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mercredi, 11 juillet 2012

Bonjour Madame, c'est combien le livre numérique ?

Faut-il oser aborder la question du montant de la rémunération des droits sur les livres numériques en usage collectif ?

A l'approche du rendu de l'étude commandée par le SLL et confiée à l'Idate, et à la veille d'une réunion de travail organisée à l'initiative du dit SLL, on peut tenter d'apporter sa pierre.

Les héritages : qu'en faire ?

- Le montage Loi Lang/Loi Droit de prêt (à quand même 22 ans d'intervalle !) assure une situation, insolite certes, mais stable dans les relations entre bibliothèques et auteurs. Le mécanisme géré par la Sofia permet un juste retour des droits vers ces derniers, via les libraires. Le prix du livre n'en a pas été changé (retenons cette remarque au passage), l'effort a été conjoint : bibliothèques et Pouvoirs publics. Et rappelons-le à nouveau, en aucune façon la loi sur le droit de prêt ne contraint la bibliothèque à prêter ses ouvrages dans telles ou telles conditions.

Cette idée d'inclure la rémunération dûe au titre de l'usage collectif dans le prix du livre numérique aura sans doute été prise en compte dans l'étude Idate. Car elle présenterait de nombreux avantages.

A l'objection de la complexité du numérique via ses différents modes de lecture ou de captation, on pourra répondre que justement, les outils d'aujourd'hui permettent de connaître parfaitement ce qui se passe dans la plateforme d'accès. C'est d'ailleurs, pour certains prestataires, ce type d'outils qui permet une répartition des rémunérations entre eux et les éditeurs, sur la base d'un coût au clic de page, par exemple.

Les outils existent pour gérer toute cette chaîne. Ils peuvent faire l'objet d'un véritable protocole de confiance entre acteurs, sur la base d'un descriptif national : que la plateforme soit celle de la bibliothèque, d'un prestataire, voire d'un libraire ou encore d'une collectivité. 

- Les expériences actuelles de services aux bibliothèques ont-elles livré tous leurs arguments ? Au regard des 15 plateformes existantes (et nul doute que l'étude Idate les aura examinées avec tableau comparatif, coût d'accès, qualité de l'offre et volumétrie des ouvrages numériques), les conclusions sont assez mitigées côté bibliothèques, il faut bien le dire.

Nouvelles lectures, nouveaux modes ?

Car qui frappe aujourd'hui le plus, c'est que les bibliothèques souhaitent conserver la possibilité de la multiplicité de la lecture numérique, sans empiler les accès aux plateformes, ni répéter les droits à payer.

Ces attentes tiennent dans une petite poignée de schémas de lectures, [que l'étude Idate etc...] qui peuvent et doivent donner lieu à définitions communes. Cette grille peut alors s'appliquer indifféremment à tout titre numérique sous droits, voire à tout ensemble de titres réunis sous une thématique travaillée par un prestataire.

On objectera que l'accès par "des milliers de lecteurs" doit permettre de revoir à la hausse le coût de l'usage collectif. Merci à l'étude Idate [etc...]  d'apporter les éléments concrets sur les usages de lectures numériques en bibliothèques, grâce aux chiffres obtenus (et corrélés) auprès des prestataires et des bibliothèques.

Les critères Population/nombre d'inscrits sont-ils vraiment pertinents pour déterminer un prix de l'usage collectif ? Oui, peut-être, si l'on considère  l'angle "ressources numériques" partagées par tous. Mais dans des conditions financières telles que paradoxalement, l'accès "illimité" comme on dit, a tendance à tirer vers le bas les montants de contrats. Non, si l'on extrapole ainsi en pensant que TOUS les habitants et TOUS les abonnés d'une bibliothèque vont augmenter leurs capacités de lecture. D'autres paramètres existent, prenons-les en compte

Y a-t'il une autre voie autour du paiement à l'acte ? Les études comparatives (étude Idate etc...) donnent-elles des indications intéressantes ?

Mais qu'attendre de l'étude Idate ? 

Outre les objectifs décrits dans l'appel d'offres initial, la qualité de statut public de l'étude permet d'en attendre plusieurs observations, à partager et à discuter entre acteurs du livre numérique.

- état des lieux des plateformes  :  qualité et quantité de l'offre, table des tarifs et barêmes, nombre de bibliothèques adhérentes, montant des droits reversés aux auteurs, part cédée aux éditeurs, libraires, e-distributeurs, ...

- approche prospective du développement du livre numérique, avec estimation des dépenses des bibliothèques dans les dix ans à venir ;

- estimation du coût d'un dispositif national public, qui permettra à chaque bibliothèque de disposer de l'outil d'accueil des livres numériques,  des compteurs, des autorisations de remontées de flux de onnées et de métadonnées depuis les hubs, voire d'un système commun d'identification, voire d'une ouverture (souhaitée) de la plateforme vers d'autres supports multimédia.

 

Le dossier est loin d'être clos. Mais entre capacité contributive des bibliothèques (réalisme) et attentes de lecteurs (encore un peu de prospective), il faudra bien trouver un chemin qui à la fois prenne en compte le droit à rémunération de la création et  le travail des acteurs du livre numérique d'une part, et les missions de la bibliothèque publique d'autre part, laquelle valorise et documente, en offrant l'accès le plus large possible (mais toujours dans un cadre contractuel) à ses collections.

 

pour info, ce billet est précédé de :

- Le livre numérique en bibliothèque: une petite fable ?

- Les livres numériques dans ta Bib : Où ? Comment ?

- Livre numérique en bibliothèque : idées reçues ...

 

08:25 Publié dans BIB, livre(s) numérique(s) | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ebook, bibliothécaires, bibliotheque hybride | |  Facebook | | |

Le livre numérique en bibliothèque: une petite fable ?

Paru dans le BBF  

bbf 2012 - t. 57, n° 3

dossier : Controverses

"Rachel a 20 ans. Elle ne se sépare jamais de son smartphone, fil essentiel de son existence sociale. Elle téléphone un peu, textoïse beaucoup, maile rarement et lit à l’occasion. Si les textes sont longs, l’ordinateur est sollicité (un netbook le plus souvent). Mais elle n’est jamais dépendante d’un stockage des contenus : elle consulte en ligne et uniquement en ligne, quel que soit le « lieu » de stockage.

La plateforme Bilinum [appelons-la comme cela], elle aime assez. Comme elle s’est identifiée une fois pour toutes, sa bibliothèque perso se charge au gré de ses envies… et des propositions. Non, elle n’achète pas de livres numériques : trop cher. Mais elle ne dit pas non si « on » lui propose ou suggère une lecture.

Avec son compte de base, elle peut voir les livres numériques libres de droits : domaine public, patrimoine des textes numérisés, livres et textes sous licences ouvertes. Déjà de quoi faire !

Elle est abonnée à une bibliothèque : en s’identifiant cette fois-ci avec son compte d’abonnée, elle a accès aux livres numériques qui ont fait l’objet d’un accord entre les éditeurs et sa bibliothèque. Elle ne sait pas bien comment on négocie ça, mais ça marche, puisqu’elle peut « emprunter » 3 livres par mois – 36 par an.

Mais Rachel a ses propres livres (numériques). Elle peut les apporter à Bilinum si elle en a le droit (elle se renseigne) pour les mettre en ligne ou plus simplement en parler sur ses réseaux. Elle a juste donné son accord pour faire ce partage. En fait, elle n’est pas assez fan de lecture pour en parler sans arrêt : « Pas comme Roxane, qui lit comme on dévore et en parle tout le temps et qui, elle, a branché son réseau social de lecture sur Bilinum : ses amis – lecteurs – en veulent toujours plus… »

« Sinon, c’est le blog Biliblog et sa page FB qui racontent, un peu décalé, ce qui arrive sur Bilinum : pas toujours folichon, pointu comme on dit. Ou alors ça va bien avec les exposés, l’actualité. Quand on en est – de Bilinum –, on est reconnu. “Tu es sur Bilinum ?” “Oui, ma prof m’a dit que… mais finalement pas mal.” “C’est gratuit, ça va partout : tu piques une tablette et tu te connectes, c’est bon. Après tu peux continuer sur un ordi, au lycée ou chez toi avec tes marques (j’ai mis des signets et des tags).”

Et, régulièrement, des promos : “Lisez en exclu.” Des fois c’est drôle, d’autres fois très inquiétant. Bon, on n’en fait pas des kilos, juste montrer qu’on n’est pas des ignares, qu’on sait que les livres c’est écrit par des gens qui ont vécu les histoires. Ou imaginé peut-être.

Vivement que Bilinum nous donne des vidéos pareil : des trucs rares ou précieux et même des musiques qu’on ne trouve plus.

Quand tu sais te débrouiller avec Bilinum, tu vas partout : tu peux parler avec l’auteur ou bien l’éditeur, il y a des rencontres dans des endroits assez sympa : tu vois tout le monde les yeux sur son écran pour lire le texte. Et puis tu profites de nouveaux documents : des vidéos sur l’auteur, des interviews ou des critiques et souvent des idées pour lire d’autres livres sur le sujet.

Bon, allez voir Charles : il a tout son temps maintenant et accro comme il dit à l’ordi, il a dû squatter chez vous, à Bilinum, non ? Note qu’il est plutôt bien, il nous laisse la paix, la pax comme il dit (il doit lire plein de trucs en latin, c’est pas possible). Et aussi notre prof Élisa : elle nous a monté un atelier autour de l’affaire Calas de Voltaire: le texte est de 1762, et ça se passe à Toulouse : en gros tu mets tes notes en ligne et ça fait un classique annoté… par nous ; tout le monde peut le voir. »

« Si je vais être écrivain plus tard ? Heu non merci mais je sais comment ça marche ; quoique être publié sur Bilinum, c’est possible et ça vraiment, c’est très classe… »

« C’est quoi un livre numérique ? Je ne sais pas, il y a d’autres livres mais pas toujours facile de les emporter partout. Ils disent qu’on est des nomades de la lecture. Peut-être, en tout cas leurs auteurs hé bien comme ça ils voyagent, ils s’en vont des bibliothèques et des librairies, et ils sont avec nous. »

samedi, 19 août 2006

Algora en débat

Pour celles et ceux qui n'ont pas suivi l'histoire : http://devlinux1.algora.org/

L'étude 2005 sur l'auto-formation en bibliothèques, réalisée par l'ADDNB, a mis en évidence un regain notoire pour ce type d'activités en lecture publique. Soit.
Pendant ce temps-là, Algora devient la victime offerte sur l'autel des complexes applications des lois de décentralisation et tutti quanti.
Pourquoi démanteler un outil qui avait fait ses preuves , au moment même où la nécessité s'en fait le plus sentir ?

15:15 Publié dans Hybridation | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : autoformation, algora, bibliotheque hybride, enfa | |  Facebook | | |

mercredi, 12 juillet 2006

Que lire cet été ?

L'article puissament charpenté de Laure ENDRIZZI publié sur les blogs de l'Urfist devrait suffire à occuper un été raisonnablement chaud et humide.
De cette mousson, il faudra retenir que le postionnement est le mot-clé de la chose : la bibliothèque hybride, lié à la mission des bibliothèques publiques, croisé avec des vellétiés d'éducation.
De ce chaudron, comment sortir par le haut ?

On avait déjà évoqué l'étude Bibliothèques en perspective qui nécessite un décryptage minutieux (ce sera fait cet été). Un retour sur le congrès 2006 de l'ABF ne sera pas inutile.

Du coup, cette longue déclaration d'amour mérite bien une lecture à plusieurs niveaux.

medium_mcLuhanGutenberg-vs-McLuhankotkot.jpg

06:50 Publié dans BIB | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : urfist, bibliotheque hybride, Endrizzi | |  Facebook | | |