Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

mardi, 15 mars 2011

lekti.net : une offre en test grandeur nature

D'une conversation (apparemment) informelle en cours de déjeuner, sort ce projet : tester en "vrai" une offre d'un e-distributeur  - lekti.net issu de lecti-ecriture - qui réunit dans son projet près de 70 éditeurs indépendants.

La médiathèque d'Albi ouvre le bal.

 

liv_num,bibliothèques,bibliothécaires,lekti

 

Au rebours (apparent) des mouvements globaux actuels, voilà donc qui fait sens : un écosystème de type "éditeur" appliqué au livre numérique. Cette démarche courageuse et innovante constitue une excellente expérience pour des bibliothèques qui ont saisi l'occasion (en partant de Midi-Pyrénées) de tester l'approche du livre nuémrique auprès de ses abonnés.

Disons tout de suite, pour rassurer que l'affaire est encadrée : accord des éditeurs, identification certaine des abonnés.

Mais aussi, et c'est le côté passionnant, une observation active à tous les stades de la mise en oeuvre. Echanges permanents sur les outils (liseuse écran // module stats //module administrateur) qui s'améliorent à chaque instant grâce aux remontées des bibliothécaires concernés par l'opération et à l'écoute de Lekti.

Et ce n'est pas fini : on sent bien derrière ce projet combien le livre numérique ne vit pas seul (réflexion pas nouvelle merci @fbon pour sa "poussée") et que son accompagnement donne toute la valeur à  sa mise à disposition.

Entendrais-je des critiques sur ce projet apparemment fermé, d'un contenu pointu, à l'audience peut-être limitée, que je persisterais à penser très fort que l'expérimentation s'avère nécessaire. Le protocole d''expérimentation contient notamment un questionnaire en direction des lecteurs et une convention qui détermine exactement le statut des contributions (creative commons of course) : des gages sur un partage des retours, le transfert possible des savoir-faire pour qui voudra.

Ecouterais-je les remarques sur la portée limitée de la chose que je dirais que c'est la qualité des relations entre partenaires qui a déclenché le processus, que ces relations sont le fruit de nombreux contacts croisés parfois balbutiants mais jamais rompus et que d'autres initiatives ne peuvent que voir le jour.

Pas de valeur d'exemple, non, simplement une prise en main par les acteurs légitimes de ce qui fera notre quotidien demain. A chacun de trouver ses voies, d'explorer son territoire (numérique) pour créer des dynamiques.

Albi aujourd'hui, Toulouse à suivre, et encore une ou deux bibliothèques pour faire panel pertinent : les retombées sont déjà là, un encouragement  (même si c'est un chantier parfois ingrat) à  s'engager.

Rendez-vous à Albi le samedi 26 mars pour le lancement officiel. On vous racontera.


A suivre ...

vendredi, 26 mars 2010

Le SNE dans ses Assises numériques

Avant de partir pour le Salon du Livre,  j'ai livré ma présentation qui me servira de support à la table ronde du mercredi 31 mars 2010.

 

Conforme à mon idée de base, elle  devrait pouvoir ouvrir un débat sur la place des bibliothèques dans la diffusion du livre numérique.

Le terme "Assises" reste un peu ambigu. Les éditeurs sont-ils assis sur le livre numérique ou bien  peut-on dire que l'assise numérique du livre est suffisamment solide et ouverte pour envisager de réels développements ?

La suite semaine prochaine ...

subito_lavomatic.jpg
edit : ce billet de Clément Laberge sur les modèles économiques à venir. Eclairant

lundi, 15 mars 2010

Le SNE et moi

Invité à prendre la parole  le 31 mars aux assises numériques du SNE (pendant le Salon du livre), je rumine ce que je vais dire ( et ne pas dire). Et peut-être me contenter de ce billet qui après parution, me vaudra de ne plus être invité.

Je voudrais exprimer 1 350  idées simples :

01. quand on lit, quand on aime lire, on est curieux de tous ses supports et on attend des libraires que les livres soient mis aux nouveaux formats, très naturellement.

42.  quand on travaille pour une bibliothèque, on souhaite avoir un Service d'Accès au Livre Numérique ( un SALINUM) pour proposer à tous les abonnés de lire les livres numériques acquis par la bibliothèque, sans avoir un manuel juridique sous la main.

113.  quand on s'occupe des acquisitions dans une bibliothèque, on aimerait disposer d'un accès au livre numérique sous forme d'une sorte de licence négociée avec son libraire, pour compléter/suppléer/ supplémenter l'existant (matériel). ce qui respecte les droits et offre un vrai service.

679. quand on parle avec des usagers de bibliothèques, (enfin, s'ils ne sont pas sur leurs smartphones ou leur netbooks), on n'aime pas trop leurs remarques sur notre léger retard en matière de dispositif numérique. Surtout quand par ailleurs, on sait un peu être présents sur les réseaux sociaux.

1107.  on s'en sortira ensemble ou pas du tout  : auteurs, éditeurs, diffuseurs, distributeurs, libraires, bibliothécaires (et pas forcément bibliothèques) ont partie liée parce que dans une chaine économique et  médiatrice du livre. Si chacun en est persuadé, c'est mieux.

1283.  ce serait bien de parler ensemble de droit de prêt du livre numérique, mais aussi et surtout de livres numériques augmentés, de services croisés, de projets communs.

1350. Nous sommes le 1er avril 2010. A la suite des Assises Numériques du SNE, trois décisions importantes ont été prises :

- le taux de TVA du livre numérique est abaissé à 5,5 % pour les bibliothèques publiques, par décision des éditeurs et des  libraires.

- Les éditeurs ont demandé à leurs diffuseurs et distributeurs de mettre en place une licence d'accès aux livres numériques sur la base d'un contrat que les libraires feront fonctionner dans le cadre des acquisitions de bibliothèques ( durée, nombre d'accès, tatouage des oeuvres...)

- quand droit de prêt numérique il y aura , le reversement sera effectué en partie dans un fonds destiné à  numériser les oeuvres orphelines qui seront remises gratuitement aux bibliothèques ( accès abonnés et sur place).

1er avril ? vous avez des doutes sur cette date ? Pourquoi ?

 

 

jeudi, 18 février 2010

une carte des innovations numériques ?

Les résultats de l'appel à "services culturels innovants" lancé par le Ministère de la Culture donnent une petite image gépgraphique de l'innovation en France . Innovation ou plutôt créativité si l'on accepte cette différence jésuitique ( mais pas que) entre adapter les outils existants à des nouveaux usages et proposer des services vraiment nouveaux. 62 projets retenus dont  5 bibliothèques, auxquelles il faut en ajouter  5 qui seront directement concernées en tant que partenaires directs.

logo-MRT.jpg

Mais cette liste ne constitue-t-elle pas d'abord une formidable vision des contours de l'innovation aujourd'hui ? Une très forte présence de musées et de centres d'archives - rejoints par les bibliothèques - dit que les établissements publics constituent un terreau d'innovation sans doute plus fondamental qu'on ne le croie. A la limite parfois de la recherche-action, ces structures retroussent leus manches numériques pour s'adapter aux attentes de leurs usagers et visiteurs. La dimension territoriale est aussi très frappante : plusieurs projets dans une même ville ( Toulouse,  Rennes), dans une même région (Bretagne, Midi-Pyrénées, Rhônes-Alpes). Troisième entrée, les thématiques retenues : les smartphones concernent seulement 5 projets par exemple.

Du coup, vivement qu'un chercheur s'intéresse au suivi des projets, les analyse et les commente dans le cadre de cet univers numérique et qu'il nous restitue une carte des innovations.

Et peut-être même que le Ministère de la Culture aurait gardé en poche une petite enveloppe budgétaire pour financer ces travaux, qui pourraient faire l'objet d'une présentation commune à la fin de 2010 ? A tout le moins, un blog, un site ou un outil de réseau social permettrait d'ores et déjà de nous parler autour de cette thématique commune.

Chiche, monsieur le Ministre ?

 

 

jeudi, 14 janvier 2010

Dans le rapport Tessier, il y a

Ma lecture complète du rapport Tessier, après une première réaction quasi épidermique, s'attache à pointer deux problématiques :

- en quoi le rapport fait-il avancer réellement la question de la numérisation du patrimoine écrit ? Et pour quels accès ?

- quelle est/sera la place des bibliothèques dans le futur dispositif ? Et quel rôle sera dévolué aux bibliothécaires ?

Les fleurs : un rapport d'une rédaction claire et intelligente.

- Rien à dire sur la lecture agréable : rédaction concise, notes explicatives vraiment explicatives, historique restitué pour l'essentiel. On suit sans difficulté l'évolution du dossier, on identifie les acteurs.

- les propositions sont énoncées clairement et  argumentées.

Les épines : les obsessions, les malaises, les manques.

- Google est décrit à la fois comme un moteur, un acteur de la numérisation, une plate-forme. Dont acte.  Ce qui est plus troublant, c'est que le positionnement suit toujours le même chemin : Gallica par rapport à Google ( améliorer l'interface, le moteur en page 7). Dans cette urgence, je regrette le manque de recul sur la matière  objet de la numérisation : quoi numériser? Pour qui ? Pour quel usage outre la conservation du patrimoine ? Et l'adhésion un peu courte aux choix de Google-moteur qui vont jusqu'à ce que je définirais comme une compromission, je cite : " la grande majorité des internautes, notamment le grand public, n'attend pas véritablement une éditorialisation des archives : elle veut trouver ce qui l'intéresse". On y reviendra car cette appréciation est vraisemblablement fausse.

- La question de l'indexation et de la structuration des données et métadonnées est évoquée et sauf à lire l'annexe d'Alban Cerisier (ce que je n'ai pas encore fait) les indications restent un peu vagues.

- La place des réseaux sociaux est réduite à la portion congrue, c'est la cerise geek sur le gâteau. Les observateurs du Web 2.0 tiennent actuellement un discours autrement plus étoffé sur le phénomène. Cette déclaration rejoint un autre écueil : la construction d'un grand TOUT au moment même où le Web fait la preuve de sa dissémination la plus totale. Disons qu'il peut s'agir d'une confusion entretenue par Google lui-même entre le travail d'un moteur (avec ses résultats) et la constitution d'un entrepôt unique "national".

- Google n'a pas fait la preuve de ses qualités de "numériseur". D'autres partenaires privés ont sans doute plus de qualités. Pourquoi les écarter sur ce point ? Si une véritable industrie de la numérisation ne voit pas le jour en France, comment assurer les déploiements futurs sinon en se retournant à nouveau vers le même ? Sans mettre en cause l'expertise de la BnF, où sera la compétence ( = transfert de savoir-faire) que demanderont les bibliothèques ?

Et les (autres) bibliothèques dans le projet ?

Très peu citées - si l'on excepte les bibliothèques nationales- les bibliothèques n'apparaissent jamais comme des acteurs majeurs de consultation et de prêt , et très peu comme des acteurs de la numérisation. La vision à nouveau jacobine du projet semble en pleine contradiction avec le discours sur les réseaux sociaux en tant qu'accélérateurs de l'accès. Les réseaux de bibliothèques publiques se modernisent, accueillent des millions de lecteurs, sont  à l'écoute des attentes, numérisent très régulièrement et travaillent en partenariat via notamment leurs agences régionales de coopération, leurs consortiums  et leurs associations professionnelles.

La note en bas de page 24 ( position révélatrice) dit bien que "un tel accès pourrait être monétisable [on parle ici des ouvrages que les éditeurs ne souhaitent pas  publier à nouveau sous forme papier] par exemple[...] soit au sein des bibliothèques, sous la forme d'abonnement." C'est faire peu cas de la chose : les abonnés des bibliothèques réclament de tels services, les apprécient et savent dire quelles sont leurs demandes. L'arbre Google "gratuité-résultats" cache à nouveau la forêt de la lecture publique dont la responsabilité relève des mêmes décideurs qui commandent ce rapport. Alors, à quand des licences nationales dont la mise en place devrait relever d'un financement privilégié via le grand Emprunt ?

On ne va pas déplorer la "coopération verticale descendante" : le rapport ne propose aucune mesure réaliste pour remédier à cette situation, sinon une centralisation "verticale" des moyens.

Enfin, grande contradiction entre les intentions vertueuses qui consistent à ouvrir les portes de la BnF aux bibliothèques qui veulent numériser selon ses propres critères et sur marchés publics d'Etat (les juristes en discuteront plus tard dans le cadre de l'autonomie des collectivités locales) et la possibilité de qualifier le patrimoine écrit par le travail des milliers de bibliothécaires, dont c'est - quelque part- le métier. Parce que les seules communautés intéressantes se sont développées en dehors des grands systèmes et que l'impossibilité d'intégrer zazieweb dans un réseau de coopération est un exemple cruel et pas si lointain.

Sur ce point-là, les "nouvelles fonctionnalités simples d'utilisation mais innovantes" (page 29) qui seraient proposées ne correspondent pas au projet des bibliothèques qui disséminent, prennent place sur les réseaux sociaux et suscitent des communautés de proximité, si modestes soient-elles.

Créer ou recréer le grand TOUT (on parle aussi de mettre en oeuvre un moteur très performant) qui répondrait à toutes les attentes ne va pas dans le sens de l'Internet aujourd'hui : accès, oui, par un référencement solide (c'est le rôle des moteurs) mais surtout "donner la main" aux internautes qui savent indiquer les bons chemins quand les bibliothécaires ouvrent assez grand les portes de leurs bibliothèques numériques. Lesquelles se dessinent comme des espaces complémentaires et indissociables désormais de leurs lieux d'accueil.

edit  à la fin de la rédaction de ce billet : sans partager totalement les analyses d'Affordance , j'y souscris sur bien des points. Et notamment celui-ci : soulever la question du partage de l'indexation et du référencement (au sens bibliothéconomique) renvoie directement à la légitimité d'un réseau de lecture publique que ni Google ni le Gallica nouveau ne remplaceront.