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lundi, 31 mai 2010

livre numérique : avant après

Il peut sembler plus que désuet d'envisager de passer une partie de cette journée  à mettre au point un service de prêt de liseuses pour des bibliothèques volontaires et adhérentes physiques à une association réelle. C'est pourtant ce que je vais faire.

Qualifiée de préhistorique, parce qu'elle commence il y a deux ans, autant dire une vie de révolution numérique,  cette démarche reste tellement anecdotique que l'arrivée de tablettes dans les bibliothèques en est encore à ses balbutiements : Angers, la Roche-sur-Yon, la BDP de la Meuse, quelques autres encore.

Et donc en quoi l'arrivée d'une tablette tactile, connectée pourrait-elle changer la donne ? En ouvrant grands les réservoirs de livres numériques ? Mais quelle bibliothèque sait aujourd'hui les mettre à diposition de ses lecteurs ( livres sous droits) ? Et quelle bibliothèque sait acheter des livres numériques (sous droits) ?

L'avant / l'après n'est donc pas la sortie médiatique d'un support, aussi tentant soit-il (fût-il).

L'avant / l'après :

- quand le service d'accès sera existera pour les bibliothèques, ouvert largement, en quantité comme en qualité

- quand les bibliothécaires auront intégré le numérique comme une chance, une inestimable opportunité d'augmenter leurs références et de les avoir mis à disposition de qui en a besoin

- quand les bibliothèques en réseau articuleront intelligemment avec les autres acteurs des accès leurs expertises différentes mais complémentaires

- quand l'expérimentation publique deviendra un mode légitime de progrès mutualisé et mutualisable.

En attendant ...

jeudi, 14 janvier 2010

Dans le rapport Tessier, il y a

Ma lecture complète du rapport Tessier, après une première réaction quasi épidermique, s'attache à pointer deux problématiques :

- en quoi le rapport fait-il avancer réellement la question de la numérisation du patrimoine écrit ? Et pour quels accès ?

- quelle est/sera la place des bibliothèques dans le futur dispositif ? Et quel rôle sera dévolué aux bibliothécaires ?

Les fleurs : un rapport d'une rédaction claire et intelligente.

- Rien à dire sur la lecture agréable : rédaction concise, notes explicatives vraiment explicatives, historique restitué pour l'essentiel. On suit sans difficulté l'évolution du dossier, on identifie les acteurs.

- les propositions sont énoncées clairement et  argumentées.

Les épines : les obsessions, les malaises, les manques.

- Google est décrit à la fois comme un moteur, un acteur de la numérisation, une plate-forme. Dont acte.  Ce qui est plus troublant, c'est que le positionnement suit toujours le même chemin : Gallica par rapport à Google ( améliorer l'interface, le moteur en page 7). Dans cette urgence, je regrette le manque de recul sur la matière  objet de la numérisation : quoi numériser? Pour qui ? Pour quel usage outre la conservation du patrimoine ? Et l'adhésion un peu courte aux choix de Google-moteur qui vont jusqu'à ce que je définirais comme une compromission, je cite : " la grande majorité des internautes, notamment le grand public, n'attend pas véritablement une éditorialisation des archives : elle veut trouver ce qui l'intéresse". On y reviendra car cette appréciation est vraisemblablement fausse.

- La question de l'indexation et de la structuration des données et métadonnées est évoquée et sauf à lire l'annexe d'Alban Cerisier (ce que je n'ai pas encore fait) les indications restent un peu vagues.

- La place des réseaux sociaux est réduite à la portion congrue, c'est la cerise geek sur le gâteau. Les observateurs du Web 2.0 tiennent actuellement un discours autrement plus étoffé sur le phénomène. Cette déclaration rejoint un autre écueil : la construction d'un grand TOUT au moment même où le Web fait la preuve de sa dissémination la plus totale. Disons qu'il peut s'agir d'une confusion entretenue par Google lui-même entre le travail d'un moteur (avec ses résultats) et la constitution d'un entrepôt unique "national".

- Google n'a pas fait la preuve de ses qualités de "numériseur". D'autres partenaires privés ont sans doute plus de qualités. Pourquoi les écarter sur ce point ? Si une véritable industrie de la numérisation ne voit pas le jour en France, comment assurer les déploiements futurs sinon en se retournant à nouveau vers le même ? Sans mettre en cause l'expertise de la BnF, où sera la compétence ( = transfert de savoir-faire) que demanderont les bibliothèques ?

Et les (autres) bibliothèques dans le projet ?

Très peu citées - si l'on excepte les bibliothèques nationales- les bibliothèques n'apparaissent jamais comme des acteurs majeurs de consultation et de prêt , et très peu comme des acteurs de la numérisation. La vision à nouveau jacobine du projet semble en pleine contradiction avec le discours sur les réseaux sociaux en tant qu'accélérateurs de l'accès. Les réseaux de bibliothèques publiques se modernisent, accueillent des millions de lecteurs, sont  à l'écoute des attentes, numérisent très régulièrement et travaillent en partenariat via notamment leurs agences régionales de coopération, leurs consortiums  et leurs associations professionnelles.

La note en bas de page 24 ( position révélatrice) dit bien que "un tel accès pourrait être monétisable [on parle ici des ouvrages que les éditeurs ne souhaitent pas  publier à nouveau sous forme papier] par exemple[...] soit au sein des bibliothèques, sous la forme d'abonnement." C'est faire peu cas de la chose : les abonnés des bibliothèques réclament de tels services, les apprécient et savent dire quelles sont leurs demandes. L'arbre Google "gratuité-résultats" cache à nouveau la forêt de la lecture publique dont la responsabilité relève des mêmes décideurs qui commandent ce rapport. Alors, à quand des licences nationales dont la mise en place devrait relever d'un financement privilégié via le grand Emprunt ?

On ne va pas déplorer la "coopération verticale descendante" : le rapport ne propose aucune mesure réaliste pour remédier à cette situation, sinon une centralisation "verticale" des moyens.

Enfin, grande contradiction entre les intentions vertueuses qui consistent à ouvrir les portes de la BnF aux bibliothèques qui veulent numériser selon ses propres critères et sur marchés publics d'Etat (les juristes en discuteront plus tard dans le cadre de l'autonomie des collectivités locales) et la possibilité de qualifier le patrimoine écrit par le travail des milliers de bibliothécaires, dont c'est - quelque part- le métier. Parce que les seules communautés intéressantes se sont développées en dehors des grands systèmes et que l'impossibilité d'intégrer zazieweb dans un réseau de coopération est un exemple cruel et pas si lointain.

Sur ce point-là, les "nouvelles fonctionnalités simples d'utilisation mais innovantes" (page 29) qui seraient proposées ne correspondent pas au projet des bibliothèques qui disséminent, prennent place sur les réseaux sociaux et suscitent des communautés de proximité, si modestes soient-elles.

Créer ou recréer le grand TOUT (on parle aussi de mettre en oeuvre un moteur très performant) qui répondrait à toutes les attentes ne va pas dans le sens de l'Internet aujourd'hui : accès, oui, par un référencement solide (c'est le rôle des moteurs) mais surtout "donner la main" aux internautes qui savent indiquer les bons chemins quand les bibliothécaires ouvrent assez grand les portes de leurs bibliothèques numériques. Lesquelles se dessinent comme des espaces complémentaires et indissociables désormais de leurs lieux d'accueil.

edit  à la fin de la rédaction de ce billet : sans partager totalement les analyses d'Affordance , j'y souscris sur bien des points. Et notamment celui-ci : soulever la question du partage de l'indexation et du référencement (au sens bibliothéconomique) renvoie directement à la légitimité d'un réseau de lecture publique que ni Google ni le Gallica nouveau ne remplaceront.

 

 

mardi, 08 septembre 2009

le Web 2.0 et les musées

"Le Web2.0 et les musées"

C'est le Vendredi 16 octobre 2009 à Paris, au Musée du Louvre.

web.0_musées.jpg

Programme prévisionnel :

- de 9h30 à 12h30 : Point sur les services web2.0 aujourd'hui, retour d'expériences de musées ayant développé une présence sur les réseaux sociaux.

--> La matinée est destinée à tous les professionnels de musées souhaitant s'informer sur les opportunités et défis offerts par ces nouveaux services et réseaux.


- de 14h à 17h : Atelier appliqué à la conduite de projets Web2.0 pour les musées
--> Echanges sur les stratégies à mettre en place, l'organisation à prévoir, les bénéfices que l'on peut attendre. L'après midi est destinée aux professionnels en charge de la présence sur le web de musées. Il s'agit d'ateliers d'échanges de bonnes pratiques et de réflexion où chaque participant est invité à témoigner de son expérience ou questionnement.


La participation à la journée est gratuite, chacun devant prendre en charge son repas de midi.

Le nombre de places étant limité, réserver en envoyant un mail à yamartin@erasme.org

Vous souhaitez participer activement à ces ateliers ? demandez à rejoindre le Google groupe des participants pour faire vos propositions, discuter des sujets à aborder et construire le programme ici : http://groups.google.com/group/ateliersweb

Journée organisée par Erasme, le Muséum de Toulouse, le Mucem, en partenariat avec la plateforme Visite + de la Cité des Sciences et le Musée du Louvre

15:48 Publié dans Hybridation | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : musées, web2.0, museum toulouse | |  Facebook | | |

lundi, 25 juin 2007

la biblothèque multidimensionnelle

Bibliothécaire dit ça mieux que personne :
"Sur internet, ce désordre apparent cache une structure bien plus subtile, proche de celle de nos cerveaux, un réseau d’interconnexion entre les informations. La structure n’y est plus hiérarchique mais topographique : il existe un chemin de telle information à telle autre. La largeur du chemin et sa distance suffisent à déterminer leur proximité. Cette organisation autorise des relations de n à n sans aucune limite. On est passé du 2D des bibliothèques au multidimensionnel."
C'est à propos d'un interview de Pierre Lévy, qui décidément , est très commentée



Débat, débat, pendant qu'ailleurs et ici on parle de services dont la création et l'image serviront l'usager.


Et pendant ce temps, l'Utopie du GRAND CATALOGUE ...

Vraiment multidimensionnelle, la bibliothèque ...
medium_multidimensionnel.jpg

jeudi, 07 juin 2007

Collections et numériques et bibliothèques



Petite contribution à la cause, en compagnie des conseillers lecture et écriture, archives, langue française et langues de France ( ça s'appelle comme ça dans ma région) des DRAC à Marcq-en-Baroeul (une des plus belles médiathèques de France !)

Retour vers Paris avec La Feuille qui, lui, avait commis de l'interaction. Il y a plus désagréable ; alors, venez nombreux à son bouquinosphère

medium_mediath_marcqenbaroeul.jpg

00:10 Publié dans Hybridation | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : addnb, DRAC, Michel Fauchié, direction du livre et lecture, La feuille, sigb, portail | |  Facebook | | |