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lundi, 31 mai 2010

livre numérique : avant après

Il peut sembler plus que désuet d'envisager de passer une partie de cette journée  à mettre au point un service de prêt de liseuses pour des bibliothèques volontaires et adhérentes physiques à une association réelle. C'est pourtant ce que je vais faire.

Qualifiée de préhistorique, parce qu'elle commence il y a deux ans, autant dire une vie de révolution numérique,  cette démarche reste tellement anecdotique que l'arrivée de tablettes dans les bibliothèques en est encore à ses balbutiements : Angers, la Roche-sur-Yon, la BDP de la Meuse, quelques autres encore.

Et donc en quoi l'arrivée d'une tablette tactile, connectée pourrait-elle changer la donne ? En ouvrant grands les réservoirs de livres numériques ? Mais quelle bibliothèque sait aujourd'hui les mettre à diposition de ses lecteurs ( livres sous droits) ? Et quelle bibliothèque sait acheter des livres numériques (sous droits) ?

L'avant / l'après n'est donc pas la sortie médiatique d'un support, aussi tentant soit-il (fût-il).

L'avant / l'après :

- quand le service d'accès sera existera pour les bibliothèques, ouvert largement, en quantité comme en qualité

- quand les bibliothécaires auront intégré le numérique comme une chance, une inestimable opportunité d'augmenter leurs références et de les avoir mis à disposition de qui en a besoin

- quand les bibliothèques en réseau articuleront intelligemment avec les autres acteurs des accès leurs expertises différentes mais complémentaires

- quand l'expérimentation publique deviendra un mode légitime de progrès mutualisé et mutualisable.

En attendant ...

lundi, 17 mai 2010

livres numériques ascensionnels

Premier étage d'une fusée qu'on souhaite enfin prête à décoller : les éditeurs font union sur la mise à disposition de livres numériques. Ce qui permettra aux libraires de proposer une offre enfin cohérente.

fusee_tintin.jpg

Premier étage, parce qu'on en verrait bien un deuxième : l'accès à un service de livres numériques pour bibliothèques, assorti de tout l'arsenal imposé des droits.

Ce service devra correspondre à deux préoccupations :

- assurer un large accès au livre numérique auprès des abonnés (le modèle un livre numérique acheté - un livre numérique "prêté"  va devoir disparaître), ce qui suppose en effet une bibliothèque numérique représentative des collections, fonds, actualités (et donc pas seulement patrimoniale),

- garantir les droits légitimes des uns et des autres.

Tout est dans l'équilibre entre ces deux demandes. Mais cet équilibre demande une gestion paritaire intelligente, c'est-à-dire une négociation toutes parties prenantes. En rappelant que l'accès au service doit être neutre et libre. Du coup les autres propositions vont-elles passer à la trappe ?

Aldus, veilleur attentif, a annoncé la nouvelle. Le communiqué est chez epagine.

Nota : mais d'autres pistes déjà...

- un point de vue prochedu communiqué,  chez izibook

- celle de l'édition électronique, pistée par Marin Dacos et Pierre Mounier dans ce billet ;

- la position de l'Iabd à  travers ces interventions, et communiqués et les commentaires à la suite de la table ronde du 28 avril 2010 au Sénat.

mercredi, 05 mai 2010

le livre numérique homothétique est-il éthique ?

Homothétie :"Les homothéties préservent l'alignement des points et les rapports algébriques. Elles transforment une droite en une droite qui lui est parallèle. En géométrie euclidienne, elles apparaissent comme des cas particulier des similitudes ; les homothéties préservent les angles et dilatent les distances"

Là-dessus, quel rapport avec le livre ?

Depuis quelques semaines (mais depuis janvier quand même, a minima), on parle de livre numérique homothétique quand il s'agit de sa représentation numérique sous forme d'ebook.

Les acteurs de la chaîne du livre se pâment à l'énoncé de cette appellation. Elle cache - comme un arbre la forêt - une chose plus triviale : la fixation d'un prix dit "unique" du livre numérique.

Le livre numérique homothétique "préserve les angles"

Accord assez général sur la nécessité de trouver une grille de prix pour le livre numérique. Sans que soit discutée publiquement, en fait, la nouvelle répartition des coûts et des marges. Echappatoire qui permet de traiter à part et les manuels scolaires et les "beaux livres" et les livres "augmentés".

Les angles restent donc arrondis.

Les homothéties [...] dilatent les distances

Ce n'est pas impossible.  D'un côté, apparence de bon sens : qui serait contre un abaissement du prix du livre numérique qui respecterait les intérêts de  TOUS les acteurs : lecteurs (et leurs bibliothèques publiques), auteurs d'abord, éditeurs, distributeurs ensuite ? De l'autre, haussement de sourcil soupçonneux : et si c'était le début du carcan, ne laissant pas assez de liberté à la création et à sa rémunération, voire au départ du livre numérique de l'univers de la chaîne du livre ?

Ce risque-là, on peut dire que personne ne veut l'affronter aujourd'hui. La simple arithmétique, pour filer la métaphore, donne une addition qu'il faudrait payer à plusieurs. Comme on dit, " le marché du livre numérique n'existe pas encore".

On garde donc ses distances, voire on les augmente. Car pendant ce temps-là, l'offre de livres numériques reste aussi cahotique qu'avant, parcellaire, inégale selon les éditeurs, illisible toujours.

Les débats qui agitent - tel un blender fou - la planète Livre mettent en déraison. Une journée sans déclaration serait d'utilité nationale. Et en attendant ?