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mardi, 22 octobre 2013

Livres numériques et bibliothèques publiques

Me voilà en train de tenter un historique des amours tumultueuses du livre numérique et de la bibliothèque. Pour ouvrir sur de nouvelles perspectives...
A suivre 

mortdulivre.jpg

on parle trop de la mort du livre, mais .... 

De 3 à plus de 200  : les bibliothèques dans la lecture numérique.

On parle couramment aujourd'hui de livres numériques en Bibliothèque.

Sur les usages et pratiques, on commence à distinguer l'ampleur du phénomène.(cf  la carte recensant plus de 250 bibliothèques concernées par la lecture numérique ) en regardant comment les bibliothèques se sont emparées du phénomène de lecture numérique

En 2003, la bibliothèque de Boulogne-Billancourt montre la voie en mettant en place un service de livres numériques. En 2009/2010, deux bibliothèques ouvrent leur service : La Roche-sur-Yon le 13 novembre 2009, Issy-les-Moulineaux le 10 janvier 2010. La première a intégré des livres de Numilog notamment, la deuxième propose des livres libres de droit (domaine public essentiellement). Le prêt de liseuses est alors en marche. Ce mouvement connaît donc aujourd'hui une forte demande, au point que l'AddnB ( http://addnb.fr ) propose un service de prêt gratuit de liseuses dès janvier 2011.

Mais comment les bibliothèques s'approvisionnent-elles en livres numériques, que ce soient sur leurs supports (liseuses rejointes par les tablettes) ou bien sous forme de téléchargements depuis les portails de bibliothèques  ?

  1. Les approvisionnements et les pratiques & usages

1. Les sources d'approvisionnement avant la loi PLN (prix du livre numérique)

Historiquement, Numilog constitue la première plate-forme ouverte aux bibliothèques.

Son principe  ? Un abonnement fixe, des achats de livres (prêtables un pour un) un espace pour chaque bibliothèque avec statistiques et présentation de la bibliothèque numérique constituée.

Cyberlibris (devenue Bibliovox)imagine une offre différente  : du streaming sur abonnement annuel et sans limitation de consultation.

Puis Publie.net va mettre au point un abonnement en streaming pour l'ensemble de ses titres, sans restriction.

Ces trois plate-formes seront rejointes par une dizaine de projets dont Flexedo, Lekti.net, Histoire, Harmatthèque, ENI,Immateriel, sans que leur recensement fasse l'objet d'une liste. Leurs offres dépendent du bon vouloir des éditeurs qui accordent ou non leur autorisation à atteindre les réservoirs en fonction des transactions financières.

(Sur l'offre actuelle, voir les plate-formes qui ont fait l'objet d'une négociation sur le site de Réseau Carel )

On observe déjà la difficulté pour une bibliothèque publique de gérer plusieurs plate-formes. Et l'absence des libraires dans le dispositif.

2. Tablettes et API

En même temps, les applications sur tablette arrivent  : derrière l'iPad, rapidement, les créateurs s'emparent de la chose écrite et commencent à élaborer des contenus à partir de textes existants ou écrits pour ce nouveau support. Au moins deux systèmes d'exploitation (Apple avec IOS et Google avec Androïd) se partagent le marché, ce qui complique la donne, avec double travail des développeurs.

Mais cette apparition signe le départ de la lecture numérique

3. Tablettes et liseuses en concurrence  ?

Les liseuses deviennent tactiles, connectées et proposent des contenus via des librairies constituées. Bookeen, Kobo (Fnac), Sony et Pocketbook partent sur cette piste. Frontalement, tablettes et liseuses disent capter le marché des lecteurs mais dans un rapport de 1 à 10 : 300 000 liseuses pour 3 millions de tablettes.

C'est alors par des études plus fines qu'on va commencer à parler usages  : «  gros lecteurs  », jeunesse, seniors etc …

4. Usages hybrides et multiples

Aux tablettes succèdent les smartphones, ouvrant la voie aux lectures nomades,

aux connexions permanentes et au partage de ses fichiers entre différents supports. La « pression » sur les bibliothèques ( mais surtout sur les bibliothécaires ) devient plus forte, entraînant un vaste mouvement de réflexion sur la place du numérique, la médiation et in fine, l'organisation future des bibliothèques.

5. Dadvsi, Hadopi et tutti quanti

Depuis 2005, les bibliothécaires se trouvent confrontés à une évolution de la législation : la transposition de la directive européenne pose clairement la question du droit d'auteur à l'aune du numérique. Dans les deux phases de Hadopi, se renforce le sentiment d'une certaine inadéquation temporelle : les usages évoluent plus vite que le cadre réglementaire. Et ce mouvement dépasse largement le champ des établissements de lecture publique.

L'entrée en négociation, fin 2010, du prix du livre numérique ouvre un nouveau champ. La référence européenne complique, tout en garantissant une certaine circulation des biens immatériels.


  1. Le prix unique du livre numérique ou le prix du livre numérique

     

    ecosystèmelivnum_champourlier.jpg

    à comparer à la" chaîne du livre " (remerciements à Christian Fauré)

     

    chainelivre_cFauré.jpg



1. Accélération

Concordance des temps : au moment où la loi va déterminer les conditions d'accès et d'usage, les bibliothèques s'engagent très largement dans le débat sur le livre numérique.

Les tablettes et liseuses ne sont plus seulement approvisionnées par les plate-formes, mais directement auprès des librairies numériques et des libraires.

Plusieurs procédures cohabitent : extraction de plate-formes quand le contrat le permet, achat généralisé de livres en s'appuyant sur la règle DRM (5 copies), généralisation du streaming.

Mais aussi exploration d'autres contenus  : le domaine public, les textes sous licences libres et/ou ouvertes, les créations.

Côté tablettes, aucune contrainte n'est donnée : les applications sont acquises sans droits complémentaires.

La loi PLN (http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000024079563&dateTexte=&categorieLien=id ) entend mettre de l'ordre dans le dispositif, en proposant la voie du contrat. A ce jour, aucune mesure n'est effective réellement.

2.Chaîne de valeur, place des libraires, questions technologiques

Petit à petit, les bibliothèques découvrent l'écosystème du livre numérique, sur un modèle largement copié (en terme de cession de droits) sur le modèle physique.

Frictions nombreuses : prix, notion de prêt, circulation des métadonnées, absence des libraires dans la boucle, questionnements sur les accès (les fameux réservoirs) aux mains des distributeurs et des diffuseurs dont Amazon, Apple, Google.

Cette confrontation ne ralentit pas les expérimentations mais les stimule, tout en freinant la mise en œuvre d'un dispositif clair.

3. Et maintenant ?

Aux côtés des 15 plate-formes existantes, naît un circuit créé par les acteurs traditionnels : libraires et éditeurs. La première brique, le PNB, se veut tiers de confiance dans la transaction. Elle permet de signer contrat entre la bibliothèque et la librairie pour un accès. Les usages restent encore à discuter. Les curseurs anciens (nombre d'abonnés, population, nombre de lectures) ne suffisent pas à évaluer correctement la cession de droits pour la lecture numérique en usage collectif. Les modèles se sont multipliés, une seule réponse devient impossible.

4. Cohabitation des modalités d'accès ?

Ce n'est pas impossible.
Au regard du droit d'auteur (et de son reversement à l'auteur), il paraît incongru de copier le modèle Loi Lang/Loi sur le droit de prêt (et d'ailleurs 22 ans séparent ces deux décisions).

Le chargement des supports appartenant à la bibliothèque ne prive pas l'éditeur si l'on considère qu'on encourage une lecture  »unique  » du livre et non son multiple de manière incontrôlée.

On est loin de la mise à disposition des livres numériques pour tous les lecteurs inscrits/abonnés à une bibliothèque publique. Si tant est que cette lecture va s'élargir à d'autres cercles que les « gros lecteurs ».

C'est donc un double mouvement : découverte de la lecture numérique (et la bibliothèque se donne les moyens de le faire en usant légalement des possibilités des mesures de protection voulues/exigées par les éditeurs) ET des supports numériques encore peu répandus d'une part, volonté enfin exprimée des éditeurs de créer un dispositif incitatif afin de capter l'achat des bibliothèques.

5. Et maintenant ?

Le contrat d'auteur a enfin son texte. Mais le décret de la PLN n'a pas encore livré son mode d'emploi.

La question de l'accès aux ressources s'est élargi, via les élus, aux territoires et non plus seulement aux établissements. Nouvelle interrogation, donc, qui rend plus complexe la transaction mais aussi la légitimise dans le temps.

Au milieu du gué, la création de Réseau Carel donne un point de repère clair côté bibliothèques ( cf recommandations : http://www.reseaucarel.org/page/recommandations-pour-le-livre-numerique-en-bibliotheque-publique ) tout comme Couperin pour les bibliothèques académiques.

L'idée de conclure avant ou au moment du Congrès de l'IFLA à l'été 2014 est avancée, c'est-à-dire un processus finalisé d'accès à l'ensemble des livres numériques sous droits par les bibliothèques publiques. Pourquoi pas ?

L'expérimentation PNB (pour en savoir plus : http://www.reseaucarel.org/pnb et pour connaître le point de vue Carel  : http://www.reseaucarel.org/04102013-1154/l-avis-de-carel-sur-pnb ) – en cours - devra valider à la fois : 

  • la brique logicielle technique qui assure les conditions vertueuses de la transaction des droits en usage collectif,

  • les conditions de négociation, en amont, entre les éditeurs & leurs distributeurs d'une part, et entre les éditeurs et les libraires, lesquels feront les offres aux bibliothèques dans le cadre de marchés publics (complexes ou simples).

 

Mais il faudra tenir compte de l'expertise des bibliothèques qui ont «essayé» le livre numérique, avec des usagers dont l'avis compte, non seulement sur l'offre, mais aussi sur l'environnement «réseaux», sur le lieu même d'échange, sur les manières multiples de lire.

 

Et derrière l'homothtie du texte physique/numérique, arrive la création sur et dans le Web, lue en flux (streaming connecté ou déconnecté), en même temps que se pose la question des livres-applications créés par des éditeurs non reconnus dans leur propre famille.

C'est donc sans doute  sur quatre trames que se déroule l'avenir du livre numérique en bibliothèque :

* le texte «sorti» du livre,

* l'évolution du droit d'auteur ;

* la nomadisation de la lecture ;

* l'irruption du numérique dans la culture.

Vaste chantier.

 

 

10:23 Publié dans BIB, LIRE, livre(s) numérique(s) | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ebook, bibliothèque, library | |  Facebook | | |

mercredi, 07 novembre 2012

Le 334 à l'épreuve des députés (livre numérique - librairies)

* Mais qu'est-ce que le 334 ?

Le programme 334 Livre et industries culturelles a été créé par la loi de Finances 2011. Il comprend deux volets :

- "Livre et lecture a pour objectif de favoriser le développement de la création littéraire, d’encourager la pratique de la lecture et de soutenir la chaîne du livre qui est composée d’intervenants aussi divers que les auteurs, les éditeurs, les libraires ou les bibliothèques."

- "Industries culturelles finance les politiques transversales en faveur du développement des industries culturelles dont le cinéma, le jeu vidéo ou la musique enregistrée et lutte contre le piratage des œuvres culturelles en ligne, par l’intermédiaire d’une autorité publique indépendante".

Que s'est-il passé le 10 octobre 2012  à l'Assemblée nationale ?

 La commission des Affaires culturelles et de l'éducation (ouf)  a examiné le projet de budget 2013. A cette occasion les rapporteurs ont présenté leurs travaux.

On va s'intéresser plus précisément au premier volet : Livre et lecture

* Eléments de langage : "chaîne du Livre", "soutien" , "transition numérique". On s'accroche

Il est frappant de constater que le discours n'a en rien changé depuis de nombreuses années. On sait combien, par exemple, la notion de "chaîne du livre" est inadaptée dans l'univers numérique. Voyons  les nouveaux acteurs faisant partie du processus créatif et décisionnel : les éditeurs numériques "pure player" n'ont pas de statut face au CNL par exemple et donc ne bénéficient d'aucun dispositif d'aide.

On comprend mieux alors les atermoiements maladroits autour de la question des droits d'auteur numérique[s] : la Ministre annonce un prolongement de la mission d'étude mais quel peut être le sens de cette mission qui concerne une relation contractuelle entre l'éditeur et l'auteur, sauf à proposer une consigne rapidement dépassée par les avancées technologiques. ?

Le monde numérique est assez radicalement différent du monde physique : copier l'un sur l'autre ne peut qu'aboutir à des impasses, voire à de sérieux contresens : contournement du domaine public , restriction des droits (pour tous), et n'arrêtera pas le déclin annoncé des librairies.

Et rien sur les réseaux sociaux de lecture, sur les nouveaux e-distributeurs, sur les plateformes innovantes, sur les livres application, ni sur la fonction transmédia du livre. Rien non plus sur les nouvelles cultures numériques, pourtant au coeur des enjeux à venir.

Parle-t'on la même langue ? Il est clair qu'ici le livre physique - l'homothétique étant décrit comme la meilleure représentation physique du livre -  est pensé , encore et toujours, comme l'unique véhicule du savoir

On voit,également,  dans le volet "industries culturelles", combien l'absence des jeux vidéo aux côtés de la musique et de la vidéo est assez significative d'un certain aveuglement.

* Librairies, parlons-en : "une situation préoccupante"

La pression est alors mise sur les librairies , décrites comme "secteur clé de la chaine du livre". Les protagonistes oscillent sans cesse  manière schizophrénique, au  point de mettre les aides à la numérisation délivrées par leCNL dans le rayon Librairie.

LA question qui hante bien des esprits serait plutôt : comment et quand les librairies (et pas seulement les libraires) passeront-elles à l'intégration du numérique dans leurs espaces ? Et quelles relations veulent-elles instaurer avec les e-diffuseurs et e-distributeurs ?

Les protagonistes : Anciens et Modernes  ? A vous de choisir. Citations

Isabelle Attard, députée, secrétaire de la Commission : "Beaucoup reste également à faire sur le lien entre la culture et le numérique"

Marcel Rogemont : "Marcel Rogemont souhaitait aussi exprimer son souci pour le livre" dixit Patrick Bloche. On s'en doutait un peu.

-->  à propos de la mission Lescure /Hadopi

Vincent Feltesse : "la représentation nationale devrait anticiper les décisions en menant, en parallèle de la mission confiée à M. Pierre Lescure, sa propre réflexion"

Patrick Bloche, Président de la Commission, ( ) :"ne me tentez pas trop !"

* Les "scoop" : sortie des indisponibles, aides, commande publique

Indisponibles : " La BnF travaille sur la mise en place d’une base de données de ces œuvres et sélectionne avec les éditeurs celles qui feront l’objet d’une numérisation en 2013."

Dont acte, et en parallèle avec les accords déjà signés par les éditeurs avec d'autres acteurs majeurs de l'Internet ? 

Commande publique :  " rehausser le seuil obligatoire pour recourir à un appel d’offre de 15 000 euros à 50 000 euros, afin que 40 % des achats des bibliothèques puissent s’effectuer sans appel d’offres et bénéficient ainsi aux librairies locales."

Hum oui et pour les livres numériques : quel dispositif ?

* Mais que faut-il en penser ?

Cette lecture des débats est finalement très personnelle. Mais elle révèle des accroches incertaines sur le numérique, pourtant au centre de nombreux débats actuellement.

On sait que le nouvel écosystème aura besoin de régulation.
Soit elle lui sera  imposée par contrainte (par le marché comme ondit) et les pouvoirs publics continueront à parler de "soutien", de "chaîne"  de "situation préoccupante".

Soit on s'appuie sur lui (ce nouvel écosystème) et il y a recherche commune et mutualisée  de pistes adaptées aux usages numériques.

A suivre ...


15:04 Publié dans NOUS | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : librairies, library, librarians, libraires, rogemont, bloche, assemblee nationale, 334 | |  Facebook | | |

jeudi, 27 septembre 2012

LibraryBox : BIBLIOBOX dans la bibliothèque

 

bibliobox_logo.jpg

 Au début est la PirateBox ... et l'association lesplanade (rézo-labo toulousain d'acteurs du numérique qui veulent se retrouver, échanger et porter ensemble des projets autour de la création numérique). Le 3 mai, séance collective d'installation avec 12 PirateBox acquises par les lesplanadeurs. La mise en oeuvre s'inspire de la PirateBox de Lille (tutoriel sur le blog de Nicoles Hachet). Après quelques contorsions codées et moult retours à la case Départ, la PirateBox est opérationnelle fin août.

 

Spécial bibliothèque mobile

bibliobox,piratebox,librarybox,lesplanade,toulouse,bibliothèques,library,salon livre,gaillacIl est entendu pour moi que la PirateBox va devenir LibraryBox. Plus exactement BIBLIOBOX. Car plus destinée à voyager, à se (pro)poser là où seront les lecteurs, qu'à stationner dans un lieu unique ; elle est équipée d'une batterie qui lui donne une autonomie d'environ 5 heures. Elle s'adapte à tous les lieux (avec ou sans alimentation électrique). son contenu peut être actualisé en permanence.

 

 

 

 

 

 

 

Sa deuxième caractéristique a trait à ses contenus libres  : les livres sont créés par une Bibliothèque, ou les lecteurs, ou encore sont mis à disposition parce que d'actualité.

Design

La BIBLIOBOX est mobile. Son enveloppe doit s'adapter à toutes les situations. Le support contient le boîtier PirateBox et la batterie.

BIBLIOBOX

 

 

 

 

 

Ici, à partir d'un coffret grand format faux-livre en bois (qui contenait une bouteille de Cognac et ses 3 verres). Rassurant, voisine correctement avec les encyclopédies.

 

 

 

 

 

 BIBLIOBOX

 Le coffret petit livre de "poche" va partout et voyage  bien. Discret, élégant, il se pose incidemment sur une table, dans une pile de livres, sur un rayonnage ( cote ? )...

 

 

 

 

 

 

 

 

 BIBLIOBOX, lego

Plus techno et culture numérique, la brique géante LEGO s'ouvre comme un cube et cache la BIBLIOBOX. Recommandé pour soirées Geek, FabLab. Peut convenir en espace Jeunesse

 

 

 

 

 

 

 

 

BIBLIOBOX

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 De nombreux voyages sont prévus dans les semaines qui viennent : La Rochelle, Martigues, Bordeaux, Poitiers ...

Et première sortie au salon du Livre de Gaillac le lundi 8 octobre, laquelle Première appelait un design adapté. Ce qui explique que le nom BIBBOX n'ait pas été retenu, BIB étant l'abréviation de BagInBox, appellation déposée.

BIBLIOBOX

  

Libre, gouleyant, fruité, long en bouche ou vif, le livre numérique convient à tous les moments de la journée. Pas de modération.

 

Remerciements appuyés à @postite pour son accueil, @petifred pour son aide et @N00yox pour le logo. 


edit :

liste de PirateBox en bibliothèques

un article dans Bibliopedia


 

mardi, 15 novembre 2011

Amazon_Kindle vs bibliothèques : frissons, fissions, frictions,fictions

 

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 Kindle/Amazon vs bibliothèques : diaboliser ou non ?

 

On parle de bibliothèques équipées de Kindle mises à la disposition des lecteurs. C'est aux USA. Il se dit qu'en France cette hypothèse, finalement, constitue une bonne alternative aux multiples plateformes qui nécessitent autant d'abonnements que de réservoirs. D'autant que que le " lecteur" (liseuse) serait préparé pour accéder sans autre formalité à l'ensemble de l'offre souscrite par la bibliothèque.

Bien évidemment, ça fait frissonner (de plaisir, d'envie, de terreur). 

Loin d'être un adepte des systèmes fermés, je n'adhère donc pas aujourd'hui à une [hypo]thèse qui verrait les Kindle d'Amazon porter la lecture numérique en bibliothèque comme une prestation machines/livres.

Et je reste avec ces cinq interrogations.

1. Quid des libraires ?

Historiquement, nos relations avec les libraires sont fortes : achats, animations, "occupation"  conjointe sur le territoire d'espaces de médiations et de diversité culturelle. Imaginer une distribution de livres numériques sans en parler à son partenaire ? Même s'il renâcle parfois à y venir ?

Et pour les plus avancés, abandon des e-distributeurs/prestataires qui ont tenté avec plus ou moins de succès de rendre le livre numérique accessible en bibliothèque ?

2. Confidentialité/intimité de la lecture

 

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Question des conservations des données de lecture : quelle conformité avec les mesures prévues par la Cnil  : Amazon aurait accès de facto  aux usages de lecture en bibliothèque par le listing des livres consultés  + heures de lecture + passages + localisation et tutti quanti  ( La Cnil encadre précisément ce point dans l'univers du document physique)

mais edit 21 nov 2011 : Virginie Clayssen rapporte les éléments d'éclarcissement sur ce point )

3. Marchés publics.Quel type de marché public ? libraire ou éditeur ou prestataire de services ? En droit français, comment qualifier ce marché public ? Et comment rédiger un appel d'offres qui devrait aboutir à la fois à une prestation de services et à une "livraison" de livres numériques ? Pourquoi alors

4. Accès - indirect sans doute - aux catalogues. Si les bibliothèques intègrent dans les Opac un lien internet vers les livres numériques d'Amazon - c'est vrai que c'est déjà un peu le cas avec les couvertures mais celles-ci peuvent être négociées par des prestataires de SIGB donc plus opaques (sans jeu de mots) -  autrement dit selon qu'on va pointer sur la notice ou sur l'exemplaire, quelle sera la certitude que ces notices ne sont pas "englouties" dans l'univers Amazon ?

5. Question des  financements publics : les éditeurs bénéficient d'un régime d'aides publiques variées. Dont des aides conséquentes à la numérisation. Avec obligation de déclarer son ou ses e-distributeurs. Payer l'accès à des livres numériques via un opérateur qui n'est pas domicilié fiscalement en France, comment on explique ça ?  Et quid de la chaîne vertueuse du livre dans cet écosystème numérique ?

Le débat est ouvert.


edit 17 novembre : http://marlenescorner.net/2011/11/16/pret-debooks-ca-ress...

09:00 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ebook, bibliothèques, kindle, amazon, cnil, library, librarian, bibliothécaires | |  Facebook | | |

vendredi, 30 septembre 2011

livre numérique en bibliothèque : sept réalisations

A défaut de disposer de bouquets pour les lecteurs abonnés, ce qui est une bonne idée, que peut-on faire autour et avec le livre numérique ?

Voici 7 réalisations qui ont été testées à la Bibliothèque de Toulouse en 2010/2011.

1. Mettre en valeur un texte "ancien" numérisé dans le contexte d'une expo

 

dieulafoy, toulouse, perse

C'est l'histoire de Jane Dieulafoy, toulousaine habillée en garçon, qui parcourt la Perse pendant 14 mois en 1881-1882. D'où sort ce projet ? D'une exposition consacrée aux sociétés de géographie et organisée par la Bibliothèque d'étude et du patrimoine (Périgord pour les intimes). Jane  tient le journal de bord de ce périple et le publie (42 chapitres) pendant que Marcel, son mari, fait le travail scientifique. Exhumée de la bibliothèque de l'Université de Columbia, l'histoire devient un feuilleton sur le site Internet de la bibliothèque. Et se met en scène à partir d'un tumblr qui chaque jour donne à voir le voyage selon une ligne éditoriale très simple : dates // "tags" // extrait // lien vers le chapitre (posté sur un feuilletoir). Jane a du talent, de l'humour et observe avec acuité les civilisations qu'elle décrit d'une humeur égale.

septembre/décembre 2011

 --> valoriser les numérisations // accompagner une expo // raconter "une histoire" // amplifier l'expo par un récit historique // apporter un "plus" à l'expo en ligne.

2. Créer un livre numérique à partir d'un concours de nouvelles

paroles de squelettes

"Paroles de squelettes" est une expo du Museum d'Histoire naturelle de Toulouse qui s'est accompagnée d'un concours de nouvelles.  Plus de 50 écrivains ont concouru au Prix. sa remise a été l'occasion d'un échange  très convivial entre auteurs et jury. La sélection retenue s'est accompagnée de la fabrication d'un livre en format epub téléchargeable librement ici . Le partage des tâches entre Bibliothèque et Museum ? A la bibliothèque le soin de créer le fichier epub et de le rendre accessible "proprement".

janvier/juin 2011

--> apprendre à créer un livre numérique // mutualiser les compétences entre deux établissements culturels // diffuser //

 3. Intégrer la présentation de liseuses dans les classes Patrimoine

Tout le monde connaît le principe de la  classe Patimoine. Celle-ci, autour de l'histoire du livre, s'est enrichie de la présentation de liseuses à encre électonique, comme si le parcours de la tablette d'argile à la tablette numérique était linéaire (mais ceux qui lisent François Bon "Après le livre" savent qu'il n'en est rien, ou tout du moins pas tout-à-fait comme ça). Cette introduction apparemment anecdotique permet de faire le pont entre patrimoine écrit ancien et nouveaux usages.

dès octobre 2010

--> actualiser l'histoire du livre //relier patrimoine et numérique //observer ensemble  les usages des générations Y et Z //

4. Prêter des liseuses aux clubs de lecteurs lors des rentrées littéraires

liseuses,

Sur les clubs de lecteurs, on peut avoir des avis différents. Ceux-ci se font une rentrée littéraire chaque année. En 2011, on renouvelle l'opération de 2010 avec le prêt de liseuses sur lesquelles ont été téléchargés les romans (disponibles) et choisis par les clubs. En 2010, 10 titres (sur les 50 demandés, sur les 113 existants en numérique et sur les 701 titres en compétition). Les bibliothèques de quartier se chargent entièrement de l'opération avec les lecteurs abonnés. Ces lectures font l'objet d'un retour par questionnaire. Les résultats ont été publiés sur le site Internet de la Bibliothèque de Toulouse

octobre à décembre 2010

--> expérience de lecture numérique // multiplication des collections //partage des compétences dans les réseaux //

 5. Monter des modules d'accueil Livre numérique / lire dans le futur pour collégiens et lycéens

 Les profs de littérature profitent des programmes scolaires pour introduire des modules Découverte. "Livre numérique" fait partie de Lire dans le futur et est organisé dans la bibliothèque. Chaque année sont accueillis plusieurs groupes, à la demande. Une présentation à l'écran - mise au point par les bibliothécaires du pôle Intermezzo -  retrace les éléments essentiels et tire le fil rouge du livre numérique. Si les tablettes sont disponibles, elles font alors l'objet de manipulations en direct. Commentaires garantis...

depuis décembre  2010

 --> médiation sur le numérique // écoute des usages des générations Y // échanges //

 6. Parler livre numérique dans les salons (du livre ?) du numérique "dans la ville"

novela


cf quand la Novela lit

Cette idée d'aller au-devant des habitants comportait des risques. Pendant 5 jours, collègues et invités présentent les livres numériques aux toulousains : 175 Toulousains accueillis pour 294 démonstrations en octobre  2010. Des contacts, de sindications précieuses sur les usages et beaucoup d'échanges.

octobre 2010

--> impact sur l'image de la bibliothèque // expertises // action hors les murs

7. Prêter un livre ...et recevoir le fichier numérique en retour

alouer_sans_commission.jpg

L'affaire démarre par un message (sur Twitter) : qui  a un bon exemplaire de "A louer sns commission" de Didider Daninckx ?  Une bibliothèque, peut-être ? En effet. Le récit est simple

Il y a du Publie.net là-dessous, mais aussi du travail d'étudiants à Bordeaux.

Affaire conclue ... avec commission : la Bibliothèque reçoit le fichier epub et le met en partage pour tous les collègues.

mars 2011

--> partager sans s'appauvrir // réfléchir à la conservation // plaisir