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mercredi, 04 juillet 2012

Livre numérique en bibliothèque : idées reçues ...

Le mois de juillet voit se succéder réunions et groupes de travail autour du livre numérique en bibliothèque : sans doute un mouvement dû aux premiers rendus de l'étude confiée à l'Idate. Ces consultations sont peut-être également des tests pour éprouver des modèles économiques autour de l'application du décret de la PULN.

Mais qu'en est-il au fond ?

Les bibliothèques sont intéressées par les livres numériques : VRAI

Au regard des nombreuses expérimentations en cours (liseuses, tablettes, abonnements), on peut dire que les bibliothèques s'intéressent de près au livre numérique. Et plus exactement à la lecture numérique. Elles essaient tous les modes et supports et testent auprès des lecteurs l'intérêt à court et moyen terme. Leurs préoccupations : susciter l'intérêt pour la lecture numérique, faire découvrir, connaître les disponibilités, réfléchir à la médiation, enrichir le livre numérique par un environnement de qualité (voir plus loin : plateforme).

Complément, supplément, suppléance : dans l'organisation de l'accès, le numérique apporte de nombreux avantages. Mais la bibliothèque ne part pas de rien... Elle s'appuie sur son expertise, dialogue avec les éditeurs, les auteurs et les libraires. D'ailleurs, outre les missions des pouvoirs publics (on pense au ministère de la Culture via le SLL et le CNL), des structures associatives (Carel) et régionales (les CRL) pratiquent déjà ces concertations. Elles semblent plutôt habilitées à devenir lieu de débats sur ce sujet.

Le livre numérique est l'avenir des bibliothèques...et donc des éditeurs : VRAI / FAUX

Bibliothèques : pas tout de suite 

Disons que l'offre de livres numériques sous droits est aujourd'hui trop faible pour la mettre en rapport avec les collections des bibliothèques publiques. Avec environ 30 000 livres numériques homothétiques sous droits en format EPUB, il est difficile de constituer des ensembles cohérents et représentatifs dans tous les domaines. D'autant que les éditeurs ne vont pas tous à la même vitesse : si les plus grands avancent à pas plutôt comptés, les moins grands  développent parfois des stratégies plus audacieuses pour proposer une grande partie de leur catalogue. Mais à part quelques ensembles intéressants, le compte n'y est pas encore.

Editeurs : sans doute faux

Les bibliothèques n'achètent pas leurs livres chez les éditeurs ... mais chez les libraires. Lesquels sont en capacité aujourd'hui de proposer un service d'accès aux livres numériques sous droits. Le libraire reste garant de la diversité, il est multi-éditeurs, il parle avec les bibliothécaires et propose une offre adaptée aux publics. Côté médiation, il est un des passeurs nécessaire ; sa production éditoriale peut alors être accessible aux réseaux de bibliothèques et partagée avec elles. Les éditeurs seront donc les bénéficiaires associés au développement du livre numérique en bibliothèque, avec les libraires.

Le livre numérique homothétique représente la majeure partie des livres numériques : FAUX

Disponibilité : autant de livres du domaine public et sous licences libres que de livres sous droits = l'univers de la lecture numérique en bibliothèque est très large. On doit y ajouter les livres non imprimés, la lecture sur le Web (beaucoup plus prometteuse que l'homothétique), les revues et magazines, et enfin les applis Livres enrichis/augmentés. On sait que les textes numérisés de la bibliothèque (fonds anciens et patrimoniaux, par exemple) peuvent devenir des livres plus facilement accessibles. Et on peut penser que le livre numérique homothétique n'est qu'une forme passagère et qu'il sera remplacé à terme par des formes plus dynamiques, plus interactives, plus multimédia.

Les modèles économiques sont l'affaire de tous : FAUX

La Loi PULN confie aux éditeurs le soin de fixer le prix du livre numérique. Le décret prévoit des modalités particulières, qui peuvent être adaptées aux bibliothèques.

Le modèle économique appartient aux éditeurs : les prix fixés doivent refléter, à terme, un équilibre et un profit. En face de ce marché : les capacités des bibliothèques à financer (mais l'étude Idate a-t-elle abordé concrètement ce point ? ). Ce qui ne signifie pas que le livre numérique n'a pas de prix : il doit bien évidemment être fixé en fonction de l'usage et du respect des droits.

Soit c'est dans le contrat (marché public sous toutes ses formes ou procédures adaptées) que sont présentées les propositions, soit émergent des  formes de licences légales nationales qui donnent accès à l'ensemble de la production numérisée pour toutes les bibliothèques publiques.

Plateforme : pour quoi faire ?

Il reste alors aux bibliothèques le chantier de la recherche d'un web service ou d'une plateforme pour mettre à disposition les textes numériques : ce point doit être différencié du prix, car il fait l'objet d'une prestation différente et ne concerne que partiellement les livres sous droits).

C'est la condition nécessiaire pour accompagner le texte numérique  par une valorisation : contextuelle, référencée, reliée aux autres fonds de la bibliothèque, puis relayée sur les réseaux numériques et enfin partagée avec les lecteurs.

Dans le contrat, il y a...

Autrement dit, la discussion porte bien sur le coût de la cession des droits et la rémunération (vers éditeurs - libraires et/ou e-distributeurs) quel que soit le mode de lecture. (--> dans la Loi sur le droit de prêt de 2003, à aucun moment, la bibliothèque n'est contrainte dans l'accès à la lecture : durée, nombre de prêts, publics lecteurs, etc...). La chronodégradabilité, le "un pour un", un nombre limité de lectures, le déchargement sur des supports de lectures numériques proposés aux lecteurs ne peuvent constituer des préalables : ce sont  tout simplement des conditions du contrat que les bibliothèque demanderont ou pas, en fonction de leurs objectifs, de leurs missions et des services mis en place. L'interprétation du décret de la loi PULN prend alors tout son sens, côté bibliothèques : respect des droits, mais aussi coût en fonction des usages.

Un livre numérique en bibliothèque, c'est pour la vie : FAUX

Les collections font sens dans la bibliothèque parce qu'elles sont renouvelées, articulées (d'où la nécessité d'une offre cohérente) et... désherbées. Le numérique n'échappera pas à cette règle, sous peine d'encombrer les étagères numériques et de brouiller la lisibilité des collections. Un ouvrage plus pertinent remplacera l'autre, les achats du moment (actualité, rentrées littéraires, événements) disparaîtront. La vie de la bibliothèque numérique est fonction des choix, des centres d'intérêt, des demandes.

 Le prix unique du livre numérique doit entraîner une normalisation des coûts d'accès : VRAI et FAUX

Les différentes interprofesions se sont longuement exprimées sur cette question. Et cette question est évidemment incluse dans celle, plus large, de l'accès à la culture.

Les bibliothèques publiques n'ont pas - faut-il le rappeler - d'existence juridique : ce sont les collectivités qui créent leurs actes juridiques. Cette responsabilité est à mettre en parallèle avec les compétences teritoriales. A cet égard, le livre numérique, sur un territoire donné, n'intéresse pas que les bibliothèques : les CDI (collèges, lycées), par exemple. Dans ce cadre, la bibliothèque est par excellence le lieu de l'accès public : tous les inscrits ont les mêmes droits.

Le cadre de la Loi est donc compris comme un outil de régulation entre une offre commerciale et un accès pour un usage public. En l'état, la discussion doit être large, elle doit faire place à des essais et accepter que sur le moyen terme les propositions concourent à renforcer l'écosystème du livre numérique tout en élargissant notablement l'accès.

Sur les modalités de calcul, on pourrait avancer de nombreuses hypothèses. Nul doute que l'étude commanditée par le SLL en comportera suffisamment pour engager de fructueuses négociations avec tous les partenaires, ou plus exactement avec les acteurs qui en manifesteront résolument  et collectivement le souhait.

En bref, le livre numérique en bibliothèque peut devenir un formidable accélérateur d'usages, à condition que ce soit un chantier collectif, qui n'ignore rien des spécificités des acteurs de la lecture publique .

lundi, 10 octobre 2011

Ce que je n'ai pas montré au Motif le 4 octobre 2011

Que se passe-t-il entre les bibliothèques et le numérique ? pourquoi ça "coince" ?

Le Motif organisait  le mardi 4 octobre 2011 une journée  consacrée aux expérimentations du numérique en bibliothèque.

Pour diverses raisons, je n'ai pas pu projeter ce montage qui me semble résumer l'état d'esprit de bien des bibliothèques face au numérique.

Merci à la médiathèque de Viroflay pour son accueil.

edit 11 oct : le commentaire de Vincent Monadé sur son blog 

10:19 Publié dans demain, les bibliothèques, livre(s) numérique(s) | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : addnb, numerique, bibliotheques, ebook | |  Facebook | | |

jeudi, 03 juin 2010

Stage et enquêtes : stop !

Ce n'est qu'une demande parmi d'autres. Elle est seulement arrivée au mauvais moment et a fait déborder le vase.

Précisons que la personne n'est pas en cause, mais plus un système pervers où les professionnels sont priés de faire le travail des étudiants avec la bénédiction de leurs profs.

* Voici la demande (j'ai ôté les éléments qui permettaient d'identifier l'établissement):

"Bonjour,

Etudiante en année xxxxxxxxxxxx à xxxxxxxxxxxxxx [métiers du livre], je suis actuellement en stage à la bibliothèque de VXXXXXX. Je réalise mon mémoire de DUT sur la valorisation des services numériques en bibliothèque et aimerais avoir des renseignements sur leprêt de liseuses (le plus rapidement possible).
[le plus rapidement possible, bien sûr]

* Suit une liste de 14 questions
1 - Le prêt de liseuses est-il possible pour la bibliothèque (sous quelles conditions) ?
2 - De quelle(s) marque(s) de liseuses s'agit-il ?
3 - Contiennent-elles déjà des titres de livres (bouquet de base) ?
4 - Combien de temps peut-on les avoir en prêt ?
5 - Peut-on avoir une démonstration d'utilisation pour les bibliothécaires ?
Ateliers de démonstration pour les lecteurs ? (indiquer le tarif si ce service est payant)
6 - Quelles fonctionnalités et avantages peut-on mettre en avant auprès de nos lecteurs quant à leur utilisation ?
7 - Peut-on avoir les tarifs de ces prêts de liseuses (possibilités
d'avoir des devis)
-       prêt d'une liseuse pour une journée ?
-       prêt d'une liseuse pour une semaine ?
-       prêt d'une liseuse pour un mois ?
-       prêt d'une liseuse pour un an
8 - Si on choisit d'opter pour le prêt de plusieurs liseuses y a-t-il
des tarifs préférentiels ? Si oui, lesquels ?
9 - Pouvez-vous m'envoyer par mail un contrat type de prêt de liseuses ?
10 - Que se passe-t-il si le matériel est endommagé par un des lecteurs?
11 - Avez-vous fait des prêts de liseuses pour d'autres bibliothèques ? Si oui, lesquelles ?
12 - Proposez-vous des outils promotionnels en cas de prêt de liseuses ? (flyers, affiches...)
13 - Si l'on souhaite mettre une liseuse en démonstration sur une borne à l'intérieure de la bibliothèque, y a-t-il moyen de l'attacher à cette borne ? Prêtez vous ce type de bornes ?
14 - Y a-t-il des moyens de mettre des antivols sur les liseuses si l'on veut les mettre à disposition au sein d'un espace de la bibliothèque, mais qu'elles n'en sortent pas ?

Merci pour votre collaboration"

[enchanté de cette collaboration]

Ma réponse :

"Merci de votre message

Maintenant j'ai le choix entre deux possibilités :
- soit répondre à votre questionnaire
- soit terminer la préparation de cette opération
J'ai choisi la 2° option.

Ce qui m'amène à dire ceci : j'aurais bien voulu que vous nous donniez un coup de main pour réaliser les questionnaires, les procédures, repérer les infos utiles, réfléchir au lancement, préparer les articles sur le site Internet.
Au niveau où vous êtes rendue, permettez-moi respectueusement de penser que vous devriez être en position d'aider à concevoir des nouveaux services.
Je pense à la future professionnelle que vous allez devenir : bibliothécaire, pas collectionneuse d'études et de sondages sur tel ou tel usage.
J'aurai été un peu direct, je reste à votre disposition (et à celle de vos enseignants).

cordialement,"

09:12 Publié dans livre(s) numérique(s) | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : liseuses, ebooks, métiers du livre, addnb | |  Facebook | | |

vendredi, 29 janvier 2010

29 janvier 2010, une bonne journée

 

2CV_verte.jpg

Bonne journée personnelle que le 29 janvier : j'ai fait une "sortie de grange" (urbaine) d'une 2CV de 1983 qui a fait ses 150 premiers kilomètres entre Toulouse et le Gers ; elle remplace la grise et noire qui avait subi quelques avanies vendéennes. Et pourquoi bouder ces petits plaisirs où l'électronique n'a aucune place ?

 


Bonne journée professionnelle avec un articulet du journal La Croix qui m'a permis d'exprimer (autant que la journaliste a bien voulu ou pu le faire) une position des bibliothèques sur le livre numérique : un manque cruel . Ce qui n'a pas été retenu tient dans six items :

laCroix_titre.jpg

- l'objet technologique (tablette Apple) ne fait pas le livre numérique

- nous sommes attachés (liés) à la diffusion de la connaissance et des savoirs

- les bibbliothèques sont incarnées, et ce sont leur contexte local, social, culturel et leurs collections qui  font sens = les livres numériques viennent compléter et irriguer cela
- le prochain support est le smartphone
- la chaine du livre n'est pas prête
- les bibliothèques créent toujours l'innovation dans la chaine du livre : cette légitimité à  expérimenter est donc de fait.

 

laCroix_articulet.jpg

 

 

 

lundi, 19 janvier 2009

Portail bout-de-ficelle ?

portail.jpg

De retour de Mediadix où j'ai fait le récit de la création d'un portail de bibliothèques (mon intervention est en ligne sur Calaméo), je mesure mieux les écarts toujours trop grands entre les intentions et la réalité.
De multiples obstacles se lèvent quand il s'agit de monter un projet. Le premier est peut-être de vouloir atteindre un "parfait portail" alors que de simples outils assemblés et cohérés permettraient d'apporter le service attendu. Avancer cette idée n'enlève rien aux formations et journées d'étude proposées régulièrement par les organismes de formation et les associations professionnelles. Cela pose la question du portage du projet et de sa méthodologie.
Alors un portail "bout-de-ficelle" plutôt que rien ? Sans aucun doute, si l'on arrive à disposer les outils autour d'une même idée : servir publiquement la cause des bibliothèques, apporter un nouvel espace à la bibliothèque. La performance et l'excellence se situent plus dans la mise en oeuvre d'une démarche que dans le maniement des outils.

--> "Chaque portail n’est qu’une fenêtre de cette communauté. Plus il y en aura, et plus notre communauté aura de fenêtres ouvertes sur le monde." écrit Bernard Majour en réponse à un billet de Bertrand Calenge.

--> "le portail est un espace de la bibliothèque" affirmait Yves Aubin (médiathèque de St Herblain) aux journées d'étude de l'Addnb).