mercredi, 16 février 2011
Avant pendant après la loi PULN Prisunic
Toute cette agitation (au sens quasi chimique du terme) autour de la proposition de loi dite PULN ( Prix Unique du livre) ou Prisunic en langage plus trivial fait remonter des abysses des peurs, des craintes mais finalement des espoirs.
Sans revenir sur le versant législatif et juridique de la chose, dont les tenants ont été analysés par l'IABD (en détail cette déclaration et encore ces amendements) et soutenant pleinement cette position, je vois que l'ébullition finalement a le mérite de clarifier la situation.
Dire que le livre numérique en France est dans une position difficile n'a rien d'inconvenant. Le système d'accès parcellisé entre plusieurs e-distributeurs rend assez opaque sa visibilité, les DRM compliquent à souhait les téléchargements, l'indigence actuelle de l'offre déçoit. C'est le début, dit-on, attendez, vous allez voir.
Ce qu'on voit c'est une séance d'Assemblée nationale digne des débats et votes de la Dadvsi en 2005 avec un bâclage remarquable. Les lobbies (ne soyons pas naïfs) avaient un peu préparé le terrain. Soit.
Là-dessus, l'AFP elle-même annonce le vote de la loi : nenni, une navette vers le Sénat s'impose. La promulgation serait autour de mai 2011.
Passant là-dessus, et si on retournait aux fondements mêmes ? Le livre numérique pour une bibliothèque fait partie d'une nouvelle approche d'accès (au savoir, à la connaissance). Pourquoi cet accès n'est-il pas partie intégrante du prix, fixé, rappelons-le par l'éditeur ?
Dire que les bibliothèques ne veulent pas payer est un mauvais procès. Avant la loi, on en parlait déjà et les pionniers ont pris les abonnements aux plateformes et services disponibles. Pendant la loi, ça continue, les recherches, les essais, parce que les dispositifs ont besoin d'être améliorés.
Et après la loi, quoiqu'il arrive, les bibliothèques seront présentes sur ce terrain.
On pourrait dire que lier le prix à la mission est un grossier amalgame. On pourait dire aussi que le livre numérique n'est pas qu'un prix et que parfois, souvent ou à égalité il est disponible dans des formats ouverts et libres parce que les droits d'auteur sont échus. Et ceux-là nous intéressent, dans cet ensemble de culture numérique ouverte. Et se tourner vers ce gisement sera peut-être (sans doute) un sacré échappatoire. Parce que l'Etat a failli sur ce dossier, parce que les 11 millions de lecteurs sauront tous pourquoi les bibliothèques ne proposeront pas de ces livres numériques homothétiques (et les autres?) si les conditions d'accès ne sont pas réunies. Parce que quelque part aujourd'hui, il y a besoin de comprendre comment se créent les champs numériques du savoir et d'y participer avec autre chose qu'un bon de commande administratif.
Finalement, la bonne leçon de Prisunic est peut-être celle-là : bibliothécaires, partez à la découverte des ressources numériques disponibles, créez-en de nouvelles, parlez-en avec les "gens", promouvez les littératures nouvelles, singulières (il y a des éditeurs qui sont prêts à le faire et qui le font).
Quand les territoires numériques commenceront à coïncider avec ces nouveaux territoires de vie, les offres "en l'air" seront bien moins attrayantes. Tant pis pour le marché. Tant mieux pour la culture.
18:25 Publié dans BIB, Bib en prospective, livre(s) numérique(s) | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
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mardi, 05 octobre 2010
Quand la Novela lit

Au mitan de la Novela versant « «ville numérique », et avant le débat central du mercredi, racontons l'aventureuse équipée des liseuses dans la Novela. Sur un stand plutôt cosy aux couleurs éclatantes et quasi patriotiques, le livre numérique attire visiteurs « amateurs » pour une série de rencontres dont l'informel le dispute au propos didactique. Les toulousains viennent parler de ce qui leur tient à cœur : la lecture de livres numériques sur des supports bien différents tels que liseuses à encre électronique (Opus de Bookeen), tablette tactile ( iPad), smartphones ( Androïd et iPhone) ou encore ordinateur connecté à un grand écran.
Premier constat : tous les échanges sont plus que sympathiques, très riches en échanges, voire en proposition de projets. La discussion tourne autour de questions curieuses et de réflexions pertinentes. Petits et grands essaient, lisent, manipulent écoutent également les explications que sont à même de leur donner les bibliothécaires, et l'équipe de ebouqin venus en renfort.
Deuxième observation : beaucoup de monde finalement, pour une manifestation pas si grand public que cela : pour sa deuxième édition, la Novela a gagné en cohérence, certes, mais en un jour de grand soleil, - et de manifestation, les choix peuvent être divergents...
Troisième analyse et peut-être la plus frappante : la vitalité des échanges sur place avec quantité d'acteurs et partenaires du numérique ouverts à la lecture numérique, parce que concernés quelque part par ce défi. Ces discussions transversales ont constitué un sacré moteur qui démontre que finalement, les bibliothécaires hors les murs en avaient à dire aux « gens du numérique ».
Les manip complètement expérimentales (écriture de notes collectives sur iPad / étude de projets d'écriture et de lecture numérique / demande des liseuses pour des groupes) ont donc fait voler en éclat (petits éclats certes) l'image engoncée autour de l'odeur du papier et du bruit des pages qu'on tourne.
A suivre mercredi 6 octobre : un passionnant débat qui devrait produire une problématique nouvelle sur les relations entre acteurs de la chaîne du livre (gardons cette appellation). On en reparlera.
(remerciements appuyés à Clément et Alexis de ebouquin.fr pour leur disponibilité et leurs effarantes compétences
10:17 Publié dans à lire sans papier, BIB, Bib en prospective, livre(s) numérique(s) | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
| Tags : ebook, e-book, livres numériques, bibliothèques, ebouquin |
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lundi, 04 octobre 2010
Lorsque l'Iabd paraît, le cercle...

N'ayons pas peur des mots, le lundi 4 octobre 2010 restera comme une date plus que fondatrice dans la galaxie des bibliothèques, services d'archives et de documentation publiques français : la création de l'association IABD... pour Interassociation Archives Bibliothèques Documentation ... décidée par 16 associations professionnelles.
Remplis de A de B de D, les sigles de ces associations aux noms imprononçables cachent une formidable énergie au service de leurs missions de service public [la répétition est volontaire]. Le pari engagé depuis quasiment 2005 était d'imaginer un collectif apte à faire œuvre de propositions constructives chaque fois que le législateur, les pouvoirs publics ou encore les partenaires privés menaçaient les libertés fondamentales de l'accès au savoir et à la connaissance. Dadvsi, puis Hadopi mais aussi Acta, œuvres orphelines, conseil Comité des Sages, commissions Tessier (patrimoine numérique), Prisunic pour ne citer que les plus emblématiques des projets, [je mettrai les liens plus tard, en attendant allez donc voir http://iabd.fr ] ont été l'occasion de forger une culture particulière et collective.
Réjouissante journée qui voit la création d'une association de type fédératif où doit être mise en œuvre une gouvernance spécifique tournée entièrement vers l'efficacité.
L'outil va se rôder, gommant peu à peu les aspérités inutiles, gagnant en efficience. Les dossiers très souvent traités tournaient autour du numérique. La froideur des bits et des pixels a été submergée par de chaleureuses collaborations acquises au prix de nuits d'écriture ingrate (droit, amendements, analyses), de réunions-fleuve, de milliers de mails qui étaient autant de petits cailloux semés sur le chemin.
Trop lyriques pour être vraies – et pourtant, ces phrases disent avec d'autres combien le but atteint est au-delà de la satisfaction des acteurs que nous fûmes : il témoigne de l'extraordinaire vitalité des métiers et des hommes, contre vents et marées.
Et parce qu'il ne le reconnaîtra jamais, je dédie ce billet à Dominique Lahary sans qui rien n'aurait été possible ; sa modestie dût-elle en souffrir, nous lui devons beaucoup, vous lui devez beaucoup, pour son courage, sa clairvoyance, sa maîtrise dialectique habilement dissimulée sous les habits d'une certaine bonhomie. Redoutable bretteur verbal, rédacteur intransigeant, il nous a fait marner mine de rien, et il fait en sorte que l'aventure humaine donne sens à l'action. Michèle, Lionel, Christophe, Gilles, Silvère, Aurélia et beaucoup d'autres peuvent en témoigner.
Assez parlé, au travail : les chantiers ne s'arrêtent pas. Et longue vie à l'IABD
edit 5 oct : le communiqué officiel de l'Iabd
21:50 Publié dans BIB, Bib en prospective | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : iabd, bibliothèques, dadvsi, hadopi, acta, prisunic |
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lundi, 31 mai 2010
livre numérique : avant après
Il peut sembler plus que désuet d'envisager de passer une partie de cette journée à mettre au point un service de prêt de liseuses pour des bibliothèques volontaires et adhérentes physiques à une association réelle. C'est pourtant ce que je vais faire.
Qualifiée de préhistorique, parce qu'elle commence il y a deux ans, autant dire une vie de révolution numérique, cette démarche reste tellement anecdotique que l'arrivée de tablettes dans les bibliothèques en est encore à ses balbutiements : Angers, la Roche-sur-Yon, la BDP de la Meuse, quelques autres encore.
Et donc en quoi l'arrivée d'une tablette tactile, connectée pourrait-elle changer la donne ? En ouvrant grands les réservoirs de livres numériques ? Mais quelle bibliothèque sait aujourd'hui les mettre à diposition de ses lecteurs ( livres sous droits) ? Et quelle bibliothèque sait acheter des livres numériques (sous droits) ?
L'avant / l'après n'est donc pas la sortie médiatique d'un support, aussi tentant soit-il (fût-il).
L'avant / l'après :
- quand le service d'accès sera existera pour les bibliothèques, ouvert largement, en quantité comme en qualité
- quand les bibliothécaires auront intégré le numérique comme une chance, une inestimable opportunité d'augmenter leurs références et de les avoir mis à disposition de qui en a besoin
- quand les bibliothèques en réseau articuleront intelligemment avec les autres acteurs des accès leurs expertises différentes mais complémentaires
- quand l'expérimentation publique deviendra un mode légitime de progrès mutualisé et mutualisable.
En attendant ...
19:23 Publié dans à lire sans papier, BIB, Bib en prospective, Hybridation, La recommandation, LIRE, livre(s) numérique(s) | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
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mercredi, 28 avril 2010
Numérique dans le train des sénateurs
Il est cette fois très inexact de taxer les Sénateurs de lenteur. les choses numériques les passionnent et malgré l'aspect formel de cette table ronde, il faut noter qu'on aura entendu toutes les voix de la chaîne. Les récits en retour ne correspondent pas tout-à-fait à ce que j'ai entendu, comme ici, ou là, ce dernier étant notoirement incomplet.

Des 16 ou 17 interventions, que retenir ?
1. il semble que la répartition du Grand Emprunt est décidée
2. une projet de loi sur le prix unique du livre homothétique a reçu la bénédiction générale.
3. la dimension européenne s'affirme.
4. Livre numérique homothétique : ques aco ? la reproduction du livre papier au plus près. Son prix unique s'entend comme UN prix atrtribué à ce livre-là.
5. A noter la présentation par Bruno Racine (BnF) des hypothèses de travail. des trois modèles décrits par lui : Google, subvention, corpus payant, aucune, dit-il ne correspond au Grand Emprunt. Les initiés comprendront, les éditeurs également.
6. Inviter des industriels de la chaîne numérique a été bénéfique : il existe donc des alternatives ! ET certaines présentent peut-être l'avantage de prendre en compte une valorisation réelle des documents numérisés.
7. Marc Tessier revient sur les suites de son rapport et reconnaît que le paysage a changé. L'idée d'une plateforme reste d'actualité mais il insiste par ailleurs sur les deux entrées : un moteur de recherche et de grands sites francophones, exhasutifs et indexables sans exclusivité. Il faut donc "jouer collectif".
Quelques bons mots aussi : citations littéraires, réactions de J Ralite, enthousiasme communicatif de JN Jeanneney, et in fine, le dernier mot au représentant de Google France. Mais quel sens peut avoir cet acte, peut-être pas si manqué ?
revoir la séance : http://www.publicsenat.fr/emissions/seance/table-ronde-qu...
notes tweet : http://twitter.com/mercurekotkot ou #senat
edit 2 mai
billet de Parapominènes : http://paralipomenes.net/wordpress/archives/988
chez Non-fiction : http://www.nonfiction.fr/article-3361-quel_avenir_pour_le...
les positions de l'IABD : http://iabd.fr/spip.php?article99
22:10 Publié dans BIB, Bib en prospective, livre(s) numérique(s) | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
| Tags : sénat, livre numérique, ebook, e-book, paralipomènes, iabd |
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