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lundi, 04 octobre 2010

Lorsque l'Iabd paraît, le cercle...

 

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N'ayons pas peur des mots, le lundi 4 octobre 2010 restera comme une date plus que fondatrice dans la galaxie des bibliothèques, services d'archives et de documentation publiques français : la création de l'association IABD... pour Interassociation Archives Bibliothèques Documentation ... décidée par 16 associations professionnelles.

Remplis de A de B de D, les sigles de ces associations aux noms imprononçables cachent une formidable énergie au service de leurs missions de service public [la répétition est volontaire]. Le pari engagé depuis quasiment 2005 était d'imaginer un collectif apte à faire œuvre de propositions constructives chaque fois que le législateur, les pouvoirs publics ou encore les partenaires privés menaçaient les libertés fondamentales de l'accès au savoir et à la connaissance. Dadvsi, puis Hadopi mais aussi Acta, œuvres orphelines, conseil Comité des Sages, commissions Tessier (patrimoine numérique), Prisunic pour ne citer que les plus emblématiques des projets, [je mettrai les liens plus tard, en attendant allez donc voir http://iabd.fr ] ont été l'occasion de forger une culture particulière et collective.

Réjouissante journée qui voit la création d'une association de type fédératif où doit être mise en œuvre une gouvernance spécifique tournée entièrement vers l'efficacité.

L'outil va se rôder, gommant peu à peu les aspérités inutiles, gagnant en efficience. Les dossiers très souvent traités tournaient autour du numérique. La froideur des bits et des pixels a été submergée par de chaleureuses collaborations acquises au prix de nuits d'écriture ingrate (droit, amendements, analyses), de réunions-fleuve, de milliers de mails qui étaient autant de petits cailloux semés sur le chemin.

Trop lyriques pour être vraies – et pourtant, ces phrases disent avec d'autres combien le but atteint est au-delà de la satisfaction des acteurs que nous fûmes : il témoigne de l'extraordinaire vitalité des métiers et des hommes, contre vents et marées.

Et parce qu'il ne le reconnaîtra jamais, je dédie ce billet à Dominique Lahary sans qui rien n'aurait été possible ; sa modestie dût-elle en souffrir, nous lui devons beaucoup, vous lui devez beaucoup, pour son courage, sa clairvoyance, sa maîtrise dialectique habilement dissimulée sous les habits d'une certaine bonhomie. Redoutable bretteur verbal, rédacteur intransigeant, il nous a fait marner mine de rien, et il fait en sorte que l'aventure humaine donne sens à l'action. Michèle, Lionel, Christophe, Gilles, Silvère, Aurélia et beaucoup d'autres peuvent en témoigner.

Assez parlé, au travail : les chantiers ne s'arrêtent pas. Et longue vie à l'IABD

edit 5 oct : le communiqué officiel de l'Iabd

 

21:50 Publié dans BIB, Bib en prospective | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : iabd, bibliothèques, dadvsi, hadopi, acta, prisunic | |  Facebook | | |

mardi, 29 juin 2010

Biblio-surveillance

Nouveau concept : la biblio-surveillance.

On trouve ça dans la brève parue sur le site de l'Enssib , laquelle a été abondamment relayée sur les réseaux sociaux. Elle est titrée exactement : " La direction de la BM de Toulouse sous surveillance"

Petite exégèse.

- la "BM de Toulouse n'existe pas" : c'est une BMVR, notion que les membres de l'ADBGV et de l'association ne peuvent ignorer. Soyons précis.

La transparence des communiqués.

- pour l'ADBGV,"limiter le profil d’un directeur de bibliothèque à l’administration et au management, si importants soient-ils, ne peut conduire qu’à la réduction des objectifs et des services proposés". Il y a en ce moment bien des bibliothèques touchés par la "réduction" et pourtant dirigées par des conservateurs. Ne pas oublier que les bibliothèques publiques sont généralement des services de collectivités et soumises, comme les autres, à des règles de gestion, des plans de développement avec objectifs, etc.. On parle ici d 'argent public dont sont comptables les élus; une association en a même fait le thème de son congrès.

- L'Enssib relaie les positions de l'ADBGV et de L'AAEE (Association des anciens élèves de l'enssib). Mais où est le communiqué de l'AAEE ?

- Petite question : pourquoi cette nomination n'a-t-elle pas été annoncée le 7 mai par l'ADBGV  avec les autres nominations de directeurs, dont voici le texte intégral :

"Mutations et nominations de Directeurs

Mutations et nominations de Directeurs à partir du 1er septembre 2010, sont nommés Monsieur Serges Bouffanges à la BMC de Bordeaux, Madame Isabelle Ramon à la BMC de Colmar, Rodolphe Leroy à la BMC Dole, Anne-Françoise Blot à la BMC d'Orléans."

Est-ce à dire que la nouvelle directrice de la BMVR de Toulouse sera "persona non grata" dans cette association  ?

Pourquoi tant de passion ? (corporatisme exclu)

Sans prendre position sur le fond (parce que je n'ai vraiment aucun titre pour le faire, même si j'ai une opinion là-dessus), je sais que selon le code général des collectivités  "le Maire nomme et pourvoit à tous les emplois".

La définition des missions telle qu'on peut la  lire ici n'est pas en contradiction avec la décision. Et à lire le descriptif d'un cycle de  formations proposées par le CNFPT , est mise en avant "la fonction stratégique".

Quant à l'affirmation selon laquelle "un directeur bibliothécaire est plus armé pour comprendre les multiples enjeux de la société de l’information, avec une vision d’ensemble des problématiques liées à l’évolution du monde des bibliothèques et des pratiques culturelles", je laisse à l'Adbgv la responsabilité de cette déclaration. Ayant des yeux pour voir et des oreilles pour entendre, il serait un peu vain de prétendre que la présence de "directeur bibliothécaire" a permis et permettra à toutes les bibliothèques de changer, sans un sérieux coup de main , à l'aune des mutations importantes du contexte culturel actuel.

Cet ostracisme semble bien singulier, même si on peut comprendre combien le corps des conservateurs (Etat ou territoriaux) est surpris de cette décision de nomination.

J'ai déjà donné mon avis sur les rapports collectivités-bibliothèques et sans me draper dans le film autocollant de la vertu, je remercie d'avance celles et ceux qui auront compris que j'essaie de dire que l'essentiel est à la fois ici et ailleurs, autrement dit dans une culture de projets, acceptant qu'à un moment donné - et sans a priori - viennent au secours des bibliothécaires des professionnels mieux équipés en ce moment pour un changement sur un territoire donné. En souhaitant que la biblio-surveillance s'exerce des deux côtés et que dans quelque temps, on fasse un bilan de cette nouvelle expérience de conduite du changement.

Le débat reste ouvert.

A suivre...

edit prémonitoire : le billet de B Calenge Polyvance du bibliothécaire : encore une ambiguïté ?

edit nombreux : le débat est donc ouvert

Apparemment ce billet a ouvert les portes d'une loghorrée abondante, c'est le moins qu'on puisse dire.

- Dans le désordre, A la Toison d'or, pour un billet intitulé " de quoi les bibliothécaires sont-ils des professionnels ? "

- Dindon travesti pour un billet "l'administrateur en BM... quelle histoire !" /

- Des Bibliothèques 2.0 pour un libelle "Pourquoi un administrateur à la direction d'une bibliothèque du'ne BM est une bonne chose"

- Ensuite on passe dans d'autres sphères. Nicomo salue l'arrivée de la nouvelle directrice par un "Bienvenue à Toulouse"  ce qui ne manque pas de piquant quand on sait qu'il y est depuis quelques semaines ; on aura donc hâte de le voir rencontrer la nouvelle directrice pour officialiser son arrivée. Donc Bienvenue à Nicomo :-)

- "Chroniques d'un échec annoncé" du Nombril de Belle Beille revient aux prolégomènes de l'affaire.

edit 5 juillet par Pinitinblog :   Ce dont les bibs ont besoin

 

23:00 Publié dans BIB | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : bibliothèques, toulouse | |  Facebook | | |

vendredi, 04 juin 2010

bibliothécaires : pourquoi la grève ?

On va dire que ça peut faire drôle de parler de ça en plein milieu des affaires 2.0 ou 3.0. Ceux qui n'y voient pas de lien ont du souci à se faire. Et à écrire, ça n'a rien de binaire.

On va dire que ça se passe dans un réseau de bibliothèques en France. Dans cette collectivité, il y a une réforme importante des aménagements des temps de travail, comme le passage de 35 à 37 heures, compensées d'ailleurs par des journées RTT. C'est l'harmonisation, est-il expliqué, tout le monde doit travailer 20 jours sur un cycle de 4 semaine. Tout le monde, ce sont tous les agents de la collectivité. Les bibliothèques, c'est ouverture tous les samedis et tous les dimanches. Alors, les cycles prennent en compte des semaines de 6 jours puis de 4 jours. Bref, depuis longtemps, ça fonctionne comme ça, avec un système  de comptage des heures, des plages variables, des plages fixes, bref rien de bien différent d'autres réseaux.

Et l'annonce du changement, sa rapide mise en oeuvre créent, naturellement, de l'émoi,  des questionnements, voire de l'angoisse. On passe sur les autres mesures comme le paiement des dimanches ou le calcul de congés : cette partie-là est un peu technique, elle est élaborée par des spécialistes, on ne discute pas de ça.

Mais alors de  parle-t'on ? D'un nouveau rythme de travail - harmonisé donc - qui concerne la vie de chacun, là et maintenant, sur son lieu de travail. C'est un lieu singulier, la bibliothèque, espace social, espace culturel où chacun se frotte tous les jours aux fréquenteurs, usagers, abonnés, habitués. Lesquels aussi doivent connaître des changements brusques, on le sent bien, les temps sont durs. Il y a certainement plus difficile comme situation que celle des bibliothécaires, sans doute. Mais cette situation-là, les bibliothécaires la portent devant eux, les usagers, tous les jours et ils angoissent.

Pas seulement parce qu'il va falloir changer, et peut-être ravaler des rêves d'harmonie  (pas harmonisation) pour faire au mieux son travail d'accueil, d'écoute, de conseil, de référence, d'animation. Les conditions changent, c'est décidé ainsi, et elles entraînent du coup d'autres changements.

C'est dans l'air, comme on dit, il y a cette vibration, un bruissement un peu réprobateur. Le sentiment qu'il se perd quelque chose (mais quoi ?) en rapport avec le travail. Pas seulement des libertés ou des facilités acquises (ce qu'on pourrait appeler des conditions estimées assez confortables), non, autre chose, comme le sentiment qu'il y  a un lien (même si ténu) entre le travail, ses "conditions de" et le fait qu'il s'agit de recevoir des habitants, dans cette ville, celle-là dont les élus souhaitent harmoniser plus. Plus, mieux, assez vite, de manière égalitaire peut-être, changer les règles, pour harmoniser.

La grève, elle, se base sur des demandes, des revendications : les postes vacants, un moratoire sur la mise en oeuvre, ce sont des points précis, argumentés. Dans les négociations, on discute de ça, des revendications.

Mais dans l'air, cette chose ténue, elle raconte une autre histoire. Celle de professionnels qui assurent - comme bien d'autres - leurs missions, en y pensant souvent, parce que, là, il n'y a pas d'harmonisation possible : il faut même y penser tout le temps, pour aménager, créer, améliorer le service public.  Les contenus, c'est tout ce qui fait accès au savoir, à la connaissance, à l'information aussi. Et au loisir, pour soi, sa famille. Cette responsabilité-là, à qui est-elle ? A qui devrait-elle revenir ? Les "harmonisateurs" sont bien sûr très occupés, cette partie-là n'est pas dite, en tout cas pas avec la  même urgence, en tout cas pas ressentie comme telle.

Et à un moment donné, il y  a une étincelle . Les revendications + sentir que va échapper la responsabilité = une question de dignité. On dira : "ces cultureux, quand même". C'est pour ça qu'ils sont cultureux, ils pensent en même temps qu'ils font - attention ils ne sont pas les seuls à le faire - mais eux, ils le font devant le public, en permanence, pas derrière des bureaux ou une fois devant les habitants, pour une réunion (attention encore, il y en a beaucoup qui font ça très bien aussi).

Mais l'exposition permanente, non, ils ne connaissent pas tous, ils ne savent pas, dans leur chair, dans la tête ; ça se cache ça derrière les plaisanteries sur les "habitués", ou bien on est fiers de nouveaux services, de nouvelles attitudes. On doute, on expérimente, c'est toujours en direct.

Et quelque part, la, ça ne fonctionne plus. Alors, c'est le blocage, dans les têtes.

Et c'est la grève, pas d'ouverture le dimanche ; le dimanche c'est beaucoup de monde. La décision c'est de débrayer tous les dimanches. Un jour pas comme les autres, pour faire la grève. Un jour où on peut souffler, reprendre ses esprits, comme on dit, se reposer, se calmer, tisser et retisser ses liens familiaux, amicaux, amoureux, ne rien faire. Mais ces dimanches-là, il faudra penser au débrayage, à la grève. A ce qui fait que l'harmonisation ne produit pas pour l"instant de la joie, du plaisir de travail, de la fierté de service public.

En fait cette autre revendication, non écrite, tacite, c'est que le service public ça se fait à trois : des usagers, des élus (qui ne sont pas encore venus) et des agents. Et que chacun doit y participer. Le tacite c'était que chaque partie avait son mot à dire, que ces mots à dire faisaient la qualité du service public.

Et je crois que pour ne pas perdre ça, voire le rappeler aux deux autres parties, les bibliothécaires font grève.

 

07:24 Publié dans BIB | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : grève, bibliothécaires | |  Facebook | | |

lundi, 31 mai 2010

livre numérique : avant après

Il peut sembler plus que désuet d'envisager de passer une partie de cette journée  à mettre au point un service de prêt de liseuses pour des bibliothèques volontaires et adhérentes physiques à une association réelle. C'est pourtant ce que je vais faire.

Qualifiée de préhistorique, parce qu'elle commence il y a deux ans, autant dire une vie de révolution numérique,  cette démarche reste tellement anecdotique que l'arrivée de tablettes dans les bibliothèques en est encore à ses balbutiements : Angers, la Roche-sur-Yon, la BDP de la Meuse, quelques autres encore.

Et donc en quoi l'arrivée d'une tablette tactile, connectée pourrait-elle changer la donne ? En ouvrant grands les réservoirs de livres numériques ? Mais quelle bibliothèque sait aujourd'hui les mettre à diposition de ses lecteurs ( livres sous droits) ? Et quelle bibliothèque sait acheter des livres numériques (sous droits) ?

L'avant / l'après n'est donc pas la sortie médiatique d'un support, aussi tentant soit-il (fût-il).

L'avant / l'après :

- quand le service d'accès sera existera pour les bibliothèques, ouvert largement, en quantité comme en qualité

- quand les bibliothécaires auront intégré le numérique comme une chance, une inestimable opportunité d'augmenter leurs références et de les avoir mis à disposition de qui en a besoin

- quand les bibliothèques en réseau articuleront intelligemment avec les autres acteurs des accès leurs expertises différentes mais complémentaires

- quand l'expérimentation publique deviendra un mode légitime de progrès mutualisé et mutualisable.

En attendant ...

lundi, 17 mai 2010

livres numériques ascensionnels

Premier étage d'une fusée qu'on souhaite enfin prête à décoller : les éditeurs font union sur la mise à disposition de livres numériques. Ce qui permettra aux libraires de proposer une offre enfin cohérente.

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Premier étage, parce qu'on en verrait bien un deuxième : l'accès à un service de livres numériques pour bibliothèques, assorti de tout l'arsenal imposé des droits.

Ce service devra correspondre à deux préoccupations :

- assurer un large accès au livre numérique auprès des abonnés (le modèle un livre numérique acheté - un livre numérique "prêté"  va devoir disparaître), ce qui suppose en effet une bibliothèque numérique représentative des collections, fonds, actualités (et donc pas seulement patrimoniale),

- garantir les droits légitimes des uns et des autres.

Tout est dans l'équilibre entre ces deux demandes. Mais cet équilibre demande une gestion paritaire intelligente, c'est-à-dire une négociation toutes parties prenantes. En rappelant que l'accès au service doit être neutre et libre. Du coup les autres propositions vont-elles passer à la trappe ?

Aldus, veilleur attentif, a annoncé la nouvelle. Le communiqué est chez epagine.

Nota : mais d'autres pistes déjà...

- un point de vue prochedu communiqué,  chez izibook

- celle de l'édition électronique, pistée par Marin Dacos et Pierre Mounier dans ce billet ;

- la position de l'Iabd à  travers ces interventions, et communiqués et les commentaires à la suite de la table ronde du 28 avril 2010 au Sénat.