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jeudi, 18 octobre 2012

La Grande Audience

 


Et le Missionnaire vint dans l'ascenseur...

lescure

 

"Ce fut le mercredi 17 octobre 2012, à 14h48 : au 2 rue de Vivienne, dans le dédale de la galerie, l'ascenseur portait la délégation, rejointe avant la fermeture des portes par la Mission elle-même. Déjà l'audition pointait sous le salut courtois du Missionnaire, en position idéale pour un échange de politesses numériques.

Vint ensuite le temps de Champollion, salle réservée aux auditions, dont le nom prédestinait à des découvertes importantes, voire à l'élaboration d'un langage commun à défaut d'un programme.

Et la caméra tourne

Une fois les microphones testés, des deux côtés des tables et en face à face se créait un dialogue ininterrompu pendant 90 minutes, dont la qualité ne laissait en rien sourdre l'appréhension qui hantait les esprits.

L'ordre de passage avait été pesé. Il fut respecté en tous points, autant que les précieuses minutes accordées à chaque requérant.

D'obscures clartés...

Aux exposés charpentés comme des notices, répondaient les attitudes successivement interrogatives ou dubitatives des hôtes .Parfois, s'échappait un râle inquiet, un sourcil étonné, voire une reculade au fond de la chaise.

On épela les sigles cabalistiques et champollionnesques, tel HATHI TRUST : on vit alors que l'alphabet des biens communs avait fait son usage.

Mais les mots-clés furent les plus appréciés. La frénésie des notes réglait le ballet des engouements soudains pour « licence légale », « l'union des contraires » [presque une tautologie], « la revue de presse 2.0 » ou encore « test en trois étapes ».Au barême des hashtags, on aurait donné la prime aux chiffres, couchés comme du bon pain dans les cahiers. Déridant l'atmosphère, chacun s'employait à citer les exemples navrants des excès du droit, la dictée ou la récitation en classe faisant partie du lot. L'image du grand magasin associé au fouillis des rayons des plateformes numériques produisit un effet formidable sur les esprits. De l'autre côté, on vit quelques nez se tordre aux évocations des transactions de commerce qu'il faudrait bien, un jour, aborder.

La question relative aux sentiments que nous inspirait Hadopi permit de vérifier qu'en effet elle existait encore ; on lui fit donc honneur en n'y répondant pas, comme lorsque qu'on parle d'une grande malade à mots délicats. Le Missionnaire n'en fut pas fâché, à tout le moins il ne le montra point, restant bien au-dessus des contingences qui justifiaient sa Mission.

On donne la question

On convenait, à l'issue des présentations, de poser les questions : elles étaient avisées, et parfois pleines de cette malignité qui fait la qualité des serviteurs de l'Etat. Les réponses fusèrent comme autant d'éléments apparemment spontanés, voilant sous la modestie des gens de culture une certaine rouerie dont l'acquisition remontait à l'ère DADVSI : celle-ci fut d'ailleurs convoquée et provoqua un embarras amnésique qui ne laissa pas d'interroger longtemps après.

On cherchait donc le « mokitu », dont on connaît les vertus purgatives : il dissimule plus sûrement la vérité que n'importe quel voile juridique, mais il est fort utile aux humeurs médiatiques. Il n'y en n'eût point de vraiment remarquables, la séance ne s'y prêtait pas grandement, fort occupée dans le temps imparti à démêler les EBLIDA, IFLA, CAREL et autres COUPERIN.

Mais de nombreuses et brillantissimes démonstrations eurent le bonheur de plaire, les succès revenant assurément aux avalanches des nombres dans l'enseignement et au régime des Exceptions qui fit l'objet d'un implacable réquisitoire.

La réception arrive à sa fin

Il fallut alors conclure malgré l'avalanche de questions. On promit de se revoir, d'échanger les libelles par la voie webienne. Une fois reconduits au pied de l'ascenseur, nous eûmes la désolante impression qu'il était plus facile de monter que de redescendre, et le dos rompu par les sièges fournis par le service du Mobilier, nous mîmes le cap sur l'estaminet le plus proche pour débattre des conclusions à venir. L'idée en fut qu'il convenait de coucher sur les écrans nos déclarations et de les accompagner d'un brève préface.

La séparation fut pénible, tant nos esprits demeuraient emplis par les arguments si beaux et si bien tournés qui avaient fait le bonheur de notre audition et répondu à l'entendement du Missionnaire."


 

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09:54 Publié dans NOUS, WEBIEN | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : hadopi, lescure, iabd, biblioblogosphère | |  Facebook | | |

lundi, 04 octobre 2010

Lorsque l'Iabd paraît, le cercle...

 

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N'ayons pas peur des mots, le lundi 4 octobre 2010 restera comme une date plus que fondatrice dans la galaxie des bibliothèques, services d'archives et de documentation publiques français : la création de l'association IABD... pour Interassociation Archives Bibliothèques Documentation ... décidée par 16 associations professionnelles.

Remplis de A de B de D, les sigles de ces associations aux noms imprononçables cachent une formidable énergie au service de leurs missions de service public [la répétition est volontaire]. Le pari engagé depuis quasiment 2005 était d'imaginer un collectif apte à faire œuvre de propositions constructives chaque fois que le législateur, les pouvoirs publics ou encore les partenaires privés menaçaient les libertés fondamentales de l'accès au savoir et à la connaissance. Dadvsi, puis Hadopi mais aussi Acta, œuvres orphelines, conseil Comité des Sages, commissions Tessier (patrimoine numérique), Prisunic pour ne citer que les plus emblématiques des projets, [je mettrai les liens plus tard, en attendant allez donc voir http://iabd.fr ] ont été l'occasion de forger une culture particulière et collective.

Réjouissante journée qui voit la création d'une association de type fédératif où doit être mise en œuvre une gouvernance spécifique tournée entièrement vers l'efficacité.

L'outil va se rôder, gommant peu à peu les aspérités inutiles, gagnant en efficience. Les dossiers très souvent traités tournaient autour du numérique. La froideur des bits et des pixels a été submergée par de chaleureuses collaborations acquises au prix de nuits d'écriture ingrate (droit, amendements, analyses), de réunions-fleuve, de milliers de mails qui étaient autant de petits cailloux semés sur le chemin.

Trop lyriques pour être vraies – et pourtant, ces phrases disent avec d'autres combien le but atteint est au-delà de la satisfaction des acteurs que nous fûmes : il témoigne de l'extraordinaire vitalité des métiers et des hommes, contre vents et marées.

Et parce qu'il ne le reconnaîtra jamais, je dédie ce billet à Dominique Lahary sans qui rien n'aurait été possible ; sa modestie dût-elle en souffrir, nous lui devons beaucoup, vous lui devez beaucoup, pour son courage, sa clairvoyance, sa maîtrise dialectique habilement dissimulée sous les habits d'une certaine bonhomie. Redoutable bretteur verbal, rédacteur intransigeant, il nous a fait marner mine de rien, et il fait en sorte que l'aventure humaine donne sens à l'action. Michèle, Lionel, Christophe, Gilles, Silvère, Aurélia et beaucoup d'autres peuvent en témoigner.

Assez parlé, au travail : les chantiers ne s'arrêtent pas. Et longue vie à l'IABD

edit 5 oct : le communiqué officiel de l'Iabd

 

21:50 Publié dans BIB, Bib en prospective | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : iabd, bibliothèques, dadvsi, hadopi, acta, prisunic | |  Facebook | | |

lundi, 11 mai 2009

Entendez-vous dans nos campagnes...

Sans revenir sur l'affaire de la déchetterie, le fait d'être dans ces zones blanches où la vitesse de l'escargot est le gabarit des connexions artisanales relativise un peu les aspects "création" de l'Internet. Et permet d'écouter avec d'autant plus d'attention les scories médiatiques autour de la chose.

Hadopi, ou la loi qui aura tout fait : mentir, dénoncer, revenir sur le vote, changer les règles, soulever les passions, exacerber les antagonismes, diviser, égarer...

Quoiqu'il arrive, le vote ne signifiera rien de plus qu'une déroute des esprits, des intelligences, au service de la consommation culturelle, sans même préserver la part du feu qui laisserait, sous la cendre, couver du neuf, de l'imagination, bref de la création y compris dans l'élaboration de la loi.

- Quand Jack vote pour, Jacques s'y oppose. Mais quel rapport avec la gauche ?

- Parce que, "comme toujours, il reviendra aux pouvoirs publics de concevoir et de mettre en œuvre une politique du livre et de la lecture".

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- Nouveaux droits, nouveaux livres ?  nouveau directeur du Livre.

- Et pendant ce temps-là, "on " écrit la suite de "Fascination"  et "on" la publie :http://fr.calameo.com/books/000011893bce3b77f7bc5

- Et pendant ce temps-là, je déballe ma bibliothèque...avec Julien Coupat

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22:58 Publié dans Hadopi | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : hadopi, bibliothèques, yvert benoit, dll | |  Facebook | | |

mardi, 17 mars 2009

Hadopi, Création & Internet et la déchetterie

- Bonjour Monsieur
- bonjour
- hé bé en voilà du papier à mettre dans la benne
- oui je viens m'installer définivement et je fais de la place
- vous venez travailler ici ?
- en fait à Toulouse
- et sans indiscrétion, vous faites quoi ?
- je viens travailler dans les bibliothèques pour aider à développer de nouveaux services avec Internet entre autres
- alors je vais vous poser une question : je paye Internet et à chaque fois on me demande de payer encore pour voir un film et écouter de la musique. mais qu'est-ce que ça veut dire ? On a payé, non ?
- oui, monsieur, mais les droits d'auteur, bla bla bla et la création par les artistes bla bla bla et le piratage bla bla bla
- je ne comprends toujours pas pourquoi je ne peux pas faire ça : Internet ils nous le vendent pour faire tout ça

Autrement dit : comme ici , que de bruit ...

14:49 Publié dans DADVSI | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : hadopi, bibliothèques, déchetterie, création internet | |  Facebook | | |

jeudi, 12 mars 2009

Création et Internet : premier round

Mercredi 11 mars depuis 15 heures : premières interventions à propos du projet de loi Création et Interne, jusque fort tard dans la soirée.
On retiendra entre autres ( sur les propos de la Ministre, lire comment les adresses IP maudites par elle se fabriquent en douce, d'où la photo)

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- Jean Dionis du Séjour, ès expert de la Dadvsi, a mis le doigt là où ça fait mal : loi anti-jeunes, manque de volonté de développer l'accès par des offres de téléchargement légal, louanges de Deezer
- François Brottes : assez offensif sur l'inutilité de sanctionner des dispositifs qui deviendront obsolètes
- Alain Suguenot, favorable au système d'amende et demande à être "convaincu de l'utilité de la loi"
- Patrick Roy se concentre sur la musique. En feuilletant Rock Hard, le député souligne qu'Internet permet la découverte denouveau talents
Jean-Pierre Brard aura joué son rôle de provocateur jusqu'au bout.

Un avis unanime : la loi dadvsi n'a servi à rien.
Petit calcul pour les intervenants de la soirée : la moyenne d'âge est autour de 53 ans. Et à les entendre, tous leurs enfants - véritables otages des partis - leur ont soufflé le bon message avant de venir. Digital natives, à quand une représentation nationale ?

Et à côté, des avis assez tranchés : J Attali, par exemple.
Et pendant ce temps-là, les déclarations incantatoires sur le livre continuent et continuent encore

Les bibliothèques sont bien évidemment concernés par les dispositions de la loi : la recherche de pirates potentiels n'ignorerait pas les lieux publics traditionnellement ouverts à tous.

07:23 Publié dans DADVSI | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : création et internet, hadopi | |  Facebook | | |