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mardi, 15 janvier 2008

Maudire le siècle avec l'ABF

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"Il sera toujours plus facile de maudire le siècle et de traquer les travers supposés d'autrui dans le confort d'un blog personnel ou d'une liste de diffusion que de construire un dialogue respectueux avec des collègues d'établissements et d'horizons différents."

Cher président de l'ABF, quelle chikungunya - à la nouvelle année 2008 - vous a piqué en opposant dans l'édito du dernier Bibliothèque(s) vie associative et blogueurs, réseaux de bloggueurs ou listes de discussion ?
Ne les avez-vous pas vus présenter leurs points de vue dans les colloques, animer des formations, débattre du métier commun qui nous réunit ? Croyez-vous qu'ils seraient mieux, plus à l'aise ou plus efficaces au sein d'une association, fût-elle centenaire comme celle que vous animez ? En quoi vous enlèvent-ils quelque chose ?
Nous n'avons pas gardé les billets de blog ensemble (enfin, je ne crois pas) et il faudrait raison garder.
Bouquinosphère , bibliocamp, rencontres autour des thèmes du Web 2.0 (ô combien demandés, réclamés par les bibliothécaires et avec raison) : autant d'occasions d'échanger sur nos métiers, nos pratiques et de croiser nos réflexions avec d'autres professionnels , chercheurs, universitaires des sciences de l'information et de la communication.

D'où ces réactions [commentaires] qui pointent alors même que la dernière livraison de la revue abéfienne donne à penser et plutôt dans le bon sens.

Paradoxalement, (mais Edgar Morin le dit bien : assez de manichéisme, il y a du bien dans le mal et du mal dans le bien), à évoquer le phénomène des blogs, on pense à ces hésitations qui se font jour ici et .
Errare humanum est et blogum perseverare.
Ce qui pourrait s'apparenter à un petit phénomène de diffraction ne devrait pas détourner complètement les bloggueurs de leur tâches, quelle que soit la fonction cathartique de l'exercice (il y des fous plus dangereux). Et ne pas oublier le décalage certain entre l'action "messianique" d'une poignée et la dissémination des idées qui aboutiront à des projets professionnels - encore que la vitesse des prestataires laisse parfois à désirer... Mais voilà un terrain où nous pourrions travailler ensemble.

Il faudrait donc rendre à Voltaire (in Lettres en vers et en prose) la citation complète dont vous vous êtes (peut-être) inspiré :
"Je maudis mes travaux et mon siècle et les arts"
Eh bien, non !

Salutations blogueuses

08:32 Publié dans BIB | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : ABF, bibliothèques, blogs de bibliothèques, bibliopedia, Voltaire, Edgar Morin, France Inter | |  Facebook | | |

Commentaires

Merci d'avoir souligner si justement la contradiction inhérente aux propos du Président de l'ABF. Celui-ci appelle la profession à la réflexion, au débat et au dialogue, tout en fustigeant l'expression des blogueurs ainsi que les interventions sur les listes de diffusion sans doute jugées inopportunes.
Singulière invitation à la prise de parole et à l'échange démocratique qui semble vouloir en limiter l'exercice à l'intérieur des structures autorisées. Nicolas Blondeau.

Écrit par : mediamus | mercredi, 16 janvier 2008

"il y a une forme de paradoxe à accueillir chaque année des millions d'usagers dans nos bibliothèques tout en voyant le nombre d'adhérents de notre association stagner"

la question devrait peut être plutôt être: pourquoi les bibliothécaires n'adhérent plus à l'ABF, non ?

Écrit par : Sub Lib | mercredi, 16 janvier 2008

Sub Lib, tu joues au subversif :-)
1. Adhère qui veut et à ce qu'il veut : je défends plutôt l'idée d'une association unique de bibliothécaires, avec des partitions en fonctions des types, des métiers, des projets ...
2. Ce n'est pas facile de faire vivre une association et pourtant la représentativité est nécessaire, utile, efficace (d'où d'ailleurs mon idée 1)
3. Parce que les bibliothèques ne sont quasiment pas défendues si les bibliothécaires ne s'en mêlent pas.

Écrit par : Mercure | mercredi, 16 janvier 2008

La question est celle du contrôle des publications.

Est-ce que ça évoluera aussi vite qu'aux USA :
En 2005 le président de l'ALA critiquait les blogs
http://stlq.info/2005/02/ala_presidentelect_michael_gor.html

En 2006 :
La présidente suivante avait un blog, comme celle de 2007. http://lorieneroy.blogspot.com/
L'ALA embauchait une "bloggueuse" parmi son personnel.
http://www.theshiftedlibrarian.com/archives/2006/06/20.html#000408

Écrit par : B&C | dimanche, 20 janvier 2008

Alors, prions !

Écrit par : Mercure | dimanche, 20 janvier 2008

N'en concluez surtout pas qu'il ne faut pas adhérer à l'ABF ni aux autres associations ! Bien au contraire ! C'est en étant présent qu'on les aide et qu'on nous aide tous. IL y a complémentarité entre expression individuelle et collective. Mais au final, les associations joiunt un rôle institutionnel irremplaçable.

Que vivent donc les blogs et listes de diffusion, et que vivent les associations. Qui ne sont que ce que sont ses adhérents et militants : allons-y donc !

Écrit par : Dominique lahary | mercredi, 23 janvier 2008

Sub Lib a évidemment raison quand il dit " la question devrait peut être plutôt être: pourquoi les bibliothécaires n'adhérent plus à l'ABF, non ?".
Dommage qu'il ne tente pas une réponse. Je pose quelques points précis :
1) L'ABF ne peut plus revendiquer le meme niveau de représentativité, autant vis vis des pouvoirs publics que de la profession, qu'il y a quelques années, vu le developpement important d'autres associations. Elle a du mal à accepter le repositionnement necessaire qui en découle.
2) l'ABF n'est pas un syndicat ni meme une association professionnelle dont le but était la "défense" de la profession", mais revendiquait plutôt être la voix d'une profession, ce qui est très différent. Cette voix unique a logiquement éclaté en de multiples intervenants. La voix des blogueurs en est une parmi d'autres.
3) Sociologiquement le recrutement dans les multiples sous-filières de la profession a considérablement évolué depuis plus de 20 ans, les attentes individuelles aussi, la notion de carrière également, sans parler de la formation initiale malmenée (bravo en passant pour l'article de D. Lahary "La Mort du CAFB". Au fond, une formation unique était peut-être la premiere garante d'un discours "groupé" ),des questionnements qui sont logiquement intervenus avec l'irruption des NTI et le "brouillage" progressif du la vision du métier. Sur ce dernier aspect, les blogueurs sont dailleurs à la pointe des questionnements sinon des réponses.
4)Les questions bibliothéconomiques traditionnelles ne font manifestement plus recette auprès des personnels multiples qui composent cette profession. Dailleurs peut-on encore parler d'UNE profession ? Mais les intervenants ABF interviennent peu sur d'autres sujets ou restent flous parce que cherchant à harmoniser des positions qui viennent justement d'horizons trop différents (les débats sur la question des horaires par exemple en font foi, cherchant dans la cacophonie à définir un consensus tacite entre des BU, des BM de toutes tailles et de territoires différents. Un collègue m'a dit un jour à ce propos "De toutes façons, c'est encore les grandes gueules qui imposeront leur point de vue. Et nous, on se verra imposer en retour des horaires à la con, sous pretexte que ce sera devenu la norme de la profession...Les élus n'attendent que ça.)

Le simplisme apparent du propos fait bien apparaitre une partie du probleme de la crédibilité de l'ABF. "Les grandes gueules", la question de l'apparition de"normes (qui ne sont de fait que des moyennes, adaptées) etc...

Peut-on encore demander une adhésion de type militant à une association dont la représentativité est devenue aussi floue, dont la représentation institutionnelle est affaiblie, et dont l'objet (la profession) n'a jamais été dans une telle perspective de redéfinition permanente ?

Alors oui aux expressions multiples, à la prise de parole et, pourquoi pas, à la multiplication des associations (attention toutefois au corporatisme), mais militer, comme le propose Mercure, pour une association unique, me semble totalement hors de propos. Et par ailleurs relativement liberticide pour les prises de parole bien particulières véhiculées par les blogueurs.

Nous sommes dans une période de transition. On y sacrifie toujours une generation ou deux. La profession redeviendra peut-être unitaire dans le cadre des futures bibliothèques. Pour l'instant c'est cuit, si je puis dire. Et il nous reste l'espace du web.

Écrit par : Trans | lundi, 28 janvier 2008

>Trans
"les prises de parole bien particulières véhiculées par les blogueurs" ne sont pas confondues avec celles des associations, j'en sais qque chose :-)
il y a liberté de parole , mais sans doute pas de reconnaissance. Encore faudrait-il trouver moyen (et accepter) de jeter qques ponts entre les uns et les autres ; il y en a qui s'y emploient. Le débat est très ouvert, surtout ne pas le refermer trop vite !

Écrit par : Mercure | lundi, 28 janvier 2008

Oui, mais si la parole des blogueurs n'est pas relayée à un moment par des associations elle restera marginale, non reconnue comme tu le dis, et donc finalement sans valeur pour la majorité de la profession.

Je ne suis pas très branché web mais je remarque tout de mème que pas mal de blogs sont finalement assez peu fréquentés, que beaucoup de débats s'arrêtent assez vite, et que les idées originales qui en émanent ne sont pas reprises dans les forums institutionnels comme Biblio.fr ou les revues professionnelles.
La marginalité est un choix de confort dont il faut sans doute sortir sous peine de subir ensuite une marginalisation active, qui n'aura plus rien d'un choix.
Pour l'instant il y a un côté "tout nouveau tout beau", avec en plus l'attrait, tout relatif, de l'anonymat, mais je connais déja des collègues qui éprouvent une certaine lassitude à la visite des blogs jugés trop nombreux et aux contenus trop aléatoires, ou ne s'y expriment plus faute d' y trouver " du répondant".

Avant de chercher une reconnaissance associative, il faudrait peut-être que le monde des blogueurs trouve une certaine unité, notamment dans un "suivi de discours" sur les thèmes importants et porteurs de débat, faute de quoi son extension, logique et dont je me réjouis par ailleurs, se traduira par un éparpillement de voix de plus en plus petites, sur des thèmes de plus en plus émiettés, devenant de plus en plus lointains, voire inaudibles, pour finir par devenir un "monde à part".

Pour moi la fin de parcours de la blogosphère comme avatar passager de la profession, c'est quand il n'y aura plus que des blogueurs qui se parleront entre eux, d'un blog à l'autre, s'enfermant dans un discours de plus en plus inaccessible (j'ai personnellement deja du mal avec la technicité du vocabulaire informatique sur-utilisé par certains ).

Le blog pro présente l'intérêt du débat immédiat, sans préalable, mené par des professionnels de base et alimenté par du vécu, du quotidien de terrain, tout ce que ne fait pas le discours associatif qui se veut tout de mème pesé, évalué , modéré, et à la recherche de consensus assez mous à travers un discours très intellectualisé, lequel laisse finalement de côté " la base". Je sais pourquoi j'ai arrêté mon abonnement au BBF (il y a longtemps, ce qui veut pas dire que je n'ai pas plaisir à lire certains articles cités ici et là sur internet).

Il faut garder une attractivité , par ce discours "proche" pour la majorité de la profession, rajeunie, plus diversifiée, qui déserte de plus en plus le discours "intello" assez unitaire qu'elle affectionnait à une certaine époque parce qu'il lui apportait une reconnaissance, une légitimité supplémentaire, face à l'institution d'une façon générale.

Le blog c'est pour l'instant la meilleure réponse à l'éclatement de notre métier en une pluralité de métiers et fonctions. La seule en tous cas qui permette de conserver un espace de parole pour cette diversité.

A nous de faire en sorte qu'elle soit ensuite reconnue comme utile au débat général.

Bon j'arrête parce que je me rends compte que je suis finalement en train d''enfoncer des portes ouvertes en tournant en rond, en plus.

Écrit par : Trans | jeudi, 07 février 2008

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