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mardi, 29 juin 2010

Biblio-surveillance

Nouveau concept : la biblio-surveillance.

On trouve ça dans la brève parue sur le site de l'Enssib , laquelle a été abondamment relayée sur les réseaux sociaux. Elle est titrée exactement : " La direction de la BM de Toulouse sous surveillance"

Petite exégèse.

- la "BM de Toulouse n'existe pas" : c'est une BMVR, notion que les membres de l'ADBGV et de l'association ne peuvent ignorer. Soyons précis.

La transparence des communiqués.

- pour l'ADBGV,"limiter le profil d’un directeur de bibliothèque à l’administration et au management, si importants soient-ils, ne peut conduire qu’à la réduction des objectifs et des services proposés". Il y a en ce moment bien des bibliothèques touchés par la "réduction" et pourtant dirigées par des conservateurs. Ne pas oublier que les bibliothèques publiques sont généralement des services de collectivités et soumises, comme les autres, à des règles de gestion, des plans de développement avec objectifs, etc.. On parle ici d 'argent public dont sont comptables les élus; une association en a même fait le thème de son congrès.

- L'Enssib relaie les positions de l'ADBGV et de L'AAEE (Association des anciens élèves de l'enssib). Mais où est le communiqué de l'AAEE ?

- Petite question : pourquoi cette nomination n'a-t-elle pas été annoncée le 7 mai par l'ADBGV  avec les autres nominations de directeurs, dont voici le texte intégral :

"Mutations et nominations de Directeurs

Mutations et nominations de Directeurs à partir du 1er septembre 2010, sont nommés Monsieur Serges Bouffanges à la BMC de Bordeaux, Madame Isabelle Ramon à la BMC de Colmar, Rodolphe Leroy à la BMC Dole, Anne-Françoise Blot à la BMC d'Orléans."

Est-ce à dire que la nouvelle directrice de la BMVR de Toulouse sera "persona non grata" dans cette association  ?

Pourquoi tant de passion ? (corporatisme exclu)

Sans prendre position sur le fond (parce que je n'ai vraiment aucun titre pour le faire, même si j'ai une opinion là-dessus), je sais que selon le code général des collectivités  "le Maire nomme et pourvoit à tous les emplois".

La définition des missions telle qu'on peut la  lire ici n'est pas en contradiction avec la décision. Et à lire le descriptif d'un cycle de  formations proposées par le CNFPT , est mise en avant "la fonction stratégique".

Quant à l'affirmation selon laquelle "un directeur bibliothécaire est plus armé pour comprendre les multiples enjeux de la société de l’information, avec une vision d’ensemble des problématiques liées à l’évolution du monde des bibliothèques et des pratiques culturelles", je laisse à l'Adbgv la responsabilité de cette déclaration. Ayant des yeux pour voir et des oreilles pour entendre, il serait un peu vain de prétendre que la présence de "directeur bibliothécaire" a permis et permettra à toutes les bibliothèques de changer, sans un sérieux coup de main , à l'aune des mutations importantes du contexte culturel actuel.

Cet ostracisme semble bien singulier, même si on peut comprendre combien le corps des conservateurs (Etat ou territoriaux) est surpris de cette décision de nomination.

J'ai déjà donné mon avis sur les rapports collectivités-bibliothèques et sans me draper dans le film autocollant de la vertu, je remercie d'avance celles et ceux qui auront compris que j'essaie de dire que l'essentiel est à la fois ici et ailleurs, autrement dit dans une culture de projets, acceptant qu'à un moment donné - et sans a priori - viennent au secours des bibliothécaires des professionnels mieux équipés en ce moment pour un changement sur un territoire donné. En souhaitant que la biblio-surveillance s'exerce des deux côtés et que dans quelque temps, on fasse un bilan de cette nouvelle expérience de conduite du changement.

Le débat reste ouvert.

A suivre...

edit prémonitoire : le billet de B Calenge Polyvance du bibliothécaire : encore une ambiguïté ?

edit nombreux : le débat est donc ouvert

Apparemment ce billet a ouvert les portes d'une loghorrée abondante, c'est le moins qu'on puisse dire.

- Dans le désordre, A la Toison d'or, pour un billet intitulé " de quoi les bibliothécaires sont-ils des professionnels ? "

- Dindon travesti pour un billet "l'administrateur en BM... quelle histoire !" /

- Des Bibliothèques 2.0 pour un libelle "Pourquoi un administrateur à la direction d'une bibliothèque du'ne BM est une bonne chose"

- Ensuite on passe dans d'autres sphères. Nicomo salue l'arrivée de la nouvelle directrice par un "Bienvenue à Toulouse"  ce qui ne manque pas de piquant quand on sait qu'il y est depuis quelques semaines ; on aura donc hâte de le voir rencontrer la nouvelle directrice pour officialiser son arrivée. Donc Bienvenue à Nicomo :-)

- "Chroniques d'un échec annoncé" du Nombril de Belle Beille revient aux prolégomènes de l'affaire.

edit 5 juillet par Pinitinblog :   Ce dont les bibs ont besoin

 

23:00 Publié dans BIB | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : bibliothèques, toulouse | |  Facebook | | |

vendredi, 04 juin 2010

bibliothécaires : pourquoi la grève ?

On va dire que ça peut faire drôle de parler de ça en plein milieu des affaires 2.0 ou 3.0. Ceux qui n'y voient pas de lien ont du souci à se faire. Et à écrire, ça n'a rien de binaire.

On va dire que ça se passe dans un réseau de bibliothèques en France. Dans cette collectivité, il y a une réforme importante des aménagements des temps de travail, comme le passage de 35 à 37 heures, compensées d'ailleurs par des journées RTT. C'est l'harmonisation, est-il expliqué, tout le monde doit travailer 20 jours sur un cycle de 4 semaine. Tout le monde, ce sont tous les agents de la collectivité. Les bibliothèques, c'est ouverture tous les samedis et tous les dimanches. Alors, les cycles prennent en compte des semaines de 6 jours puis de 4 jours. Bref, depuis longtemps, ça fonctionne comme ça, avec un système  de comptage des heures, des plages variables, des plages fixes, bref rien de bien différent d'autres réseaux.

Et l'annonce du changement, sa rapide mise en oeuvre créent, naturellement, de l'émoi,  des questionnements, voire de l'angoisse. On passe sur les autres mesures comme le paiement des dimanches ou le calcul de congés : cette partie-là est un peu technique, elle est élaborée par des spécialistes, on ne discute pas de ça.

Mais alors de  parle-t'on ? D'un nouveau rythme de travail - harmonisé donc - qui concerne la vie de chacun, là et maintenant, sur son lieu de travail. C'est un lieu singulier, la bibliothèque, espace social, espace culturel où chacun se frotte tous les jours aux fréquenteurs, usagers, abonnés, habitués. Lesquels aussi doivent connaître des changements brusques, on le sent bien, les temps sont durs. Il y a certainement plus difficile comme situation que celle des bibliothécaires, sans doute. Mais cette situation-là, les bibliothécaires la portent devant eux, les usagers, tous les jours et ils angoissent.

Pas seulement parce qu'il va falloir changer, et peut-être ravaler des rêves d'harmonie  (pas harmonisation) pour faire au mieux son travail d'accueil, d'écoute, de conseil, de référence, d'animation. Les conditions changent, c'est décidé ainsi, et elles entraînent du coup d'autres changements.

C'est dans l'air, comme on dit, il y a cette vibration, un bruissement un peu réprobateur. Le sentiment qu'il se perd quelque chose (mais quoi ?) en rapport avec le travail. Pas seulement des libertés ou des facilités acquises (ce qu'on pourrait appeler des conditions estimées assez confortables), non, autre chose, comme le sentiment qu'il y  a un lien (même si ténu) entre le travail, ses "conditions de" et le fait qu'il s'agit de recevoir des habitants, dans cette ville, celle-là dont les élus souhaitent harmoniser plus. Plus, mieux, assez vite, de manière égalitaire peut-être, changer les règles, pour harmoniser.

La grève, elle, se base sur des demandes, des revendications : les postes vacants, un moratoire sur la mise en oeuvre, ce sont des points précis, argumentés. Dans les négociations, on discute de ça, des revendications.

Mais dans l'air, cette chose ténue, elle raconte une autre histoire. Celle de professionnels qui assurent - comme bien d'autres - leurs missions, en y pensant souvent, parce que, là, il n'y a pas d'harmonisation possible : il faut même y penser tout le temps, pour aménager, créer, améliorer le service public.  Les contenus, c'est tout ce qui fait accès au savoir, à la connaissance, à l'information aussi. Et au loisir, pour soi, sa famille. Cette responsabilité-là, à qui est-elle ? A qui devrait-elle revenir ? Les "harmonisateurs" sont bien sûr très occupés, cette partie-là n'est pas dite, en tout cas pas avec la  même urgence, en tout cas pas ressentie comme telle.

Et à un moment donné, il y  a une étincelle . Les revendications + sentir que va échapper la responsabilité = une question de dignité. On dira : "ces cultureux, quand même". C'est pour ça qu'ils sont cultureux, ils pensent en même temps qu'ils font - attention ils ne sont pas les seuls à le faire - mais eux, ils le font devant le public, en permanence, pas derrière des bureaux ou une fois devant les habitants, pour une réunion (attention encore, il y en a beaucoup qui font ça très bien aussi).

Mais l'exposition permanente, non, ils ne connaissent pas tous, ils ne savent pas, dans leur chair, dans la tête ; ça se cache ça derrière les plaisanteries sur les "habitués", ou bien on est fiers de nouveaux services, de nouvelles attitudes. On doute, on expérimente, c'est toujours en direct.

Et quelque part, la, ça ne fonctionne plus. Alors, c'est le blocage, dans les têtes.

Et c'est la grève, pas d'ouverture le dimanche ; le dimanche c'est beaucoup de monde. La décision c'est de débrayer tous les dimanches. Un jour pas comme les autres, pour faire la grève. Un jour où on peut souffler, reprendre ses esprits, comme on dit, se reposer, se calmer, tisser et retisser ses liens familiaux, amicaux, amoureux, ne rien faire. Mais ces dimanches-là, il faudra penser au débrayage, à la grève. A ce qui fait que l'harmonisation ne produit pas pour l"instant de la joie, du plaisir de travail, de la fierté de service public.

En fait cette autre revendication, non écrite, tacite, c'est que le service public ça se fait à trois : des usagers, des élus (qui ne sont pas encore venus) et des agents. Et que chacun doit y participer. Le tacite c'était que chaque partie avait son mot à dire, que ces mots à dire faisaient la qualité du service public.

Et je crois que pour ne pas perdre ça, voire le rappeler aux deux autres parties, les bibliothécaires font grève.

 

07:24 Publié dans BIB | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : grève, bibliothécaires | |  Facebook | | |

jeudi, 03 juin 2010

Stage et enquêtes : stop !

Ce n'est qu'une demande parmi d'autres. Elle est seulement arrivée au mauvais moment et a fait déborder le vase.

Précisons que la personne n'est pas en cause, mais plus un système pervers où les professionnels sont priés de faire le travail des étudiants avec la bénédiction de leurs profs.

* Voici la demande (j'ai ôté les éléments qui permettaient d'identifier l'établissement):

"Bonjour,

Etudiante en année xxxxxxxxxxxx à xxxxxxxxxxxxxx [métiers du livre], je suis actuellement en stage à la bibliothèque de VXXXXXX. Je réalise mon mémoire de DUT sur la valorisation des services numériques en bibliothèque et aimerais avoir des renseignements sur leprêt de liseuses (le plus rapidement possible).
[le plus rapidement possible, bien sûr]

* Suit une liste de 14 questions
1 - Le prêt de liseuses est-il possible pour la bibliothèque (sous quelles conditions) ?
2 - De quelle(s) marque(s) de liseuses s'agit-il ?
3 - Contiennent-elles déjà des titres de livres (bouquet de base) ?
4 - Combien de temps peut-on les avoir en prêt ?
5 - Peut-on avoir une démonstration d'utilisation pour les bibliothécaires ?
Ateliers de démonstration pour les lecteurs ? (indiquer le tarif si ce service est payant)
6 - Quelles fonctionnalités et avantages peut-on mettre en avant auprès de nos lecteurs quant à leur utilisation ?
7 - Peut-on avoir les tarifs de ces prêts de liseuses (possibilités
d'avoir des devis)
-       prêt d'une liseuse pour une journée ?
-       prêt d'une liseuse pour une semaine ?
-       prêt d'une liseuse pour un mois ?
-       prêt d'une liseuse pour un an
8 - Si on choisit d'opter pour le prêt de plusieurs liseuses y a-t-il
des tarifs préférentiels ? Si oui, lesquels ?
9 - Pouvez-vous m'envoyer par mail un contrat type de prêt de liseuses ?
10 - Que se passe-t-il si le matériel est endommagé par un des lecteurs?
11 - Avez-vous fait des prêts de liseuses pour d'autres bibliothèques ? Si oui, lesquelles ?
12 - Proposez-vous des outils promotionnels en cas de prêt de liseuses ? (flyers, affiches...)
13 - Si l'on souhaite mettre une liseuse en démonstration sur une borne à l'intérieure de la bibliothèque, y a-t-il moyen de l'attacher à cette borne ? Prêtez vous ce type de bornes ?
14 - Y a-t-il des moyens de mettre des antivols sur les liseuses si l'on veut les mettre à disposition au sein d'un espace de la bibliothèque, mais qu'elles n'en sortent pas ?

Merci pour votre collaboration"

[enchanté de cette collaboration]

Ma réponse :

"Merci de votre message

Maintenant j'ai le choix entre deux possibilités :
- soit répondre à votre questionnaire
- soit terminer la préparation de cette opération
J'ai choisi la 2° option.

Ce qui m'amène à dire ceci : j'aurais bien voulu que vous nous donniez un coup de main pour réaliser les questionnaires, les procédures, repérer les infos utiles, réfléchir au lancement, préparer les articles sur le site Internet.
Au niveau où vous êtes rendue, permettez-moi respectueusement de penser que vous devriez être en position d'aider à concevoir des nouveaux services.
Je pense à la future professionnelle que vous allez devenir : bibliothécaire, pas collectionneuse d'études et de sondages sur tel ou tel usage.
J'aurai été un peu direct, je reste à votre disposition (et à celle de vos enseignants).

cordialement,"

09:12 Publié dans livre(s) numérique(s) | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : liseuses, ebooks, métiers du livre, addnb | |  Facebook | | |

lundi, 31 mai 2010

livre numérique : avant après

Il peut sembler plus que désuet d'envisager de passer une partie de cette journée  à mettre au point un service de prêt de liseuses pour des bibliothèques volontaires et adhérentes physiques à une association réelle. C'est pourtant ce que je vais faire.

Qualifiée de préhistorique, parce qu'elle commence il y a deux ans, autant dire une vie de révolution numérique,  cette démarche reste tellement anecdotique que l'arrivée de tablettes dans les bibliothèques en est encore à ses balbutiements : Angers, la Roche-sur-Yon, la BDP de la Meuse, quelques autres encore.

Et donc en quoi l'arrivée d'une tablette tactile, connectée pourrait-elle changer la donne ? En ouvrant grands les réservoirs de livres numériques ? Mais quelle bibliothèque sait aujourd'hui les mettre à diposition de ses lecteurs ( livres sous droits) ? Et quelle bibliothèque sait acheter des livres numériques (sous droits) ?

L'avant / l'après n'est donc pas la sortie médiatique d'un support, aussi tentant soit-il (fût-il).

L'avant / l'après :

- quand le service d'accès sera existera pour les bibliothèques, ouvert largement, en quantité comme en qualité

- quand les bibliothécaires auront intégré le numérique comme une chance, une inestimable opportunité d'augmenter leurs références et de les avoir mis à disposition de qui en a besoin

- quand les bibliothèques en réseau articuleront intelligemment avec les autres acteurs des accès leurs expertises différentes mais complémentaires

- quand l'expérimentation publique deviendra un mode légitime de progrès mutualisé et mutualisable.

En attendant ...

lundi, 17 mai 2010

livres numériques ascensionnels

Premier étage d'une fusée qu'on souhaite enfin prête à décoller : les éditeurs font union sur la mise à disposition de livres numériques. Ce qui permettra aux libraires de proposer une offre enfin cohérente.

fusee_tintin.jpg

Premier étage, parce qu'on en verrait bien un deuxième : l'accès à un service de livres numériques pour bibliothèques, assorti de tout l'arsenal imposé des droits.

Ce service devra correspondre à deux préoccupations :

- assurer un large accès au livre numérique auprès des abonnés (le modèle un livre numérique acheté - un livre numérique "prêté"  va devoir disparaître), ce qui suppose en effet une bibliothèque numérique représentative des collections, fonds, actualités (et donc pas seulement patrimoniale),

- garantir les droits légitimes des uns et des autres.

Tout est dans l'équilibre entre ces deux demandes. Mais cet équilibre demande une gestion paritaire intelligente, c'est-à-dire une négociation toutes parties prenantes. En rappelant que l'accès au service doit être neutre et libre. Du coup les autres propositions vont-elles passer à la trappe ?

Aldus, veilleur attentif, a annoncé la nouvelle. Le communiqué est chez epagine.

Nota : mais d'autres pistes déjà...

- un point de vue prochedu communiqué,  chez izibook

- celle de l'édition électronique, pistée par Marin Dacos et Pierre Mounier dans ce billet ;

- la position de l'Iabd à  travers ces interventions, et communiqués et les commentaires à la suite de la table ronde du 28 avril 2010 au Sénat.