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jeudi, 22 novembre 2007

Sur la recommandation(3)

Ou le recommandeur des croyants ou : le petit bout de la lorgnette

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La recommandation - appliquée tout de go aux bibliothèques- peut reposer sur une ambiguïté, mâtinée d'un contresens.
Voyons cela.

Le mécanisme d'incitation s'appuie-t-il vraiment sur un service nécessaire à l'usager ? J'entends ici le fait de mettre en oeuvre un dispositif qui recueille - d'une manière ou d'une autre , et est-ce parfaitement légal ? - l'avis d'emprunteurs qui, pour l'instant, n'ont rien demandé à personne.
La bibliothèque n'est pas la librairie, l'emprunteur n'est pas le seul concerné : l'usager, dont on voit croître le nombre - rappelons-le, de manière plus rapide que celui des emprunteurs - ne dit pas de façon aussi explicite ce qu'il lit, écoute, voit, consulte, demande, étudie, feuillette.
Et pourtant...
Aller chercher dans les statistiques les données relatives à l'emprunt de documents pour en extrapoler un item qui sera restitué à un visiteur du portail ne constitue pas un acte professionnel bien intéressant. Il est même quasiment à l'opposé d'une réflexion de type "longue traîne" qui dégage une autre lecture des emprunts de la bibliothèque, et, pourquoi pas, bien plus pertinente.

S'engager dans une systématisation de la recommandation par ce seul bout de la lorgnette ressemblerait à s'y méprendre à un démarchage dont l'amalgame porte en lui-même son contresens = s'appuyer sur l'avis de quelques uns pour en tirer une leçon générale.
Et l'ambiguïté est peut-être nichée ici. Quel dialogue s'instaure entre l'emprunteur, le "recommandeur" et le bibliothécaire : un compteur ? un corrupteur de données statistiques ?
Et se fixer uniquement sur cet aspect en ferait oublier d'autres chantiers bien plus importants, inachevés et sur lesquels une réflexion commune sinon collective s'avère aujourd'hui plus que nécessaire. Les portails qui font place aux usagers par exemple.

On est loin du compte.

21:40 Publié dans La recommandation | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : recommandation, bibliothèques, librairie, bibliothécaires | |  Facebook | | |

Commentaires

ok pour ne pas prendre les choses par le petit le bout de la lorgnette, ça me semble important. C'est pour ça que la recommandation s'inscrit dans un chantier de médiation et ne vaut pas en tant que telle. La médiation c'est aussi la construction et des échanges avec l'usager (les formations, les ateliers, etc.). Ceci dit sur l'aspect technique, il me semble important de mentionner que les algorithmes de recommandation sont participatifs à leur manière, puisqu'ils viennent de données réelles...et qu'ils ne sont pas intrusifs s'ils respectent les règles et sont effectués dans le cadre de la politique publique que nous servons! Et j'aime assez l'expression de "corrupteur de données statistiques"!

Mais la question du dialogue réel et du contact risque aussi si on lui donne trop d'importance de jouer la médiation humaine nécessaire mais clairement insuffisante aujourd'hui contre celle du numérique. Ne pas opposer les deux donc.

En tout cas, tu seras d'accord pour dire que tout ça est toujours mieux que la "prescription" dont on nous rebat les oreilles depuis des années!

tu as raison: on est loin du compte!

Écrit par : Bibliobsession | vendredi, 23 novembre 2007

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