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mercredi, 23 janvier 2013

Partenariats BnF : pour un plat de lentilles ?

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Esaü abandonne son droit d'aînesse  à Jacob pour un plat de lentilles

Le Louvre

 

Numérisation du domaine public : l'affaire des contrats passés entre la BnF et trois opérateurs a fait grand bruit dans le Landernau des bibliothèques et c'est légitime.
Une fois passées les premières émotions dues au grandissime bouleversement que chacun juge à l'aune de ses activités, qu'en retenir ?

Ce qui me paraît le plus frappant, c'est la négation absolue de ce que j'appelle la culture numérique. Je la définirais ainsi :

- une attention portée aux usagers : que veulent-ils ? Comment pourraient-ils collaborer ? Comment recueillir leur avis AVANT (et non après ou ...jamais) ?

- une réelle volonté de partage, dont les conditions doivent se situer au plus près des préoccupations essentielles : pertinence des données numérisées, dissémination aisée (formats, coûts d'accès, gratuité du bien), échange collaboratif...

- une avancée de l'intelligence collective : partager pour créer et produire, créer pour partager ;

- un débat sur la mise à disposition des biens culturels, parce que la méthode porte la manière dont les contenus vont finalement revenir aux propriétaires (les usagers/citoyens que nous sommes).

Du coup cette captation paraît insupportable, au regard de ce que les autres bibliothèques publiques - notamment - réalisent aujourd'hui. Insupportable mais surtout à contre-courant de tous les projets menés dans les réseaux.

Comme si la France de la connaissance était coupée en deux : d'un côté les chemins [f]rigides des pouvoirs en place, engoncés dans les process d'avant, de l'autre les tenants d'un service public basé sur la réappropriation par les usagers eux-mêmes. La vérité est un peu différente.

Parlons argent, nerf de la guerre numérique.

La numérisation coûte cher, son exploitation encore plus : qui le fera dans un cadre aussi contraignant ? Qui risquera le travail de médiation quand il est appuyé (pour une longue durée) sur une exclusivité telle qu'on peut parler du retour des clercs dans l'accès au savoir.

Nombre de projets issus des mouvements de culture numérique sont nés et financés avec peu, sans rien ôter à leurs qualités, aux développements industriels qui les prolongent. En passant, ils ont créé du neuf : dans le partage, dans la méthode, bref, ils ont participé au renouvellement.

Contraindre la matière numérique publique à un compromis qui fait entrer l'exclusivité est vécu comme moralement dégradant.

Quelle que soit l'issue des futures rencontres sur le sujet (car il y en aura), demeurera le doute, celui qu'une bibliothèque nationale fait peser sur le domaine public : il est aliénable.

De l'autre côté, la minceur du dossier - au regard de la masse de documents en attente de numérisation - fait prendre un bien grand risque. Peut-être pour un plat de lentilles ?

A suivre ...



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