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jeudi, 09 novembre 2006

Bib en prospective – le retour (2)

Le chapitre 1 se termine sur trois considérations : les TIC, le service (au) public, les tutelles.

TIC : par le prisme de la bibliothéconomie

Jpiké 1 cd a la bib : kif la meuf à la sorti

SMS , 2006, auteur anonyme

Une fois dépassées les considérations banales sur le phénomène Tic, le rapport se focalise sur la bibliothéconomie et sa nouvelle place. D’où l’apparition du dilemme « plus l’usager en apprend grâce au travail du bibliothécaire, parce que le bibliothécaire est bon, moins celui-ci est utile ». Cette tradition moyenâgeuse va-t-elle perdurer et s’amplifier avec les TIC ?
Ce serait donner au travail bibliothéconomique plus de vertus qu’il n’en a : la curiosité de l’usager, par exemple, ou encore la nécessité ; il n’y a pas de cercle vertueux de la connaissance et de l’accès au savoir appuyés uniquement sur le défrichement bibliothéconomique. Ce serait nier que la bibliothèque est un espace, culturel, mais social, un assemblage intelligent où les collections font sens ici et maintenant. L’ouverture (ou la fermeture) tient donc à d’autres paramètres bien plus essentiels à la survie des bibliothèques (et donc des bibliothécaires).
La question posée in fine des politiques documentaires est bien autrement capitale. Les chiffres très partiels d’analyse des emplois-jeunes ne comblent pas les lacunes ( les auteurs de l’étude en conviennent) d’un dispositif qui nie généralement l’arrivée - l’intrusion ? - de techniciens non-lettrés (encore eux !) parmi les bibliothécaires. Sans volonté d’ouvrir les bibliothèques à d’autres professionnels du social et du culturel, y a-t-il un salut ?

Service public, service au public.

« Public, mon amour … »
Pierre Desproges.

Entre l’interprétation des valeurs du Siècle des Lumières et celles du marketing de grande consommation, que faire, qu’y croire ? Faut-il servir ou susciter ? Attendre ou proposer ? La mise en œuvre de politiques de médiation a peut-être atteint ses limites, s’il y a survie de l’espèce en cause... Les publics dits « empêchés » ne suffisent plus à remplir les agendas des bibliothécaires, y adjoindrait-on les écoles, les IME, les personnes déficientes visuelles et/ou auditives. A imposer à nouveau dans la médiation ses propres objectifs, on n’y trouvera rien d’autre que ça : des bilans en terme de savoir, d’accès, des statistiques sur les modes d’usage, de pratiques. Il est vrai que l’on demande « du chiffre », mais comme à tout service public. La bibliothèque est loin d’être l’activité la plus menacée dans les collectivités. S’il manque peut-être une loi sur les bibliothèques en France, est-ce elle qui devrait dicter la nouvelle conduite des conservateurs, encadrer un service public de proximité, dont l’ampleur logistique tient au projet politique local ?
Donc, en quoi ces contingences empêchent-elles les bibliothécaires de changer dès maintenant, pour aller à la rencontre de leurs voisins, et au service d’un outil public …


Tutelles .. ou curatelles ?


Constat d’impuissance : l’Etat ne contraint plus les bibliothécaires à collaborer au projet commun de réseau d’établissements. Les considérations sont budgétaires : peut-on se passer de l’aide –parfois dérisoire – de l’Etat ? Peut-on économiser sur les effectifs ? Comment passer outre les incantations jacobines ?
Ces choix ne sont pas le fait des seuls bibliothécaires : leurs gestionnaires (élus notamment) savent bien manipuler les multiples échelons territoriaux pour arriver à leurs fins … L’étude ne dit pas le contraire, et tire un voile pudique sur les dérives.
Inégalités territoriales, absence cruelle d’inspection générale, ajustements managériaux sous couvert de la décentralisation, ambiguïté des positions des élus : le cocktail est explosif !

« Gardez-vous à gauche, gardez-vous à droite »


Ainsi donc voilà les bibliothécaires « lâchés » par tous, isolés dans leur pré carré, contraints à subir les pressions, déboussolés par les changements qui s’abattent sur leurs épaules.
Le constat est sévère, les bibliothécaires se trouvent « au cœur de tensions multidimensionnelles » ; c’est peu dire…
Le constat appuyé sur une réalité bien ordinaire ne donne à voir que très peu de voies de sortie par le haut. Et pour cause, les problématiques posées dans ce premier chapitre ne pouvaient porter en germe de solutions.

Qu’en sera-t-il des prochains chapitres ?

Et faut-il continuer à les décrire si l’horizon reste aussi chargé ?

18:30 Publié dans Bib en prospective | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

mercredi, 08 novembre 2006

Mutations du métier entre 1992 et 2002 (chapitre I) Bêtes curieuses.

Cette première partie donne à voir un état des lieux complet qui pose de manière pertinente la problématique du bibliothécaire dans son milieu, au contact des usagers et sa capacité de « bien vieillir chez soi ».

C’est dans ce contexte que les déclarations d’une décennie sont examinées par les entomologistes.

La juxtaposition des analyses en dit long sur ce qui anime LE débat. Ouvrant le feu par le rôle central de la tutelle (aujourd’hui déplacée dans le processus de décentralisation), les auteurs avouent leur forfait : personne - ou pas grand’monde – ne lit la prose des bibliothécaires sur les bibliothèques. Ils préfèrent Livres hebdo … La réduction (au sens culinaire du terme) du débat au diptyque légitimité intellectuelle du bibliothécaire / de la bibliothèque fait de nos congénères des agents publics dotés d’un sur-moi largement dimensionné. Le tout est de savoir si ce trait de caractère est une constante dans les métiers culturels ; ce n’est en tout cas pas le pire…

Alors qu’y a-t-il de changé depuis 1992 ?

Le discours sur l’intercommunalité n’est pas des plus convaincants, sauf à admettre que les notions de territoire de projet / de vie ont accéléré la mise en place de services culturels à valeur ajoutée. Le pari sur les EPCC était un peu risqué : il renvoie à la puissance de la tutelle quelle qu’elle soit et pis encore, au choix possible de ses collaborateurs dans et hors statut : le mixage invraisemblable nous priverait à coup sûr d’une autre étude sur la décennie 2002-2012 … L’anarchie guette les réseaux : les DRAC moins présentes, des alias de BDP (dans une communauté de communes par exemple), une compétence intercommunale à géométrie variable, ou encore la concurrence d’espaces culturels dans les centres commerciaux.
Passons.

Lettrés et/ou techniciens ?

Bref, les bibliothécaires doivent assumer leur double qualité de « lettrés » et de « techniciens » [les usagers aussi ? ]. Ce qui sous-entend que tout lettré peut devenir bibliothécaire (n’est-ce pas, chère Library Thing ?) mais peut-on – aussi -devenir technicien ? That is the question …
Autre point de ce chapitre : l’encadrement est curieusement restreint aux bibliothécaires. Les autres cadres A et B qui assurent la bonne marche des bibliothèques sont oubliés : attaché de conservation, rédacteurs par exemple ne figurent pas dans les tableaux statistiques, voire d’autres « techniciens » non-« bibliothécaires », exemple cette bibliothèque qui recrute – enfin- un technicien supérieur territorial pour gérer et piloter toutes ses applications informatiques. Internet. En revanche, est pointé avec pertinence le rôle managérial des directeurs/conservateurs, au risque d’en occulter leur capacité de « lettrés » à diriger le changement.
L’état démographique des bibliothécaires éclaire peut-être le sujet : la pyramide des âges est aussi hiérarchique, les agents du patrimoine auront à connaître de nouveaux conservateurs et bibliothécaires bien avant leur retraite : si ceux-ci veulent alors développer un nouveau projet de bibliothèque – c’est tout le mal qu’on leur souhaite - , ils auront à convaincre des collaborateurs-trices dans leurs dix dernières années d’activité ; ce n’est pas la situation la plus facile … En attendant, le choc peut être celui du choix des modes de fonctionnement et sans esprit de changement réciproque, il sera vraisemblablement frontal…

Formation : le bât blesse.

D’autant que le système de formation – concours est fortement critiqué : l’inadéquation générale est pointée comme une des causes du dysfonctionnement, sans grand espoir de changement. La spécificité très – trop ? – affirmée des bibliothécaires joue et a joué en leur défaveur : pas de passerelle entre cadres d’emploi, la logique d’enfermement isole les cadres dirigeants des établissements de leurs collègues. Sur le terrain, une analyse des organigrammes de collectivités le montre assurément : les communautés (d’agglo, de communes) ont tendance à créer des directions de la lecture publique, les communes en restent à un service d’une direction de la culture. Tout un monde entre ces deux pratiques, qui ne vont pas dans le sens d’une réconciliation.
Du coup le professionnalisme s’oppose à des positions arc-boutées sur « une crispation identitaire » dixit le rapport.

A suivre …

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mardi, 07 novembre 2006

Bib en prospective – le retour (1)

J’avais laissé en son temps cette étude dormir – mûrir pensant que quelqu’un s’y collerait.

Las ! ne voyant rien revenir, je m’attable à mes notes anciennes et reviens sur ce passionnant document.

L’étude est réalisée par des non-bibliothécaires (ou des a-bibliothécaires), mais deux des trois sont sociologues, la troisième est chargée du fonds documentaire du centre Pierre Naville
On y trouve aussi François Rouet, responsable de l’étude .

Cette analyse est donc la mienne, elle n’engage que son modeste auteur. Que les responsables de l’étude me pardonnent les libertés que j’ai pu prendre avec leur rapport d’excellente qualité. « Nous nous enrichissons de nos différences, nous avançons en comparant nos points de vue ».(Confucius ? )

On est entre nous

Etude limitée aux bibliothèques publique et à ses personnels de la fonction publique territoriale [ les conservateurs sont d’ailleurs joyeusement classés tous dans la fonction publique d’Etat – ils/elles apprécieront ] au sens large (tous les personnels travaillant en BM, sauf emplois-jeunes et vacataires).

Dimension synchronique et diachronie ? Non merci, jamais entre les repas
Ces deux termes correspondent à l’intitulé de l’étude, l’identité des bibliothécaires est définie par cette dimension synchronique tandis que la prospective est de la diachronie.
Comme c’est pratiquement la seule allusion au corpus sociologique, et après avoir consulté le manuel UNIMARC édition 2004 + la Dewey 21, on peut admettre que toutes les ressources des sciences molles seront à peine suffisantes pour faire front aux déclarations multiples des bibliothécaires eux-mêmes, objet du premier chapitre.

Sans aller tout de suite à la conclusion, on peut dire que l’étude n’est pas folichone pour les bibliothécaires. Le premier chapitre dresse un sombre tableau en insistant sur une sorte de déshérence du métier, le tout pimenté de piques assez assassines, finalement.
Le premier chapitre décrit la vie dans le zoo.
Les suivants traitent des collections (II), des publics(III), de l’élu et du manager (IV), des questions sans réponse [catégories, concours , fonctions réelles] (V), du devenir des bibliothécaires (VI).
Il y a aussi une conclusion, une bibliographie et des graphiques.

A tout prendre, cette victimisation aura peut-être des retombées salutaires, si l’on partage le postulat de départ : tout ça (les bibliothécaires sous perfusion, le public qui fout le camp, les collections qui roupillent) nous mène où ? A une prise de conscience (elle est déjà pas mal prise) ? A un scénario de sortie de crise ?

Mais :
« A présent, nous étions sûrs de nous en tirer »
Pourquoi j’ai mangé mon père – Roy Lewis – Actes Sud – 1990
Ben oui, Roy, « ask a librairian » !

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lundi, 22 mai 2006

"les bibliothèques ... ont beaucoup changé"

Par cette entrée en matière, les auteurs de la récente étude sur les bibliothécaires (merci à Olert de ce signalement) vont encore aiguiser les souffrances psychanalytiques des bibliothécaires ; qui supportera que SA bibliothèque change, à l'insu de ses bibliothécaires ?
A suivre ...
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edit : ce même jour, B&C commence par une remarque décourageante (mais sans doute juste) : qui lit quoi sur le métier ?

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