelle interrogation, donc, qui rend plus complexe la transaction mais aussi la légitimise dans le temps.

Au milieu du gué, la création de Réseau Carel donne un point de repère clair côté bibliothèques ( cf recommandations : http://www.reseaucarel.org/page/recommandations-pour-le-livre-numerique-en-bibliotheque-publique ) tout comme Couperin pour les bibliothèques académiques.

L'idée de conclure avant ou au moment du Congrès de l'IFLA à l'été 2014 est avancée, c'est-à-dire un processus finalisé d'accès à l'ensemble des livres numériques sous droits par les bibliothèques publiques. Pourquoi pas ?

L'expérimentation PNB (pour en savoir plus : http://www.reseaucarel.org/pnb et pour connaître le point de vue Carel  : http://www.reseaucarel.org/04102013-1154/l-avis-de-carel-sur-pnb ) – en cours - devra valider à la fois : 

  • la brique logicielle technique qui assure les conditions vertueuses de la transaction des droits en usage collectif,

  • les conditions de négociation, en amont, entre les éditeurs & leurs distributeurs d'une part, et entre les éditeurs et les libraires, lesquels feront les offres aux bibliothèques dans le cadre de marchés publics (complexes ou simples).

 

Mais il faudra tenir compte de l'expertise des bibliothèques qui ont «essayé» le livre numérique, avec des usagers dont l'avis compte, non seulement sur l'offre, mais aussi sur l'environnement «réseaux», sur le lieu même d'échange, sur les manières multiples de lire.

 

Et derrière l'homothtie du texte physique/numérique, arrive la création sur et dans le Web, lue en flux (streaming connecté ou déconnecté), en même temps que se pose la question des livres-applications créés par des éditeurs non reconnus dans leur propre famille.

C'est donc sans doute  sur quatre trames que se déroule l'avenir du livre numérique en bibliothèque :

* le texte «sorti» du livre,

* l'évolution du droit d'auteur ;

* la nomadisation de la lecture ;

* l'irruption du numérique dans la culture.

Vaste chantier.

 

 

10:23 Publié dans BIB, LIRE, livre(s) numérique(s) | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ebook, bibliothèque, library | |  Facebook | | |

mercredi, 30 janvier 2013

Comment repérer des livres numériques libres ?

 

 

 On dit que le livre numérique est un sujet complexe à traiter en bibliothèque. Vrai.

Mais rien n'empêche de commencer .. par un bout. Et de tirer la ficelle.

D'où cette idée de réaliser des tutoriels simples, facilement exploitables aussi bien en interne que devant des usagers.

 

La série n'a pas de nom : elle devrait aborder successivement :

- qu'est-ce qu'un livre numérique (et ses droits?)

- comment lire un livre numérique ?

Bonne lecture et merci de vos commentaires.

mercredi, 23 janvier 2013

Partenariats BnF : pour un plat de lentilles ?

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Esaü abandonne son droit d'aînesse  à Jacob pour un plat de lentilles

Le Louvre

 

Numérisation du domaine public : l'affaire des contrats passés entre la BnF et trois opérateurs a fait grand bruit dans le Landernau des bibliothèques et c'est légitime.
Une fois passées les premières émotions dues au grandissime bouleversement que chacun juge à l'aune de ses activités, qu'en retenir ?

Ce qui me paraît le plus frappant, c'est la négation absolue de ce que j'appelle la culture numérique. Je la définirais ainsi :

- une attention portée aux usagers : que veulent-ils ? Comment pourraient-ils collaborer ? Comment recueillir leur avis AVANT (et non après ou ...jamais) ?

- une réelle volonté de partage, dont les conditions doivent se situer au plus près des préoccupations essentielles : pertinence des données numérisées, dissémination aisée (formats, coûts d'accès, gratuité du bien), échange collaboratif...

- une avancée de l'intelligence collective : partager pour créer et produire, créer pour partager ;

- un débat sur la mise à disposition des biens culturels, parce que la méthode porte la manière dont les contenus vont finalement revenir aux propriétaires (les usagers/citoyens que nous sommes).

Du coup cette captation paraît insupportable, au regard de ce que les autres bibliothèques publiques - notamment - réalisent aujourd'hui. Insupportable mais surtout à contre-courant de tous les projets menés dans les réseaux.

Comme si la France de la connaissance était coupée en deux : d'un côté les chemins [f]rigides des pouvoirs en place, engoncés dans les process d'avant, de l'autre les tenants d'un service public basé sur la réappropriation par les usagers eux-mêmes. La vérité est un peu différente.

Parlons argent, nerf de la guerre numérique.

La numérisation coûte cher, son exploitation encore plus : qui le fera dans un cadre aussi contraignant ? Qui risquera le travail de médiation quand il est appuyé (pour une longue durée) sur une exclusivité telle qu'on peut parler du retour des clercs dans l'accès au savoir.

Nombre de projets issus des mouvements de culture numérique sont nés et financés avec peu, sans rien ôter à leurs qualités, aux développements industriels qui les prolongent. En passant, ils ont créé du neuf : dans le partage, dans la méthode, bref, ils ont participé au renouvellement.

Contraindre la matière numérique publique à un compromis qui fait entrer l'exclusivité est vécu comme moralement dégradant.

Quelle que soit l'issue des futures rencontres sur le sujet (car il y en aura), demeurera le doute, celui qu'une bibliothèque nationale fait peser sur le domaine public : il est aliénable.

De l'autre côté, la minceur du dossier - au regard de la masse de documents en attente de numérisation - fait prendre un bien grand risque. Peut-être pour un plat de lentilles ?

A suivre ...