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vendredi, 30 septembre 2011

livre numérique en bibliothèque : sept réalisations

A défaut de disposer de bouquets pour les lecteurs abonnés, ce qui est une bonne idée, que peut-on faire autour et avec le livre numérique ?

Voici 7 réalisations qui ont été testées à la Bibliothèque de Toulouse en 2010/2011.

1. Mettre en valeur un texte "ancien" numérisé dans le contexte d'une expo

 

dieulafoy, toulouse, perse

C'est l'histoire de Jane Dieulafoy, toulousaine habillée en garçon, qui parcourt la Perse pendant 14 mois en 1881-1882. D'où sort ce projet ? D'une exposition consacrée aux sociétés de géographie et organisée par la Bibliothèque d'étude et du patrimoine (Périgord pour les intimes). Jane  tient le journal de bord de ce périple et le publie (42 chapitres) pendant que Marcel, son mari, fait le travail scientifique. Exhumée de la bibliothèque de l'Université de Columbia, l'histoire devient un feuilleton sur le site Internet de la bibliothèque. Et se met en scène à partir d'un tumblr qui chaque jour donne à voir le voyage selon une ligne éditoriale très simple : dates // "tags" // extrait // lien vers le chapitre (posté sur un feuilletoir). Jane a du talent, de l'humour et observe avec acuité les civilisations qu'elle décrit d'une humeur égale.

septembre/décembre 2011

 --> valoriser les numérisations // accompagner une expo // raconter "une histoire" // amplifier l'expo par un récit historique // apporter un "plus" à l'expo en ligne.

2. Créer un livre numérique à partir d'un concours de nouvelles

paroles de squelettes

"Paroles de squelettes" est une expo du Museum d'Histoire naturelle de Toulouse qui s'est accompagnée d'un concours de nouvelles.  Plus de 50 écrivains ont concouru au Prix. sa remise a été l'occasion d'un échange  très convivial entre auteurs et jury. La sélection retenue s'est accompagnée de la fabrication d'un livre en format epub téléchargeable librement ici . Le partage des tâches entre Bibliothèque et Museum ? A la bibliothèque le soin de créer le fichier epub et de le rendre accessible "proprement".

janvier/juin 2011

--> apprendre à créer un livre numérique // mutualiser les compétences entre deux établissements culturels // diffuser //

 3. Intégrer la présentation de liseuses dans les classes Patrimoine

Tout le monde connaît le principe de la  classe Patimoine. Celle-ci, autour de l'histoire du livre, s'est enrichie de la présentation de liseuses à encre électonique, comme si le parcours de la tablette d'argile à la tablette numérique était linéaire (mais ceux qui lisent François Bon "Après le livre" savent qu'il n'en est rien, ou tout du moins pas tout-à-fait comme ça). Cette introduction apparemment anecdotique permet de faire le pont entre patrimoine écrit ancien et nouveaux usages.

dès octobre 2010

--> actualiser l'histoire du livre //relier patrimoine et numérique //observer ensemble  les usages des générations Y et Z //

4. Prêter des liseuses aux clubs de lecteurs lors des rentrées littéraires

liseuses,

Sur les clubs de lecteurs, on peut avoir des avis différents. Ceux-ci se font une rentrée littéraire chaque année. En 2011, on renouvelle l'opération de 2010 avec le prêt de liseuses sur lesquelles ont été téléchargés les romans (disponibles) et choisis par les clubs. En 2010, 10 titres (sur les 50 demandés, sur les 113 existants en numérique et sur les 701 titres en compétition). Les bibliothèques de quartier se chargent entièrement de l'opération avec les lecteurs abonnés. Ces lectures font l'objet d'un retour par questionnaire. Les résultats ont été publiés sur le site Internet de la Bibliothèque de Toulouse

octobre à décembre 2010

--> expérience de lecture numérique // multiplication des collections //partage des compétences dans les réseaux //

 5. Monter des modules d'accueil Livre numérique / lire dans le futur pour collégiens et lycéens

 Les profs de littérature profitent des programmes scolaires pour introduire des modules Découverte. "Livre numérique" fait partie de Lire dans le futur et est organisé dans la bibliothèque. Chaque année sont accueillis plusieurs groupes, à la demande. Une présentation à l'écran - mise au point par les bibliothécaires du pôle Intermezzo -  retrace les éléments essentiels et tire le fil rouge du livre numérique. Si les tablettes sont disponibles, elles font alors l'objet de manipulations en direct. Commentaires garantis...

depuis décembre  2010

 --> médiation sur le numérique // écoute des usages des générations Y // échanges //

 6. Parler livre numérique dans les salons (du livre ?) du numérique "dans la ville"

novela


cf quand la Novela lit

Cette idée d'aller au-devant des habitants comportait des risques. Pendant 5 jours, collègues et invités présentent les livres numériques aux toulousains : 175 Toulousains accueillis pour 294 démonstrations en octobre  2010. Des contacts, de sindications précieuses sur les usages et beaucoup d'échanges.

octobre 2010

--> impact sur l'image de la bibliothèque // expertises // action hors les murs

7. Prêter un livre ...et recevoir le fichier numérique en retour

alouer_sans_commission.jpg

L'affaire démarre par un message (sur Twitter) : qui  a un bon exemplaire de "A louer sns commission" de Didider Daninckx ?  Une bibliothèque, peut-être ? En effet. Le récit est simple

Il y a du Publie.net là-dessous, mais aussi du travail d'étudiants à Bordeaux.

Affaire conclue ... avec commission : la Bibliothèque reçoit le fichier epub et le met en partage pour tous les collègues.

mars 2011

--> partager sans s'appauvrir // réfléchir à la conservation // plaisir

 

 

lundi, 21 février 2011

Lecteurs et livres numériques

La Bibliothèque de Toulouse commence à publier les sorties de questionnaires qui étaient dans le protocole d'expérimentation des livres numériques et des liseuses.

Ce travail a commencé en avril 2010 et s'est prolongé jusqu'en décembre à travers plusieurs groupes tests qui ont touché aussi bien les bibliothécaires que les acteurs de la chaîne du livre (éditeur, libraire, centre de coopération du livre.

Sortie brute que chacun pourra analyser à l'aune de ses propres critères. Mais on retiendra que les opinions sont moins tranchées qu'on ne le dit généralement dans les bonnes feuilles; l'antagonisme papier/numérique ne résiste pas trop à la pratique. Toutes les catégories de testeurs donnent des avis quasi convergents sur toutes les questions posées.

Cette première série sera suivie de deux autres qui auront à traiter des rapports des lecteurs avec la liseuse à encre électronique (modèle Opus de Bookeen) et des opérations de téléchargements.

Sachant que l'Addnb est engagée dans un prêt de liseuses aux bibliothèques adhérentes, on pourra comparer ces résultats et les commenter rapidement.

Peut-être le début d'une base de données d'observations qui manque vraiment.

Et du coup monter d'un étage pour commencer à bâtir un processus d'appropriation en bibliothèque.

On en parlera pour la première fois à Montauban (82) lors de la journée consacrée au livre numérique. Laquelle devrait aussi faire d'autres annonces pour de nouvelles expérimentations en bibliothèque.

 

mercredi, 16 février 2011

Avant pendant après la loi PULN Prisunic

Toute cette agitation (au sens quasi chimique du terme) autour de la proposition de loi dite PULN ( Prix Unique du livre) ou Prisunic en langage plus trivial fait remonter des abysses des peurs, des craintes mais finalement des espoirs.

Sans revenir sur le versant législatif et juridique de la chose, dont les tenants ont été analysés par  l'IABD (en détail cette déclaration et encore ces amendements) et soutenant pleinement cette position,  je vois que l'ébullition finalement a le mérite de clarifier la situation.

Dire que le livre numérique en France est dans une position difficile n'a rien d'inconvenant. Le système d'accès parcellisé entre plusieurs e-distributeurs rend assez opaque sa visibilité, les DRM compliquent à souhait les téléchargements, l'indigence actuelle de l'offre déçoit. C'est le début, dit-on, attendez, vous allez voir.

Ce qu'on voit c'est une séance d'Assemblée nationale digne des débats et votes de la Dadvsi en 2005 avec un bâclage remarquable. Les lobbies (ne soyons pas naïfs) avaient un peu préparé le terrain. Soit.

Là-dessus, l'AFP elle-même annonce le vote de la loi : nenni, une navette vers le Sénat s'impose. La promulgation serait autour de mai 2011.

Passant là-dessus, et si on retournait aux fondements mêmes ? Le livre numérique pour une bibliothèque fait partie d'une nouvelle approche d'accès (au savoir, à la connaissance). Pourquoi cet  accès n'est-il pas partie intégrante du prix, fixé, rappelons-le par l'éditeur ?

Dire que les bibliothèques ne veulent pas payer est un mauvais procès. Avant la loi, on en parlait déjà et les pionniers ont pris les abonnements aux plateformes et services disponibles. Pendant la loi, ça continue, les recherches, les essais, parce que les dispositifs ont besoin d'être améliorés.

Et après la loi, quoiqu'il arrive, les bibliothèques seront présentes sur ce terrain.

On pourrait dire que lier le prix à la mission est un grossier amalgame. On pourait dire aussi que le livre numérique n'est pas qu'un prix et que parfois, souvent ou à égalité il est disponible dans des formats ouverts et libres parce que les droits d'auteur sont échus. Et ceux-là nous intéressent, dans cet ensemble de culture numérique ouverte. Et se tourner vers ce gisement sera peut-être (sans doute) un sacré échappatoire. Parce que l'Etat a failli sur ce dossier, parce que les 11 millions de lecteurs sauront tous pourquoi les bibliothèques ne proposeront pas de ces livres numériques homothétiques (et les autres?) si les conditions d'accès ne sont pas réunies. Parce que quelque part aujourd'hui, il y a besoin de comprendre comment se créent les champs numériques du savoir et d'y participer avec autre chose qu'un bon de commande administratif.

Finalement, la bonne leçon de Prisunic est peut-être celle-là : bibliothécaires, partez à la découverte des ressources numériques disponibles, créez-en de nouvelles, parlez-en avec les "gens", promouvez les littératures nouvelles, singulières (il y a des éditeurs qui sont prêts à le faire et qui le font).

Quand les territoires numériques commenceront à coïncider avec ces nouveaux territoires de vie, les offres "en l'air" seront bien moins attrayantes. Tant pis pour le marché. Tant mieux pour la culture.

 

 

 

 

 

 

 

lundi, 08 novembre 2010

l'erreur du débat ou le débat de l'erreur

Pourquoi revenir un mois après sur le débat qui clôturait le volet 'livre numérique" de Toulouse numérique ?

Opus_chaise.jpg

Sur la question suivante « En 2020, quels acteurs du livre numérique serez-vous ? » le débat fut à la fois vif et convenu.

C'est en additionnant "les fils invisibles" dans la salle aux positions quasi-institutionnelles, que l'on conclut que l'issue était fatale. Le défi : parler à l'intérieur de la thématique " ville numérique" de la place des acteurs du livre semblait une vision assez large pour laisser porter les réflexions ouvertes.

(avertissement :  ne voir aucun ressentiment envers les intervenants ni l'animateur. Simplement un constat d'impossibilité)

On ne refait pas le match, mais...

De fait, les trois questions posées par Xavier Cazin ( Immateriel)  n'ont pas reçu de véritables réponses. En voici l'énoncé :

- dématérialiser le papier ou matérialiser le réseau ?

"J'entends par "dématérialiser le papier" le fait de numériser les fonds et de donner accès à une version quasi homothétique du livre papier. Par "matérialiser le réseau", j'entends le fait d'accueillir dans la sphère économique du livre les pratiques actuelles du réseau (lecture/écriture de blog, forums, réseaux sociaux). Pensez-vous que votre activité participera des deux mouvements ou se situera franchement d'un côté du curseur ?"

- le Do It Yourself, ou le retour du mythe de l'auteur-éditeur-libraire

"L'irruption du réseau dans le monde économique à fait penser à certains acteurs, principalement auteurs et éditeurs, qu'ils pourraient bientôt se passer d'intermédiaires pour toucher leurs lecteurs. J'aimerais que vous nous disiez ce que vous pensez de l'idée de désintermédiation, mais aussi si vous pensez que le numérique peut aider à l'éditorialisation du travail des libraires et des bibliothèques."

- le besoin de gagner du temps : principal moteur économique du livre numérique ?

"Un effet observable de l'époque est la multiplicité des sollicitations auxquelles est confronté l'individu. N'ayant à sa disposition que 24h par jour, il va devoir arbitrer entre ses multiples activités ; lorsque l'arbitrage optera pour la lecture, elle devra être elle-même "efficace".Dans ces situations, le numérique a clairement un avantage sur le support papier. Quelles réflexions vous inspirent ce besoin d'optimiser ses activités et en quoi cela concernera votre fonction dans les années à venir"

Déception  oui, en partie partagée par la salle et relayée par quelques tweets qui voulaient relancer le débat (la TL s'affichait côté salle et côté intervenants).

Le décalage entre l'approche plutôt empathique des visiteurs venus es'essayer à la lecture de livres numériques et le discours prudent (voire provocateur) des libraire, éditeur, bibliothécaire pose certainement la question de la voie.

Confronter mais avec qui ?

A la réflexion, les approches "entre soi" ne sont-elles pas un peu condamnées à produire un consensus basé sur l'équilibre en l'état ?

Sans innovation et sans expérimentation, de quoi parler sinon du "convenu" ?

La leçon à retenir serait donc de multiplier les contacts et échanges, engranger des essais, donner/redonner aux lieux (bibliothèques et librairies) des vocations fortes.

Du coup le débat serait plutôt construit sur une réflexion dialectique  et une sulfureuse altercation autour de la nécessité d'aller vers le numérique intégré.

 

Déçu pas pas démotivé.

 

 

07:28 | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : novela, ebook, bibliothèque liv_num | |  Facebook | | |

mardi, 05 octobre 2010

Quand la Novela lit

 

opus_novela.jpg

Au mitan de la Novela versant « «ville numérique », et avant le débat central du mercredi, racontons l'aventureuse équipée des liseuses dans la Novela. Sur un stand plutôt cosy aux couleurs éclatantes et quasi patriotiques, le livre numérique attire visiteurs « amateurs » pour une série de rencontres dont l'informel le dispute au propos didactique. Les toulousains viennent parler de ce qui leur tient à cœur : la lecture de livres numériques sur des supports bien différents tels que liseuses à encre électronique (Opus de Bookeen), tablette tactile ( iPad), smartphones ( Androïd et iPhone) ou encore ordinateur connecté à un grand écran.

Premier constat : tous les échanges sont plus que sympathiques, très riches en échanges, voire en proposition de projets. La discussion tourne autour de questions curieuses et de réflexions pertinentes. Petits et grands essaient, lisent, manipulent écoutent également les explications que sont à même de leur donner les bibliothécaires, et l'équipe de ebouqin venus en renfort.

Deuxième observation : beaucoup de monde finalement, pour une manifestation pas si grand public que cela : pour sa deuxième édition, la Novela a gagné en cohérence, certes, mais en un jour de grand soleil, - et de manifestation, les choix peuvent être divergents...

Troisième analyse et peut-être la plus frappante : la vitalité des échanges sur place avec quantité d'acteurs et partenaires du numérique ouverts à la lecture numérique, parce que concernés quelque part par ce défi. Ces discussions transversales ont constitué un sacré moteur qui démontre que finalement, les bibliothécaires hors les murs en avaient à dire aux « gens du numérique ».

Les manip complètement expérimentales (écriture de notes collectives sur iPad / étude de projets d'écriture et de lecture numérique / demande des liseuses pour des groupes) ont donc fait voler en éclat (petits éclats certes) l'image engoncée autour de l'odeur du papier et du bruit des pages qu'on tourne.

A suivre mercredi 6 octobre : un passionnant débat qui devrait produire une problématique nouvelle sur les relations entre acteurs de la chaîne du livre (gardons cette appellation). On en reparlera.

(remerciements appuyés à Clément et Alexis de ebouquin.fr pour leur disponibilité et leurs effarantes compétences