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mardi, 12 avril 2011

Midi-Pyrénées et le livre numérique

liv_num midi-pyrénées

En quoi une région est-elle légitime à s'intéresser au livre numérique ? Et que peut bien proposer une groupe de travail sur ce sujet ?

Bonne question !

La réponse pourrait s'effectuer en plusieurs temps:

- pour qu'il y ait travail, encore faut-il que tous les acteurs puissent s'asseoir à la même table. C'est donc d'abord  l'aboutissement d'un tissage de liens que le CRL Midi-Pyrénées a patiemment entrepris depuis longtemps.

- il nous faut des choses à dire et à faire autour du livre numérique : la participation d'éditeurs, de libraires, d'e-distributeur (peut-être une des seules régions françaises à avoir cette chance), d'auteurs et de bibliothécaires rend crédible la démarche. Tout comme l'ouverture aux partenaires que sont la Drac ou l'Ardesi.

- que va "pondre" ce groupe ? S'adressant aux élus régionaux, il va explorer un des univers des ressources numériques à l'échelle d'un territoire, territoire lui-même numérique quoiqu'il en veuille...  Ses recommandations porteront vraisemblablement sur l'accès, les modalités d emsie à disposition et encore et et encore sur la création de valeur ajoutée qu'elle soit économique, culturelle ou sociale.

On pourrait dire qu'il s'agit plutôt d'un temps dans une démarche plus globale, du moment où peut s'exprimer une volonté forte d'être partie prenante de la cutlure numérique et d'un espace (le territoire régional) dont il faudra mesurer la pertinence.

11:32 Publié dans livre(s) numérique(s) | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : liv_num | |  Facebook | | |

mardi, 15 mars 2011

lekti.net : une offre en test grandeur nature

D'une conversation (apparemment) informelle en cours de déjeuner, sort ce projet : tester en "vrai" une offre d'un e-distributeur  - lekti.net issu de lecti-ecriture - qui réunit dans son projet près de 70 éditeurs indépendants.

La médiathèque d'Albi ouvre le bal.

 

liv_num,bibliothèques,bibliothécaires,lekti

 

Au rebours (apparent) des mouvements globaux actuels, voilà donc qui fait sens : un écosystème de type "éditeur" appliqué au livre numérique. Cette démarche courageuse et innovante constitue une excellente expérience pour des bibliothèques qui ont saisi l'occasion (en partant de Midi-Pyrénées) de tester l'approche du livre nuémrique auprès de ses abonnés.

Disons tout de suite, pour rassurer que l'affaire est encadrée : accord des éditeurs, identification certaine des abonnés.

Mais aussi, et c'est le côté passionnant, une observation active à tous les stades de la mise en oeuvre. Echanges permanents sur les outils (liseuse écran // module stats //module administrateur) qui s'améliorent à chaque instant grâce aux remontées des bibliothécaires concernés par l'opération et à l'écoute de Lekti.

Et ce n'est pas fini : on sent bien derrière ce projet combien le livre numérique ne vit pas seul (réflexion pas nouvelle merci @fbon pour sa "poussée") et que son accompagnement donne toute la valeur à  sa mise à disposition.

Entendrais-je des critiques sur ce projet apparemment fermé, d'un contenu pointu, à l'audience peut-être limitée, que je persisterais à penser très fort que l'expérimentation s'avère nécessaire. Le protocole d''expérimentation contient notamment un questionnaire en direction des lecteurs et une convention qui détermine exactement le statut des contributions (creative commons of course) : des gages sur un partage des retours, le transfert possible des savoir-faire pour qui voudra.

Ecouterais-je les remarques sur la portée limitée de la chose que je dirais que c'est la qualité des relations entre partenaires qui a déclenché le processus, que ces relations sont le fruit de nombreux contacts croisés parfois balbutiants mais jamais rompus et que d'autres initiatives ne peuvent que voir le jour.

Pas de valeur d'exemple, non, simplement une prise en main par les acteurs légitimes de ce qui fera notre quotidien demain. A chacun de trouver ses voies, d'explorer son territoire (numérique) pour créer des dynamiques.

Albi aujourd'hui, Toulouse à suivre, et encore une ou deux bibliothèques pour faire panel pertinent : les retombées sont déjà là, un encouragement  (même si c'est un chantier parfois ingrat) à  s'engager.

Rendez-vous à Albi le samedi 26 mars pour le lancement officiel. On vous racontera.


A suivre ...

mercredi, 16 février 2011

Avant pendant après la loi PULN Prisunic

Toute cette agitation (au sens quasi chimique du terme) autour de la proposition de loi dite PULN ( Prix Unique du livre) ou Prisunic en langage plus trivial fait remonter des abysses des peurs, des craintes mais finalement des espoirs.

Sans revenir sur le versant législatif et juridique de la chose, dont les tenants ont été analysés par  l'IABD (en détail cette déclaration et encore ces amendements) et soutenant pleinement cette position,  je vois que l'ébullition finalement a le mérite de clarifier la situation.

Dire que le livre numérique en France est dans une position difficile n'a rien d'inconvenant. Le système d'accès parcellisé entre plusieurs e-distributeurs rend assez opaque sa visibilité, les DRM compliquent à souhait les téléchargements, l'indigence actuelle de l'offre déçoit. C'est le début, dit-on, attendez, vous allez voir.

Ce qu'on voit c'est une séance d'Assemblée nationale digne des débats et votes de la Dadvsi en 2005 avec un bâclage remarquable. Les lobbies (ne soyons pas naïfs) avaient un peu préparé le terrain. Soit.

Là-dessus, l'AFP elle-même annonce le vote de la loi : nenni, une navette vers le Sénat s'impose. La promulgation serait autour de mai 2011.

Passant là-dessus, et si on retournait aux fondements mêmes ? Le livre numérique pour une bibliothèque fait partie d'une nouvelle approche d'accès (au savoir, à la connaissance). Pourquoi cet  accès n'est-il pas partie intégrante du prix, fixé, rappelons-le par l'éditeur ?

Dire que les bibliothèques ne veulent pas payer est un mauvais procès. Avant la loi, on en parlait déjà et les pionniers ont pris les abonnements aux plateformes et services disponibles. Pendant la loi, ça continue, les recherches, les essais, parce que les dispositifs ont besoin d'être améliorés.

Et après la loi, quoiqu'il arrive, les bibliothèques seront présentes sur ce terrain.

On pourrait dire que lier le prix à la mission est un grossier amalgame. On pourait dire aussi que le livre numérique n'est pas qu'un prix et que parfois, souvent ou à égalité il est disponible dans des formats ouverts et libres parce que les droits d'auteur sont échus. Et ceux-là nous intéressent, dans cet ensemble de culture numérique ouverte. Et se tourner vers ce gisement sera peut-être (sans doute) un sacré échappatoire. Parce que l'Etat a failli sur ce dossier, parce que les 11 millions de lecteurs sauront tous pourquoi les bibliothèques ne proposeront pas de ces livres numériques homothétiques (et les autres?) si les conditions d'accès ne sont pas réunies. Parce que quelque part aujourd'hui, il y a besoin de comprendre comment se créent les champs numériques du savoir et d'y participer avec autre chose qu'un bon de commande administratif.

Finalement, la bonne leçon de Prisunic est peut-être celle-là : bibliothécaires, partez à la découverte des ressources numériques disponibles, créez-en de nouvelles, parlez-en avec les "gens", promouvez les littératures nouvelles, singulières (il y a des éditeurs qui sont prêts à le faire et qui le font).

Quand les territoires numériques commenceront à coïncider avec ces nouveaux territoires de vie, les offres "en l'air" seront bien moins attrayantes. Tant pis pour le marché. Tant mieux pour la culture.