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lundi, 21 février 2011

Lecteurs et livres numériques

La Bibliothèque de Toulouse commence à publier les sorties de questionnaires qui étaient dans le protocole d'expérimentation des livres numériques et des liseuses.

Ce travail a commencé en avril 2010 et s'est prolongé jusqu'en décembre à travers plusieurs groupes tests qui ont touché aussi bien les bibliothécaires que les acteurs de la chaîne du livre (éditeur, libraire, centre de coopération du livre.

Sortie brute que chacun pourra analyser à l'aune de ses propres critères. Mais on retiendra que les opinions sont moins tranchées qu'on ne le dit généralement dans les bonnes feuilles; l'antagonisme papier/numérique ne résiste pas trop à la pratique. Toutes les catégories de testeurs donnent des avis quasi convergents sur toutes les questions posées.

Cette première série sera suivie de deux autres qui auront à traiter des rapports des lecteurs avec la liseuse à encre électronique (modèle Opus de Bookeen) et des opérations de téléchargements.

Sachant que l'Addnb est engagée dans un prêt de liseuses aux bibliothèques adhérentes, on pourra comparer ces résultats et les commenter rapidement.

Peut-être le début d'une base de données d'observations qui manque vraiment.

Et du coup monter d'un étage pour commencer à bâtir un processus d'appropriation en bibliothèque.

On en parlera pour la première fois à Montauban (82) lors de la journée consacrée au livre numérique. Laquelle devrait aussi faire d'autres annonces pour de nouvelles expérimentations en bibliothèque.

 

mercredi, 16 février 2011

Avant pendant après la loi PULN Prisunic

Toute cette agitation (au sens quasi chimique du terme) autour de la proposition de loi dite PULN ( Prix Unique du livre) ou Prisunic en langage plus trivial fait remonter des abysses des peurs, des craintes mais finalement des espoirs.

Sans revenir sur le versant législatif et juridique de la chose, dont les tenants ont été analysés par  l'IABD (en détail cette déclaration et encore ces amendements) et soutenant pleinement cette position,  je vois que l'ébullition finalement a le mérite de clarifier la situation.

Dire que le livre numérique en France est dans une position difficile n'a rien d'inconvenant. Le système d'accès parcellisé entre plusieurs e-distributeurs rend assez opaque sa visibilité, les DRM compliquent à souhait les téléchargements, l'indigence actuelle de l'offre déçoit. C'est le début, dit-on, attendez, vous allez voir.

Ce qu'on voit c'est une séance d'Assemblée nationale digne des débats et votes de la Dadvsi en 2005 avec un bâclage remarquable. Les lobbies (ne soyons pas naïfs) avaient un peu préparé le terrain. Soit.

Là-dessus, l'AFP elle-même annonce le vote de la loi : nenni, une navette vers le Sénat s'impose. La promulgation serait autour de mai 2011.

Passant là-dessus, et si on retournait aux fondements mêmes ? Le livre numérique pour une bibliothèque fait partie d'une nouvelle approche d'accès (au savoir, à la connaissance). Pourquoi cet  accès n'est-il pas partie intégrante du prix, fixé, rappelons-le par l'éditeur ?

Dire que les bibliothèques ne veulent pas payer est un mauvais procès. Avant la loi, on en parlait déjà et les pionniers ont pris les abonnements aux plateformes et services disponibles. Pendant la loi, ça continue, les recherches, les essais, parce que les dispositifs ont besoin d'être améliorés.

Et après la loi, quoiqu'il arrive, les bibliothèques seront présentes sur ce terrain.

On pourrait dire que lier le prix à la mission est un grossier amalgame. On pourait dire aussi que le livre numérique n'est pas qu'un prix et que parfois, souvent ou à égalité il est disponible dans des formats ouverts et libres parce que les droits d'auteur sont échus. Et ceux-là nous intéressent, dans cet ensemble de culture numérique ouverte. Et se tourner vers ce gisement sera peut-être (sans doute) un sacré échappatoire. Parce que l'Etat a failli sur ce dossier, parce que les 11 millions de lecteurs sauront tous pourquoi les bibliothèques ne proposeront pas de ces livres numériques homothétiques (et les autres?) si les conditions d'accès ne sont pas réunies. Parce que quelque part aujourd'hui, il y a besoin de comprendre comment se créent les champs numériques du savoir et d'y participer avec autre chose qu'un bon de commande administratif.

Finalement, la bonne leçon de Prisunic est peut-être celle-là : bibliothécaires, partez à la découverte des ressources numériques disponibles, créez-en de nouvelles, parlez-en avec les "gens", promouvez les littératures nouvelles, singulières (il y a des éditeurs qui sont prêts à le faire et qui le font).

Quand les territoires numériques commenceront à coïncider avec ces nouveaux territoires de vie, les offres "en l'air" seront bien moins attrayantes. Tant pis pour le marché. Tant mieux pour la culture.

 

 

 

 

 

 

 

lundi, 15 novembre 2010

le Divan et sa borne de livres numériques

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De passage rue de la Convention, j'ai voulu tester la fameuse borne que @ebouquin avait presque massacrée.

Mode d'emploi

Assez visible à partir de l'entrée grâce à une PLV colorée, on s'installe, enfin on reste debout devant la chose.

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Le premier choix affiché porte sur les prix littéraires, mais curieusement, je n'arriverai pas à  retrouver ce choix : question de feeling ou de menu ?  Je clique donc sur Naissance d'un pont de Maylis de Kerangal.

 

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L'écran tactile est activé. Beaucoup d'infos à  rentrer et difficulté, le n° de téléphone est obligatoire mais la zone de saisie est cachée par le dit clavier tactile :

borne_divan2.jpg

Une fois le fourmulaire rempli, un doux ronronnement provient d'un endroit indéterminé : il s'agit de l'imprimante posée par terre à l'arrière de la chose, qui est en fait un bureau d'accueil

On va alors se servir comme un grand.

Mes impressions sont mitigées

Pour mener des expérimentations - en bibliothèques -de livres numériques, j'ai trouvé le service très "minimum". Libre service soit, mais pour un tout nouveau domaine, une présence n'aurait pas été inutile. On sait que le dialogue "autour de" est essentiel, la machine s'effaçant ensuite devant l'activité souhaitée ( choisir un livre, le lire, en parler avec).

Deux remarques :

- la prescription est bien inférieure à la "table" puisque l'environnement (le menu) est frustre et correspond plus à un classement convenu. La rentrée littéraire, les prix par exemple, auraient permis de toucher une cible très intéressée par l'actualité.

- le conseil du libraire ? Clairement, il s'évanouit derrière la "machine" et n'apparaît à aucun moment.

Borne de geek, peut-être, mais pourtant la vente de livres numériques n'est-elle pas une activité importante à intégrer ?

Un recueil d'avis des utilisateurs ne serait pas inutile.

Le retour d'expériences raconté par le Motif  se termine par une phrase prophétique : on aura toujours besoin d'un "bon" libraire.

Pour le numérique, aussi.

 

 

 

19:12 Publié dans EN VILLE, livre(s) numérique(s) | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Facebook | | |

mardi, 05 octobre 2010

Quand la Novela lit

 

opus_novela.jpg

Au mitan de la Novela versant « «ville numérique », et avant le débat central du mercredi, racontons l'aventureuse équipée des liseuses dans la Novela. Sur un stand plutôt cosy aux couleurs éclatantes et quasi patriotiques, le livre numérique attire visiteurs « amateurs » pour une série de rencontres dont l'informel le dispute au propos didactique. Les toulousains viennent parler de ce qui leur tient à cœur : la lecture de livres numériques sur des supports bien différents tels que liseuses à encre électronique (Opus de Bookeen), tablette tactile ( iPad), smartphones ( Androïd et iPhone) ou encore ordinateur connecté à un grand écran.

Premier constat : tous les échanges sont plus que sympathiques, très riches en échanges, voire en proposition de projets. La discussion tourne autour de questions curieuses et de réflexions pertinentes. Petits et grands essaient, lisent, manipulent écoutent également les explications que sont à même de leur donner les bibliothécaires, et l'équipe de ebouqin venus en renfort.

Deuxième observation : beaucoup de monde finalement, pour une manifestation pas si grand public que cela : pour sa deuxième édition, la Novela a gagné en cohérence, certes, mais en un jour de grand soleil, - et de manifestation, les choix peuvent être divergents...

Troisième analyse et peut-être la plus frappante : la vitalité des échanges sur place avec quantité d'acteurs et partenaires du numérique ouverts à la lecture numérique, parce que concernés quelque part par ce défi. Ces discussions transversales ont constitué un sacré moteur qui démontre que finalement, les bibliothécaires hors les murs en avaient à dire aux « gens du numérique ».

Les manip complètement expérimentales (écriture de notes collectives sur iPad / étude de projets d'écriture et de lecture numérique / demande des liseuses pour des groupes) ont donc fait voler en éclat (petits éclats certes) l'image engoncée autour de l'odeur du papier et du bruit des pages qu'on tourne.

A suivre mercredi 6 octobre : un passionnant débat qui devrait produire une problématique nouvelle sur les relations entre acteurs de la chaîne du livre (gardons cette appellation). On en reparlera.

(remerciements appuyés à Clément et Alexis de ebouquin.fr pour leur disponibilité et leurs effarantes compétences

jeudi, 16 septembre 2010

Inique prisunic du livre numérique

Le jeu de mot était facile, il est venu tout de suite sous le clavier à l'annonce de la proposition de loi déposée  au sénat par Catherine Dumas et Jacques Legendre, président de la commission de la culture de la dite assemblée.

MagasinPrisunicdef.jpg

L'introduction d'un quasi cavalier législatif portant sur un délai imposé avant mise à disposition des livres numériques (homothétiques) aux bibliothèques donne une petite idée des tensions qui doivent électriser les acteurs.

Quoique... Souvenez-vous de cette réflexion prémonitoire il y a deux ans, je [me] dis à la fin du billet, à propos de la chronologie des médias : "Imaginer qu'un livre (numérique) ou un Cd audio suivent la même logique"

Dans unique il y a ... U

Parlons encore de lobbying car seule une action commune de la profession permettrait de faire reculer ( et disparaître) cette mesure inique et stupide et dangereuse. Décidément, le pouvoir d'achat des bibliothèques est-il toujours occulté  ? Sur un marché qui reste de niche pour l'instant, pourquoi négliger des acheteurs solvables, recevant un public important ?


A la limite, il faudra inciter les bibliothèques à acheter des livres numériques à l’unité, les déposer sur des supports de lecture (suivez mon regard) et à les rendre accessibles aux lecteurs de cette manière-là.

Ou bien, pour contourner la loi en s'échappant de ce maudit article 3 qui dit notamment  que"Les offres groupées de livres numériques, en location ou par abonnement, peuvent être autorisées par l'éditeur, tel que défini à l'article 2, au terme d'un délai suivant la première mise en vente sous forme numérique. Ce délai est fixé par décret.", aller vers des livres numériques enrichis, augmentés, médias en fait.

Au prix unique de la Loi Lang avait correspondu une loi sur le droit de prêt dont on mesure bien les limites, mais ... Ici, la négociation, pourtant parfois tentée officieusement, n'a aucune marge de manoeuvre dans ces conditions. Effet collatéral ? Certainement.

A suivre...

On peut lire:

--> quelques billets pertinents (F Bon, T Crouzet) signalés par : http://www.precisement.org/blog/Prix-unique-du-livre-numerique-ou.html

--> le billet de Bibliobsession

Note : de mémoire, rien de tel n'avait été évoqué lors dela table ronde organisée par la dite commission de la culturel du Sénat le 28 avril 2010

 

edit  17 sept : reprise par Actualitté

 

edit 28 sept : le communiqué de l'IABD http://iabd.fr/spip.php?article104