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jeudi, 16 septembre 2010

Inique prisunic du livre numérique

Le jeu de mot était facile, il est venu tout de suite sous le clavier à l'annonce de la proposition de loi déposée  au sénat par Catherine Dumas et Jacques Legendre, président de la commission de la culture de la dite assemblée.

MagasinPrisunicdef.jpg

L'introduction d'un quasi cavalier législatif portant sur un délai imposé avant mise à disposition des livres numériques (homothétiques) aux bibliothèques donne une petite idée des tensions qui doivent électriser les acteurs.

Quoique... Souvenez-vous de cette réflexion prémonitoire il y a deux ans, je [me] dis à la fin du billet, à propos de la chronologie des médias : "Imaginer qu'un livre (numérique) ou un Cd audio suivent la même logique"

Dans unique il y a ... U

Parlons encore de lobbying car seule une action commune de la profession permettrait de faire reculer ( et disparaître) cette mesure inique et stupide et dangereuse. Décidément, le pouvoir d'achat des bibliothèques est-il toujours occulté  ? Sur un marché qui reste de niche pour l'instant, pourquoi négliger des acheteurs solvables, recevant un public important ?


A la limite, il faudra inciter les bibliothèques à acheter des livres numériques à l’unité, les déposer sur des supports de lecture (suivez mon regard) et à les rendre accessibles aux lecteurs de cette manière-là.

Ou bien, pour contourner la loi en s'échappant de ce maudit article 3 qui dit notamment  que"Les offres groupées de livres numériques, en location ou par abonnement, peuvent être autorisées par l'éditeur, tel que défini à l'article 2, au terme d'un délai suivant la première mise en vente sous forme numérique. Ce délai est fixé par décret.", aller vers des livres numériques enrichis, augmentés, médias en fait.

Au prix unique de la Loi Lang avait correspondu une loi sur le droit de prêt dont on mesure bien les limites, mais ... Ici, la négociation, pourtant parfois tentée officieusement, n'a aucune marge de manoeuvre dans ces conditions. Effet collatéral ? Certainement.

A suivre...

On peut lire:

--> quelques billets pertinents (F Bon, T Crouzet) signalés par : http://www.precisement.org/blog/Prix-unique-du-livre-numerique-ou.html

--> le billet de Bibliobsession

Note : de mémoire, rien de tel n'avait été évoqué lors dela table ronde organisée par la dite commission de la culturel du Sénat le 28 avril 2010

 

edit  17 sept : reprise par Actualitté

 

edit 28 sept : le communiqué de l'IABD http://iabd.fr/spip.php?article104

jeudi, 03 juin 2010

Stage et enquêtes : stop !

Ce n'est qu'une demande parmi d'autres. Elle est seulement arrivée au mauvais moment et a fait déborder le vase.

Précisons que la personne n'est pas en cause, mais plus un système pervers où les professionnels sont priés de faire le travail des étudiants avec la bénédiction de leurs profs.

* Voici la demande (j'ai ôté les éléments qui permettaient d'identifier l'établissement):

"Bonjour,

Etudiante en année xxxxxxxxxxxx à xxxxxxxxxxxxxx [métiers du livre], je suis actuellement en stage à la bibliothèque de VXXXXXX. Je réalise mon mémoire de DUT sur la valorisation des services numériques en bibliothèque et aimerais avoir des renseignements sur leprêt de liseuses (le plus rapidement possible).
[le plus rapidement possible, bien sûr]

* Suit une liste de 14 questions
1 - Le prêt de liseuses est-il possible pour la bibliothèque (sous quelles conditions) ?
2 - De quelle(s) marque(s) de liseuses s'agit-il ?
3 - Contiennent-elles déjà des titres de livres (bouquet de base) ?
4 - Combien de temps peut-on les avoir en prêt ?
5 - Peut-on avoir une démonstration d'utilisation pour les bibliothécaires ?
Ateliers de démonstration pour les lecteurs ? (indiquer le tarif si ce service est payant)
6 - Quelles fonctionnalités et avantages peut-on mettre en avant auprès de nos lecteurs quant à leur utilisation ?
7 - Peut-on avoir les tarifs de ces prêts de liseuses (possibilités
d'avoir des devis)
-       prêt d'une liseuse pour une journée ?
-       prêt d'une liseuse pour une semaine ?
-       prêt d'une liseuse pour un mois ?
-       prêt d'une liseuse pour un an
8 - Si on choisit d'opter pour le prêt de plusieurs liseuses y a-t-il
des tarifs préférentiels ? Si oui, lesquels ?
9 - Pouvez-vous m'envoyer par mail un contrat type de prêt de liseuses ?
10 - Que se passe-t-il si le matériel est endommagé par un des lecteurs?
11 - Avez-vous fait des prêts de liseuses pour d'autres bibliothèques ? Si oui, lesquelles ?
12 - Proposez-vous des outils promotionnels en cas de prêt de liseuses ? (flyers, affiches...)
13 - Si l'on souhaite mettre une liseuse en démonstration sur une borne à l'intérieure de la bibliothèque, y a-t-il moyen de l'attacher à cette borne ? Prêtez vous ce type de bornes ?
14 - Y a-t-il des moyens de mettre des antivols sur les liseuses si l'on veut les mettre à disposition au sein d'un espace de la bibliothèque, mais qu'elles n'en sortent pas ?

Merci pour votre collaboration"

[enchanté de cette collaboration]

Ma réponse :

"Merci de votre message

Maintenant j'ai le choix entre deux possibilités :
- soit répondre à votre questionnaire
- soit terminer la préparation de cette opération
J'ai choisi la 2° option.

Ce qui m'amène à dire ceci : j'aurais bien voulu que vous nous donniez un coup de main pour réaliser les questionnaires, les procédures, repérer les infos utiles, réfléchir au lancement, préparer les articles sur le site Internet.
Au niveau où vous êtes rendue, permettez-moi respectueusement de penser que vous devriez être en position d'aider à concevoir des nouveaux services.
Je pense à la future professionnelle que vous allez devenir : bibliothécaire, pas collectionneuse d'études et de sondages sur tel ou tel usage.
J'aurai été un peu direct, je reste à votre disposition (et à celle de vos enseignants).

cordialement,"

09:12 Publié dans livre(s) numérique(s) | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : liseuses, ebooks, métiers du livre, addnb | |  Facebook | | |

lundi, 31 mai 2010

livre numérique : avant après

Il peut sembler plus que désuet d'envisager de passer une partie de cette journée  à mettre au point un service de prêt de liseuses pour des bibliothèques volontaires et adhérentes physiques à une association réelle. C'est pourtant ce que je vais faire.

Qualifiée de préhistorique, parce qu'elle commence il y a deux ans, autant dire une vie de révolution numérique,  cette démarche reste tellement anecdotique que l'arrivée de tablettes dans les bibliothèques en est encore à ses balbutiements : Angers, la Roche-sur-Yon, la BDP de la Meuse, quelques autres encore.

Et donc en quoi l'arrivée d'une tablette tactile, connectée pourrait-elle changer la donne ? En ouvrant grands les réservoirs de livres numériques ? Mais quelle bibliothèque sait aujourd'hui les mettre à diposition de ses lecteurs ( livres sous droits) ? Et quelle bibliothèque sait acheter des livres numériques (sous droits) ?

L'avant / l'après n'est donc pas la sortie médiatique d'un support, aussi tentant soit-il (fût-il).

L'avant / l'après :

- quand le service d'accès sera existera pour les bibliothèques, ouvert largement, en quantité comme en qualité

- quand les bibliothécaires auront intégré le numérique comme une chance, une inestimable opportunité d'augmenter leurs références et de les avoir mis à disposition de qui en a besoin

- quand les bibliothèques en réseau articuleront intelligemment avec les autres acteurs des accès leurs expertises différentes mais complémentaires

- quand l'expérimentation publique deviendra un mode légitime de progrès mutualisé et mutualisable.

En attendant ...

lundi, 17 mai 2010

livres numériques ascensionnels

Premier étage d'une fusée qu'on souhaite enfin prête à décoller : les éditeurs font union sur la mise à disposition de livres numériques. Ce qui permettra aux libraires de proposer une offre enfin cohérente.

fusee_tintin.jpg

Premier étage, parce qu'on en verrait bien un deuxième : l'accès à un service de livres numériques pour bibliothèques, assorti de tout l'arsenal imposé des droits.

Ce service devra correspondre à deux préoccupations :

- assurer un large accès au livre numérique auprès des abonnés (le modèle un livre numérique acheté - un livre numérique "prêté"  va devoir disparaître), ce qui suppose en effet une bibliothèque numérique représentative des collections, fonds, actualités (et donc pas seulement patrimoniale),

- garantir les droits légitimes des uns et des autres.

Tout est dans l'équilibre entre ces deux demandes. Mais cet équilibre demande une gestion paritaire intelligente, c'est-à-dire une négociation toutes parties prenantes. En rappelant que l'accès au service doit être neutre et libre. Du coup les autres propositions vont-elles passer à la trappe ?

Aldus, veilleur attentif, a annoncé la nouvelle. Le communiqué est chez epagine.

Nota : mais d'autres pistes déjà...

- un point de vue prochedu communiqué,  chez izibook

- celle de l'édition électronique, pistée par Marin Dacos et Pierre Mounier dans ce billet ;

- la position de l'Iabd à  travers ces interventions, et communiqués et les commentaires à la suite de la table ronde du 28 avril 2010 au Sénat.

mercredi, 05 mai 2010

le livre numérique homothétique est-il éthique ?

Homothétie :"Les homothéties préservent l'alignement des points et les rapports algébriques. Elles transforment une droite en une droite qui lui est parallèle. En géométrie euclidienne, elles apparaissent comme des cas particulier des similitudes ; les homothéties préservent les angles et dilatent les distances"

Là-dessus, quel rapport avec le livre ?

Depuis quelques semaines (mais depuis janvier quand même, a minima), on parle de livre numérique homothétique quand il s'agit de sa représentation numérique sous forme d'ebook.

Les acteurs de la chaîne du livre se pâment à l'énoncé de cette appellation. Elle cache - comme un arbre la forêt - une chose plus triviale : la fixation d'un prix dit "unique" du livre numérique.

Le livre numérique homothétique "préserve les angles"

Accord assez général sur la nécessité de trouver une grille de prix pour le livre numérique. Sans que soit discutée publiquement, en fait, la nouvelle répartition des coûts et des marges. Echappatoire qui permet de traiter à part et les manuels scolaires et les "beaux livres" et les livres "augmentés".

Les angles restent donc arrondis.

Les homothéties [...] dilatent les distances

Ce n'est pas impossible.  D'un côté, apparence de bon sens : qui serait contre un abaissement du prix du livre numérique qui respecterait les intérêts de  TOUS les acteurs : lecteurs (et leurs bibliothèques publiques), auteurs d'abord, éditeurs, distributeurs ensuite ? De l'autre, haussement de sourcil soupçonneux : et si c'était le début du carcan, ne laissant pas assez de liberté à la création et à sa rémunération, voire au départ du livre numérique de l'univers de la chaîne du livre ?

Ce risque-là, on peut dire que personne ne veut l'affronter aujourd'hui. La simple arithmétique, pour filer la métaphore, donne une addition qu'il faudrait payer à plusieurs. Comme on dit, " le marché du livre numérique n'existe pas encore".

On garde donc ses distances, voire on les augmente. Car pendant ce temps-là, l'offre de livres numériques reste aussi cahotique qu'avant, parcellaire, inégale selon les éditeurs, illisible toujours.

Les débats qui agitent - tel un blender fou - la planète Livre mettent en déraison. Une journée sans déclaration serait d'utilité nationale. Et en attendant ?