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dimanche, 04 février 2007

L'ADN en hélice de Mme Noël est-elle le nôtre ? (4)

(suite et fin de la journée Urfist du 31 janvier 2007)

medium_double_helice.jpg

Sur la question "quelles évaluation des ressources pédagogiques ? ", Elisabeth Noël nous entraîne dans la quête d'une double hélice ADN pour le compte d'un enseignant.
On en retiendra que :
- la granularité dans le résultat constitue une donnée incontournable, difficile à gérer, et généralement absente à un niveau haut, ce qui revient à chercher une aiguille dans une (petite) botte de foin.
- on a intérêt à passer par des sites spécialisés plutôt que vouloir chercher à tout prix sur les moteurs généralistes, perte de temps.
[ la démo s'est faite sur Google, on aurait pu tenter l'aventure avec vivisimo ou kartoo pour peut-être un meilleur résultat apport des cartes, de l'arborescence, bref prise en compte de la clustérisation].
Voir aussi tutmarks pour l'accès à des tutoriaux plus spécialisés.

Revient enfin la question de l'évaluation de telles ressources. Peer review ? Mais qui sont les pairs : les formateurs, les créateurs de ressources, les utilisateurs ?
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Avec l'intervention de Françoise Chapron (IUFM Caen) [ voir par ici un bonne approche générale], on vient toucher des publics bien connus des bibliothèques : les jeunes ados et les ados scolarisé dans le secondaire.
Elle défend l'idée que le concept même d'évaluation de l'information (sur Internet) pourrait être le fil rouge dans l'enseignement secondaire ! Révolutionnaire .. Exemple ? La notion d'auteur, très présente dans les programmes, pourrait être déclinée de la 6è à la Terminale, avec une continuité assurée dans l'enseignement supérieur.
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Parvenu ainsi à l'acmé, et introduit dans une vision concrète de la formation à l'évaluation, l'Urfist a réuni plusieurs des briques de compréhension et de pratique qui devraient nous permettre de faire fonctionner la double hélice. Accéder à l'information, l'évaluer avant d'en tirer parti et pour les bibliothèques mettre à disposition les ressources rappelle furieusement quelques discours tenus sur le Web 2.0 dans la biblioblogosphère.
Sans avoir à justifier le Web social, qui nous échappe et dont nous ne maîtrisons aucun des développements, nous sommes aussi dans cette posture de la figure informationnelle et "connoisseurs" patentés des choses de l'information par l'intime contact avec ses parties.
Depuis la description des rôles wikipédiens, jusqu'à cette approche globale d'une culture de l'information, en passant par la remise en cause des thésaurus, on peut voir se dessiner des chemins assez nouveaux.

Il y a des mains tendues...

07:50 Publié dans URFIST _31 janvier 07 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : urfist, Elisabeth Noël, ADN, Françoise Chapron | |  Facebook | | |

samedi, 03 février 2007

Apprenez, apprenez, prenez de la peine (3)

(suite de la journée Urfist du 31 janvier 2007)
La présentation digestive d'Evelyne Broudoux (présentation vidéo) sur le statut de l'auteur était intitulée "L'auteur fait(*-il encore autorité ? "

medium_ile_bonaventure.jpg

Où l'on apprend que Bonaventure n'est pas seulement une île mais un territoire de disputatio, marqué par l'émergence de la notion moderne d'auteur (celui qui exprime sa propre pensée).
De l'auteur au droit d'auteur, il n'y a qu'un pas.

Font suite trois interventions axées sur la formation
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Claire Panijel en vient à la place de la formation à l'évaluation de l'information (vidéo).

Arrive Alexandre Serres - Urfist Rennes - qui s'interroge sur "Quelle formation à l’évaluation ?" (vidéo)
medium_ruedes3piliers.jpg

En 3 piliers et 4 dimensions, voilà campé le paysage de la nouvelle approche de la formation. Reste à savoir si cette méthodologie sera transférable durablement au regard des évolutions rapides des technologies, des techniques et des contenus éducationnels...
Trois piliers
- le défi éducatif : on ne naît pas autonome. Comment concilier l'autonimisation technique du Web 2.0 avec une médiation, une transmission nécessaires ?
- la contradiction : entre élévation du niveau informationnel (qui vire vers l'illusion du savoir et la vanité de la connaissance du tout) et la non-reconnaissance des besoins de formation tant chez les enseignants que chez les jeunes.
- le défi épistémique : appliqué à notre sujet, il met en cause la connaissance implicite des sources et renvoie à 4 types de cultures : générale, disciplinaire, informatique et informationnelle (literacy)
Quatre dimensions à la formation
Du coup, apparaissent mieux les dimensions du projet éducatif.
1. une dimension citoyenne et critique, de préférence collective et partagée
= promouvoir la culture du "doute" vs culture du soupçon : vigilance, dangers(rumeurs, infopollution).
ce qui suppose une approche critique plus large, face aux effets pervers des discours désenchantés.
2. une dimension méthodologique : commune aux disciplines dans l'info-doc
= s'adresse aux formateurs et aux évaluateurs. A nouveau des illusions à combattre : la grille universelle d'évaluation, la tentation techniciste. Et "réconcilier des logiques cognitives disjointes", ex. lecture attentive vs survol hypertextuel.
3. L'enjeu didactique, dont la dimension didactique serait spécifique à l'information
= déconstruire l'info, reposer tous les fondamentaux (éditeurs, auteurs, taxonomie ...)
4. la part technique
= demande une clarification, la culture informatique étant trop souvent réduite aux compétences procédurales.

Nous voilà donc bardés pour imaginer le pire. Mais il faut aussi entendre Elisabeth Noël.
.

vendredi, 02 février 2007

Un mur de bruit dont le sens s'est enfui...(2)

(journée Urfist du 31 janvier 2007)

Ou comment Laure wikiprédit la fin des haricots et Olivier le meilleur des deux mondes ou le meilleur des mondes...
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Wikipédia

Les rappels de Laure Endrizzi apparaissent assez salutaires et légitimes comme elle pu en qualifier Wikipédia, au grand dam de quelques participants kamikazes ; je ne citerai pas de nom, mais on a quand même entendu un(e) universitaire français(e) raconter qu'il avait été envisagé de supprimer Wikipédia aux étudiants de son université ; le ridicule ne tue pas, mais la bêtise passive, si.
Rappels nécessaires sur la légitimité ainsi que sur le caractère emblématique d'une évolution culturelle et technologique.
La question vient alors naturellement. A quel niveau estimer la crédibilité du projet :
- projet encyclopédique ou produit éditorial ?
- contenu à fiabilité relative ou non ?
- assurance qualité (= une autre figure de l'évaluation dans le monde profane)

Sans entrer dans les détails de la présentation qui sera mise en ligne, et malgré l'excellence d'icelle, j'ai été très intéressé par la typologie des rôles qu'a développés l'intervenante :
- à l'évidence, auctorialité, éditorialité et diffusion sont communs à toute chaîne de production du savoir (et bien évidemment son évaluation en tant qu'information). Ce qui fonctionné pour le document physique se renouvelle dans l'immatériel et à plusieurs niveaux d'approche de la connaissance, du savoir et de sa gestion. A dire donc qu'un(e) bibliothécaire doit endosser ses rôles dans le travail de mise en valeur ; il (elle) est amené(e) à produire, dans le contexte de sa bibliothèque. Produire, créer, éditer, diffuser, et évaluer.
- l'évocation des experts gestionnaires chez les wikipédiens emplit toute la scène en ligne et hors ligne, par l'attribution de surveillants, secouristes, spécialistes, petites mains, correcteurs, secrétaires de rédaction, infographistes... S'y ajoutent de nouveaux métiers : surveillant général de liens externes, notamment.
- et retour sur les auteurs - au coeur du système - dont on dit qu'ils sont anonymes pour 17% en France. Laure Endrizzi les qualifie d'experts pointus, de "bons samaritains ", et les place dans une posture de modestie. Comme hors du système.
Mais se créerait en filigrane un modèle éditorial, aux fonctions hiérarchisées. Le contraste entre la professionnalisation décrite et le modèle hybride interroge encore plus sur le projet. Malgré les "passions adolescentes" qui agitent les Wikipédiens, l'aventure aurait échappé au corporatisme, à la spécialisation, à la tentation obsidionale...

Les questions de sens qui sont par ailleurs posées (qu'est-ce qui est encyclopédique ? qui est expert ? qui évalue ?) renvoient aussi à des univers plus vernaculaires que sont les bibliothèques aujourd'hui - et surtout demain. Ce qui fait sens dans et pour la bibliothèque n'en est pas très éloigné.
Dans un autre domaine -la presse -, il serait intéressant de regarder attentivement le fonctionnement d'Agoravox et de comparer les organisations et les valeurs.
[voir d'ailleurs cet article consacré au journalisme citoyen, un point de vue somme toute assez classique, comme quoi...]

Cette description méthodique de Wikipédia a permis de couper court (presque) aux sempiternelles critiques, ce qui n'est pas rien en soi, mais surtout a créé un corpus de réflexion adaptable à d'autres projets et réalisations similaires, et donc de développer une démarche d'évaluation.
Qui a dit que la recherche ne servait à rien ?
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Folk(box)son

Quittant les rives connues de l'encyclopédie de l'e-honnête homme, Olivier Ertzscheid nous entraîne sur les sables mouvants de la folksonomie. Son entrée en matière ( "ma partenaire refuse la folksonomie, comment l'y inciter?") faisait tout de suite monter la salle en température ; elle n'en redescendra pas facilement.
La présentation est déjà disponible, ici, et je ne vais m'échiner à mal dire ce qui est bien expliqué et de toute manière incontournable.
Maniant le paradoxe avec plaisir et sadisme, l'intervenant souhaite nous amener aux portes d'un constat cruel mais réel : échappent aux nouvelles générations toute notion construite de thésaurus, tout ensemble obsidional, parce qu'elles sont plus intéressés par leur propre méthode de classement. Dewey n'avait pas fait mieux il y a 130 ans mais croyait bien travailler pour la postérité...
De ce constat et de la potentialité du tag, de sa nécessité culturelle, enfin, signe d'un pouvoir qui en vaut bien d'autres, il n'était pas inutile d'imaginer la suite.
Elle est venue avec un nouveau modèle issu d'Amazon, AMAPEDIA.
En développant ses attributs et des valeurs, Amapédia à la fois détourne la folksonomie pour l'encapsuler dans l'application, mais aussi donne à voir une hiérarchie et une organisation en items plus qu'évocateurs : valeur partage des attributs essentiels, relation(s) "à" , relation "comme", relation "est".
On entrevoit des lueurs dans la jungle amazonienne, à condition toutefois de s'approprier correctement le dispositif. Un coup de main ne sera pas inutile.
Soit un portail de bibliothèque ouvert à la folksonomie des deux "côtés" [ usagers / éditeur du portail] en même temps que se met en place une logique de centres d'intérêt/genres/ dans le SIGB. La tendance Whasp du bibliothécaire pourrait être équilibrée par "la sagesse des foules".

En aparté, une discussion-mogettes : jusqu'où irait-on dans la reprise d'attributs ou de valeurs utilisés dans le monde marchand ? Pas loin selon mes convictions:
- tant doit être protégé tout recoupement de données issues des usages des lecteurs,
- afin d'éviter un fonctionnement obsidional [décidément, ce mot, très Urf !], où la recommandation successive ferait office de valeur. On peut penser que le rôle du bibliothécaire est tout autre...

A ce moment-là, il fallait sérieusement penser à s'alimenter dans les estaminets voisins.

jeudi, 01 février 2007

Prémices ou prémisses ? (1)

La journée des URFIST du 31 janvier était consacrée à l'évaluation et à la validation de l'information sur Internet.
Copieux programme devant un amphi bien rempli. Dans la liste des participants, on repérait un quarteron de mousquetaires de bibliothécaires territoriaux : celui-ci, celui-là et votre serviteur ; on ajoutera la cousine de la BPI.

[le photographe officiel n'avait pas oublié, lui, son outil de travail.]

Les comptes-rendus officiels fleuriront rapidement, et les PP/RP (Pauvre-point / Riche point) devraient être mis en ligne sans tarder non plus.
edit 3 février : les vidéos sont toutes ici
Il s'agit donc ici d'impressions, et de saillies universitaires nécessaires à la fécondation des milieux.

Après une introduction qui faisait craindre le pire pour les tenants du savoir indigène (opposé au savoir savant des chercheurs), Marin Dacos (revues.org) engageait le fer sur un item tonitruant : "les pairs et le cluster".
Centrée sur l'évaluation, son intervention mettait en avant la faiblesses des études menées sur le sujet et leur rareté (ce qui est rare est cher) : rapport Janin en 2003, enquête en 2004, puis rapport à nouveau en 2007.
De ce pertinent tour d'horizon des rapports entre évaluation et publications scientifiques, et pour revenir sur terre , Marin Dacos mettait l'accent sur l'absence navrante de répertoires , et du coup posait la question de la communauté à créer pour y parvenir. Vaste sujet qui nous concerne un peu, aussi ... Pas mieux du côté des moteurs au nombre de quatre dont l'in extenso (que l'on peut joindre par Netvibes , avec Cairn et Persée dans un seul onglet).

Sombres pensées atténuées par une conclusion en forme de perspectives ...
- la démocratie évaluative est possible sur Internet,
- la nouvelle donne éditoriale est réelle (comme del.icio.us),
- on assiste à la revanche des périodiques et au succès des petites unités documentaires,
- le blog pourrait être considéré comme un "carnet de recherche" (celui-là ne sera pas contre !) que l'intervenant qualifie comme un début de facteur d'impact (les chercheurs se comprennent).

medium_tentations.jpg

D'où un triple tentation :
- l'obsidoniale qui empêche de prendre possession des terrains de fertilité pour y agir de l'intérieur
- la totalitaire, en créant LE guichet unique,
- la technocentrée, en demandant à la technologie de résoudre tous les problèmes.

Il semblait alors que l'agneau avait ainsi été sacrifié sur l'autel de l'orthodoxie universitaire. Certes, mais pas avant d'avoir révélé quelques mystères relatifs à l'évaluation.
Ce à quoi s'est employé Manuel Durand-Barthez pour reposer la question de l'évaluation a priori et/ou a posteriori. De Scholar Google [voir cette excellente fiche de JP Lardy, autre urfiste), il pouvait retenir trois éléments confondants :
- le nombre inconnu d'éditeurs,
- l'exploitation pas assez sophistiquée,
- l'imprécision sur l'indexation (par ex l'homonymie des auteurs).
CQFD. Le facteur d'impact, du coup, changerait de nature : le nombre de téléchargements génèrerait des citations et le calcul du temps écoulé entre ces deux actions déterminerait le dit facteur.

Sans aller plus loin dans les méthodes proposées, je poserais le paradoxe suivant :
Si le chercheur veut maîtriser à tout prix (non, pas à n'importe quel prix !) sa communication, ce qui est légitime, comment peut-il demander à contrôler et l'outil et sa mise en valeur sans se compromettre ?
Pour ce qui est de la recherche appliquée -qui généralement est celle qui nous intéresse - cette posture est repoussante, rend illisible les réseaux de recherche (je me pose la question, en tant qu'indigène, des apports voisins de cette journée avec celle de l'Isko en juin 2006) et renforce une stupide fracture entre communautés (prétentieux !)

Mais soudain, dans la deuxième partie, deux éclaireurs ....

22:20 Publié dans URFIST _31 janvier 07 | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : urfist, Marin Dacos, Manuel Durand-Barthez, Jean-Pierre Lardy, isko | |  Facebook | | |

mercredi, 24 janvier 2007

Sus au Graal !

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Les URFIST commencent fort l'année 2007 : une sacrée journée s'annonce, le 31 janvier, et à en lire les premières contributions (que voilà une bonne idée de donner à voir les interventions un mois à l'avance), le programme sera chaud. Il traite de "l'évaluation et validation de l’information sur Internet".
On pourra suivre, dit-on, les évènements sur Canal U notamment. D'autant que que la journée a fait salle comble de bonne heure.
En quelques mots, Laure Endrizzi (rappelez-vous cet article) aborde la question de Wikipédia sur le thème de La communauté comme auteur et éditeur.
Evelyne Broudoux pose le débat "Entre autorités de support et de groupe, quelle place pour l’auteur ?"
Elisabeth Noël s'attaque à la ressource pédagogique et surtout à son évaluation.
Olivier Ertzscheid (troisième sur la rangée du haut) accompagne Laure Endrizzi pour traiter de l'indexation et de son dada, la (ou les) folksonomie(s).
... Et bien d'autres.

Ayant pu me faufiler parmi les participants, j'affûte mes crayons.

Sus au Graal !

21:10 Publié dans URFIST _31 janvier 07 | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : urfist, broudoux, ertzscheid, endrizzi, noel, roland | |  Facebook | | |