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mercredi, 28 avril 2010

Numérique dans le train des sénateurs

Il est cette fois très inexact de taxer les Sénateurs de lenteur. les choses numériques les passionnent et malgré l'aspect formel de cette table ronde, il faut noter qu'on aura entendu toutes les voix de la chaîne. Les récits en retour ne correspondent pas tout-à-fait à ce que j'ai entendu, comme ici, ou  , ce dernier étant notoirement incomplet.

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Des 16 ou 17 interventions, que retenir ?

1. il semble que la répartition du Grand Emprunt est décidée

2. une projet de loi sur le prix unique du livre homothétique a reçu la bénédiction générale.

3. la dimension européenne s'affirme.

4. Livre numérique homothétique : ques aco ?  la reproduction du livre papier au plus près. Son prix unique s'entend comme UN prix atrtribué à ce livre-là.

5. A noter la présentation par Bruno Racine (BnF) des  hypothèses de travail. des trois modèles décrits par lui : Google, subvention, corpus payant, aucune, dit-il ne correspond au Grand Emprunt. Les initiés comprendront, les éditeurs également.

6. Inviter des industriels de la chaîne numérique a été bénéfique : il existe donc des alternatives ! ET certaines présentent peut-être l'avantage de prendre en compte une valorisation réelle des documents numérisés.

7. Marc Tessier revient sur les suites de son rapport et reconnaît que le paysage a changé. L'idée d'une plateforme reste d'actualité mais il insiste par ailleurs sur les deux entrées : un moteur de recherche et de grands sites francophones, exhasutifs et indexables sans exclusivité. Il faut donc "jouer collectif".

Quelques bons mots aussi : citations littéraires, réactions de J Ralite, enthousiasme communicatif de JN Jeanneney, et in fine, le dernier mot au représentant de Google France. Mais quel sens peut avoir cet acte, peut-être pas si manqué ?

revoir la séance : http://www.publicsenat.fr/emissions/seance/table-ronde-qu...

notes tweet : http://twitter.com/mercurekotkot ou #senat

 

edit 2 mai

billet de Parapominènes : http://paralipomenes.net/wordpress/archives/988

chez Non-fiction : http://www.nonfiction.fr/article-3361-quel_avenir_pour_le...

les positions de l'IABD : http://iabd.fr/spip.php?article99

 

lundi, 15 mars 2010

Le SNE et moi

Invité à prendre la parole  le 31 mars aux assises numériques du SNE (pendant le Salon du livre), je rumine ce que je vais dire ( et ne pas dire). Et peut-être me contenter de ce billet qui après parution, me vaudra de ne plus être invité.

Je voudrais exprimer 1 350  idées simples :

01. quand on lit, quand on aime lire, on est curieux de tous ses supports et on attend des libraires que les livres soient mis aux nouveaux formats, très naturellement.

42.  quand on travaille pour une bibliothèque, on souhaite avoir un Service d'Accès au Livre Numérique ( un SALINUM) pour proposer à tous les abonnés de lire les livres numériques acquis par la bibliothèque, sans avoir un manuel juridique sous la main.

113.  quand on s'occupe des acquisitions dans une bibliothèque, on aimerait disposer d'un accès au livre numérique sous forme d'une sorte de licence négociée avec son libraire, pour compléter/suppléer/ supplémenter l'existant (matériel). ce qui respecte les droits et offre un vrai service.

679. quand on parle avec des usagers de bibliothèques, (enfin, s'ils ne sont pas sur leurs smartphones ou leur netbooks), on n'aime pas trop leurs remarques sur notre léger retard en matière de dispositif numérique. Surtout quand par ailleurs, on sait un peu être présents sur les réseaux sociaux.

1107.  on s'en sortira ensemble ou pas du tout  : auteurs, éditeurs, diffuseurs, distributeurs, libraires, bibliothécaires (et pas forcément bibliothèques) ont partie liée parce que dans une chaine économique et  médiatrice du livre. Si chacun en est persuadé, c'est mieux.

1283.  ce serait bien de parler ensemble de droit de prêt du livre numérique, mais aussi et surtout de livres numériques augmentés, de services croisés, de projets communs.

1350. Nous sommes le 1er avril 2010. A la suite des Assises Numériques du SNE, trois décisions importantes ont été prises :

- le taux de TVA du livre numérique est abaissé à 5,5 % pour les bibliothèques publiques, par décision des éditeurs et des  libraires.

- Les éditeurs ont demandé à leurs diffuseurs et distributeurs de mettre en place une licence d'accès aux livres numériques sur la base d'un contrat que les libraires feront fonctionner dans le cadre des acquisitions de bibliothèques ( durée, nombre d'accès, tatouage des oeuvres...)

- quand droit de prêt numérique il y aura , le reversement sera effectué en partie dans un fonds destiné à  numériser les oeuvres orphelines qui seront remises gratuitement aux bibliothèques ( accès abonnés et sur place).

1er avril ? vous avez des doutes sur cette date ? Pourquoi ?

 

 

vendredi, 26 février 2010

Bibliothèques : du portail à la plateforme ?

Affaire sémantique peut-être mais pas seulement.

Les questionnements sur les portails de bibliothèques datent de la période 2004-2007. Ils correspondaient à une volonté d'améliorer qualitativement et quntitativement l'offre en ligne : de services, de contenus.

Les réflexions du jour prennent deux directions :

- tout dans les "nuages" tout est là-bas; le principe de territorialité en prend un sacré coup

- rien dans les poches, sauf un smartphone ; mobilité extrême.

Ces deux directions ( sans doute et sûrement convergentes) changent la nature de l'exercice. Ce qui était conçu comme un ensemble de services ( à l'usager, à l'abonné, aux publics spécifiques, etc...) pourrait devenir une plate-forme d'applications où redevient premier le "besoin" de l'usager/abonné =

- un Opac mobile vous rendrait service,  ? et hop !

- bienvenue dans la "Bib apps" et faites vos choix : gestion de compte, derniers doc numériques, nouveautés, et, non, pas les sélections biblio, oui  oui les choix jeunesse, et plutôt les conférences après 18 heures

- "et au fait vous me conseillerez quoi comme encyclo en ligne?"

A suivre...

Ecosse - Plateforme Offshore.jpg

 

08:10 Publié dans Bib en prospective, Bib Mob | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : nuages, smartphone, mobile, toulouse, plateforme, sigb, opac mobile | |  Facebook | | |

jeudi, 14 janvier 2010

Dans le rapport Tessier, il y a

Ma lecture complète du rapport Tessier, après une première réaction quasi épidermique, s'attache à pointer deux problématiques :

- en quoi le rapport fait-il avancer réellement la question de la numérisation du patrimoine écrit ? Et pour quels accès ?

- quelle est/sera la place des bibliothèques dans le futur dispositif ? Et quel rôle sera dévolué aux bibliothécaires ?

Les fleurs : un rapport d'une rédaction claire et intelligente.

- Rien à dire sur la lecture agréable : rédaction concise, notes explicatives vraiment explicatives, historique restitué pour l'essentiel. On suit sans difficulté l'évolution du dossier, on identifie les acteurs.

- les propositions sont énoncées clairement et  argumentées.

Les épines : les obsessions, les malaises, les manques.

- Google est décrit à la fois comme un moteur, un acteur de la numérisation, une plate-forme. Dont acte.  Ce qui est plus troublant, c'est que le positionnement suit toujours le même chemin : Gallica par rapport à Google ( améliorer l'interface, le moteur en page 7). Dans cette urgence, je regrette le manque de recul sur la matière  objet de la numérisation : quoi numériser? Pour qui ? Pour quel usage outre la conservation du patrimoine ? Et l'adhésion un peu courte aux choix de Google-moteur qui vont jusqu'à ce que je définirais comme une compromission, je cite : " la grande majorité des internautes, notamment le grand public, n'attend pas véritablement une éditorialisation des archives : elle veut trouver ce qui l'intéresse". On y reviendra car cette appréciation est vraisemblablement fausse.

- La question de l'indexation et de la structuration des données et métadonnées est évoquée et sauf à lire l'annexe d'Alban Cerisier (ce que je n'ai pas encore fait) les indications restent un peu vagues.

- La place des réseaux sociaux est réduite à la portion congrue, c'est la cerise geek sur le gâteau. Les observateurs du Web 2.0 tiennent actuellement un discours autrement plus étoffé sur le phénomène. Cette déclaration rejoint un autre écueil : la construction d'un grand TOUT au moment même où le Web fait la preuve de sa dissémination la plus totale. Disons qu'il peut s'agir d'une confusion entretenue par Google lui-même entre le travail d'un moteur (avec ses résultats) et la constitution d'un entrepôt unique "national".

- Google n'a pas fait la preuve de ses qualités de "numériseur". D'autres partenaires privés ont sans doute plus de qualités. Pourquoi les écarter sur ce point ? Si une véritable industrie de la numérisation ne voit pas le jour en France, comment assurer les déploiements futurs sinon en se retournant à nouveau vers le même ? Sans mettre en cause l'expertise de la BnF, où sera la compétence ( = transfert de savoir-faire) que demanderont les bibliothèques ?

Et les (autres) bibliothèques dans le projet ?

Très peu citées - si l'on excepte les bibliothèques nationales- les bibliothèques n'apparaissent jamais comme des acteurs majeurs de consultation et de prêt , et très peu comme des acteurs de la numérisation. La vision à nouveau jacobine du projet semble en pleine contradiction avec le discours sur les réseaux sociaux en tant qu'accélérateurs de l'accès. Les réseaux de bibliothèques publiques se modernisent, accueillent des millions de lecteurs, sont  à l'écoute des attentes, numérisent très régulièrement et travaillent en partenariat via notamment leurs agences régionales de coopération, leurs consortiums  et leurs associations professionnelles.

La note en bas de page 24 ( position révélatrice) dit bien que "un tel accès pourrait être monétisable [on parle ici des ouvrages que les éditeurs ne souhaitent pas  publier à nouveau sous forme papier] par exemple[...] soit au sein des bibliothèques, sous la forme d'abonnement." C'est faire peu cas de la chose : les abonnés des bibliothèques réclament de tels services, les apprécient et savent dire quelles sont leurs demandes. L'arbre Google "gratuité-résultats" cache à nouveau la forêt de la lecture publique dont la responsabilité relève des mêmes décideurs qui commandent ce rapport. Alors, à quand des licences nationales dont la mise en place devrait relever d'un financement privilégié via le grand Emprunt ?

On ne va pas déplorer la "coopération verticale descendante" : le rapport ne propose aucune mesure réaliste pour remédier à cette situation, sinon une centralisation "verticale" des moyens.

Enfin, grande contradiction entre les intentions vertueuses qui consistent à ouvrir les portes de la BnF aux bibliothèques qui veulent numériser selon ses propres critères et sur marchés publics d'Etat (les juristes en discuteront plus tard dans le cadre de l'autonomie des collectivités locales) et la possibilité de qualifier le patrimoine écrit par le travail des milliers de bibliothécaires, dont c'est - quelque part- le métier. Parce que les seules communautés intéressantes se sont développées en dehors des grands systèmes et que l'impossibilité d'intégrer zazieweb dans un réseau de coopération est un exemple cruel et pas si lointain.

Sur ce point-là, les "nouvelles fonctionnalités simples d'utilisation mais innovantes" (page 29) qui seraient proposées ne correspondent pas au projet des bibliothèques qui disséminent, prennent place sur les réseaux sociaux et suscitent des communautés de proximité, si modestes soient-elles.

Créer ou recréer le grand TOUT (on parle aussi de mettre en oeuvre un moteur très performant) qui répondrait à toutes les attentes ne va pas dans le sens de l'Internet aujourd'hui : accès, oui, par un référencement solide (c'est le rôle des moteurs) mais surtout "donner la main" aux internautes qui savent indiquer les bons chemins quand les bibliothécaires ouvrent assez grand les portes de leurs bibliothèques numériques. Lesquelles se dessinent comme des espaces complémentaires et indissociables désormais de leurs lieux d'accueil.

edit  à la fin de la rédaction de ce billet : sans partager totalement les analyses d'Affordance , j'y souscris sur bien des points. Et notamment celui-ci : soulever la question du partage de l'indexation et du référencement (au sens bibliothéconomique) renvoie directement à la légitimité d'un réseau de lecture publique que ni Google ni le Gallica nouveau ne remplaceront.

 

 

samedi, 18 novembre 2006

Bib en prospective : le retour (3)

Ceci n’est pas un bibliothécaire.

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Consacré aux collections, le chapitre II décrit les méthodes employées dans les bibliothèques pour les trois opérations acquisitions / catalogage-indexation / équipement- mise en service, en soulignant les particularités et les problématiques du métier.

Appelé improprement - à mon avis - « les collections, le cœur du métier menacé ? », ce chapitre ne nous apprend rien de bien intéressant. Expériences de BDP ou de BM s’enchaînent autour des problématiques de catalogage à la volée ou d’indexation de « haute intelligence ».
Résultat : que reste-t-il au bibliothécaire si on ne le laisse pas faire ces deux choses-là, nom d’une pipe ?
La partition travaux nobles –tâches ingrates ne m’a pas convaincu. Et les digressions sur les chauffeurs de bibliobus reconvertis [sic] en équipementiers et rangeurs de documents reste anecdotique.
Sur les acquisitions, les exemples donnés laissent sur sa faim. Et pourtant sans doute est-ce ici que se passe le débat le plus intéressant (et le plus difficile) : qui décide de la cohérence des acquisitions, de leur pertinence, et de leur opportunité ? Comment est prise en compte la demande de l’usager ? Quid de la complémentarité intelligente des supports : livres, revues (leur lecture est plutôt en hausse), sources numériques, Internet, DVD documentaires, etc… ?

Franchement, le livre rôde encore beaucoup autour des bibliothécaires et finalement leur empoisonne la vie…


Prochain épisode (chapitre III)‘: l’évolution des publics et les transformations du travail […et inversement]

23:30 Publié dans Bib en prospective | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |